01 juillet 2008
Jérusalem : la gay pride sous protection policière
La 7ème édition de la Gay Pride à Jérusalem s’est déroulée le jeudi 26 juin sous un arsenal sécuritaire plutôt imposant. Deux mille hommes répartis sur les toits, les balcons, dans des hélicoptères ou des dirigeables étaient en charge de surveiller les quelques 2000 participants venus défiler pacifiquement dans les rues de la ville.
L’association Open House en médiatrice
L’atmosphère était beaucoup plus calme que les années précédentes, parfois ponctuées d’évènements dramatiques. Lors du quatrième défilé gay à Jérusalem en 2005, un ultra-orthodoxe avait poignardé deux participants. La cinquième Gay Pride s'était, elle, transformée en un rassemblement le 10 novembre 2006 dans un stade de la ville sous haute surveillance policière. La Gay Pride 2007, prévue dans les rues de Jérusalem, avait été annulée en raison de violentes manifestations générées par les milieux ultra-orthodoxes. Ils s'insurgeaient contre la profanation du "caractère sacré" de la ville par une manifestation "sodomite". Cette année, la vieille-ville de Jérusalem n’était pas non plus accessible au défilé parce qu’y résident les lieux saints de plusieurs grandes religions monothéistes. L’association de défense des homosexuels Open House, qui avait demandé une autorisation à la mairie de Jérusalem en bonne et due forme pour organiser la parade annuelle, entendait se donner les moyens de mettre en place une marche dans de meilleures conditions. La communauté gay souhaitant être totalement intégrée à la ville sainte, "cette année, nous avons voulu que le défilé se déroule sans violence", explique son directeur Yonathan Leibowicz, "l'Etat d'Israël est juif et démocratique, et nous voulons que ces deux termes ne soient pas contradictoires". Hormis quelques homophobes du quartier ultra -orthodoxe Mea Shearim, qui ont tenté de contre-manifester avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "don’t sodomize Jerusalem", la gay pride a pu, cette année enfin, se dérouler sans violence.
Quand les ultras-religieux et l’extrême-droite israélienne s’en mêlent
Mais l’opposition de certains religieux ultra-orthodoxes et de l'extrême droite ne s’était pas fait attendre. Au début du mois de juin, un conseiller municipal du parti Shaas s’est opposé à l’autorisation municipale de la marche. "Une tentative pathétique d'empêcher le défilé" a expliqué le conseiller municipal et leader de la communauté gay Itai Pinkas. L’extrême–droite s’est activée à faire légiférer selon les principes attribués au judaïsme. En effet, à la Knesset, des députés de droite et de partis religieux ont décidé de promouvoir un amendement à la Loi fondamentale de Jérusalem (adoptée en 1980 par la Cour suprême) pour interdire une Gay Pride dans la ville, cet ajout étant déjà passé en lecture préliminaire en 2007. La semaine dernière, c’est le National Jewish Front qui a demandé l'interdiction de la manifestation LGBT. Cette organisation d'extrême droite, qui considère la marche des fiertés comme "une provocation", a été fondée en janvier 2004. Son leader Itamar Ben-Gvir est un ancien membre du parti Kach banni de la Knesset en 1986 et dissous en 1994.
Mais d’autres organisations ont fait entendre leur voix. Au milieu des flags, des ballons, des casquettes, des keffiehs à damiers rouge et blanc et des kippas aux couleurs arc-en-ciel, des membres du Meretz étaient présents à ce rassemblement. "Je suis venu soutenir les manifestants et m'identifier à leurs objectifs : leur lutte ne concerne pas seulement la communauté gay, mais l'ensemble de la société pluraliste d'Israël" précise Haïm Oron, le président de ce grand parti de gauche.
Nathalie Szuchendler
Voir aussi :
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/02/17/1184-mariage-homosexuel-les-propos-du-rabbin-wertenschlag
mardi 01 juillet 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
28 juin 2008
Etats-Unis : plus de peine capitale pour les violeurs d’enfants
La Cour suprême des Etats-Unis a tranché ce mercredi 25 juin 2008 en ce qui concerne la condamnation à mort d’un violeur en Louisiane. Par cinq voix contre quatre, la jurisprudence américaine a cassé le jugement de la Cour s’est en effet prononcée contre la peine capitale en cas de viol sur mineur de moins de 13 ans. Elle considère comme inconstitutionnel le fait de faire la appliquer "pour le viol d'un enfant lorsque le crime n'a pas entraîné la mort et n'avait pas pour but d'entraîner la mort". Et il est apparu arbitraire pour les juges de poser un listing de circonstances aggravantes qui pourrait légitimer la peine de mort pour ce type de criminalité. D’autant plus que la Constitution interdit les peines "excessives, cruelles ou inhabituelles" par son 8ème amendement.
Une législation plutôt élastique
Les violeurs d’enfants pouvaient être condamnés à des peines minimales de 25 ans d’emprisonnement ou à la condamnation à mort comme dans cinq états nord-américains, à savoir la Louisiane, le Montana, l'Oklahoma, la Caroline du Sud et le Texas. Premier état à adopter cette mesure à l’encontre des violeurs d’enfants en 1995, la Louisiane était aussi le seul à l’utiliser. Un homme a été condamné il y a quelques mois pour avoir agressé sexuellement et à plusieurs reprises la petite fille de ses voisins en 2004. Il attendait sa sanction dans le couloir de la mort, au même titre que Patrick Kennedy condamné par la Cour suprême de cet état pour avoir violé la fillette de sa compagne en 1998.On soulignera qu’en matière de peine capitale, le Texas dont est issu George W. Bush procède à lui seul à plus de la moitié des exécutions du pays. La Virginie arrive en seconde position avec cent exécutions depuis 1976, tandis que quarante-quatre des cinquante états américains interdisent la peine de mort pour viol d'enfant ou d'adulte. Ne pas exécuter le "mauvais" coupable Face à la décision de la Cour suprême, les deux candidats à la présidence rivalisent dans l’indignation, l’enfance en écharpe et la vengeance en drapeau… Malgré le moratoire des exécutions de l’année 2000 en Illinois, décrété par l’ancien gouverneur républicain George Ryan, le candidat John McCain proteste avec véhémence contre l’invalidation de la sanction concernée. Le démocrate B. Obama ne se fend pas non plus en partisan de l’abolition. "Le viol d’un enfant est un crime odieux qui mérite la peine de mort ! " s’indigne-t-il. "J’ai dit à plusieurs reprises que je pense que la peine de mort devrait être autorisée dans un nombre très limité de circonstances, pour les crimes les plus extrêmes. (…) Si un Etat décide que dans des circonstances réduites, limitées, et bien définies, la peine de mort est au moins potentiellement applicable, ça, ça ne viole pas notre Constitution". Et d’avoir prôné un encadrement "pour s’assurer que la peine de mort y est appliquée avec prudence et de façon appropriée". Fraîchement élu sénateur de l’Illinois, Barak Obama avait fait adopter un projet de loi élargissant la peine capitale aux meurtriers de personnes âgées parce qu’ "il y a des crimes extraordinairement atroces – le terrorisme, le mal fait à des enfants – pour lesquels la peine de mort peut être appropriée". Bien qu’il pointe le caractère raciste du système judiciaire qui, en Caroline du Sud par exemple, fait arrêter noirs et blancs selon des critères différents et condamner à des sentences différentes pour le même crime, le candidat démocrate ne se démarque pas de Clinton dont la présidence n’a pas vraiment fait reculer le nombre d’exécution. Depuis son deuxième mandat en 1996, le taux annuel de condamnation mortelle avait quasiment doublé jusqu’à ce la Cour suprême rende illégales les exécutions de mineurs et de déficients mentaux en 2005. On se rappellera que pendant sa campagne en 1992, le candidat Bill Clinton avait présidé à l’exécution en Arkansas du criminel reconnu mentalement déficient Ricky Ray Rector. Les Etats-Unis restent en tête des Etats qui pratiquent la peine de mort, aux côtés de la Chine et de l’Iran. Depuis son rétablissement en 1976, le bilan de trente années de justice présente deux millions de détenus dans les prisons nord-américaines, deux autres millions sous surveillance juridico-policière et près de trois mille cinq cents prisonniers dans le couloir de la mort. Selon Amnesty International, non seulement la peine capitale "frappe souvent de manière disproportionnée les plus pauvres, les plus faibles et les personnes marginalisées", mais elle constitue "le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit. Elle n’a pas sa place dans un système judiciaire moderne". Nathalie Szuchendler Samedi 28 juin 2008 Article Nath Szuchendler consultable in
27 juin 2008
Communautarisme et politique locale
Communautarisme et politique locale
Vidéo envoyée par egalibre
C dans l'air du Jeudi 26 juin 2008.
Débat sur les tensions communautaires avec Caroline Fourest, Jean Baubérot, François Pupponi, Abdennour Bidar.
Patientez 10 secondes pour une meilleure visualisation :-)
26 juin 2008
Nous voulons que vive France 3 - Opinions - Le Monde
Aujourd'hui, notre chaîne est menacée, dans son identité nationale et régionale, demain peut-être dans son existence. Menacée, non par la désaffection du public - France 3 est la chaîne généraliste qui a le mieux résisté à l'arrivée de la TNT - ni par les déficits - son budget est équilibré - mais par des décisions politiques relevant d'enjeux qui la dépassent.
Le 8 janvier, le président de la République a annoncé la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, qui seront ainsi "libérées de la dictature de l'Audimat". Les observateurs saluent le beau coup politique. "La gauche en a rêvé, je le fais", se félicite Nicolas Sarkozy. Qui se plaindra de la disparition des tunnels de publicité ? A l'époque, seuls les esprits chagrins s'inquiètent du financement des cinq chaînes de France Télévisions : comment compenser la perte de 820 millions d'euros de ressources par an, et même de 1,2 milliard, si l'on tient compte des programmes qui devront remplacer les écrans de publicité (trois heures d'antenne par jour) ?
Nicolas Sarkozy a pris tout le monde par surprise, à commencer par sa ministre de la culture et de la communication, qui n'était pas au courant. Le ministère des finances non plus, qui n'avait pas travaillé le dossier. Et les pistes esquissées par le gouvernement et la commission Copé - où ne siège aucun journaliste de France Télévisions, alors que l'information est l'un des piliers du service public - apparaissent vite incertaines et aléatoires.
Taxer les recettes publicitaires des télévisions commerciales ? Le principe est non seulement choquant dans sa philosophie, mais pervers dans son application : le service public recevrait de l'argent en fonction du volume de publicité engrangé par ses concurrents privés, volume directement lié à leurs taux d'audience... En clair, plus TF1, M6, Canal+ prendront de téléspectateurs au service public, plus ils auront de pub et plus les chaînes publiques recevront d'argent ! Nous aurions donc "intérêt" à ce que nos concurrents réussissent mieux que nous !
Surtout, les chaînes privées ne sont pas du tout disposées à jouer le jeu : à peine l'idée d'un prélèvement de 80 millions d'euros - environ le quart de la manne publicitaire récupérée - est-elle avancée que les patrons des trois grandes chaînes rejettent "les exigences exorbitantes d'un secteur public qui souffre d'une mauvaise gestion structurelle". Les prélèvements sur les opérateurs de téléphonie mobile, sur Internet, ou sur les achats de téléviseurs ont provoqué les mêmes cris d'orfraie. Quant à l'augmentation de la redevance, l'une des plus faibles d'Europe, elle a bien été envisagée par la commission Copé... avant d'être écartée, par le président de la République.
Ne s'agit-il que d'impréparation dans la recherche de nouveaux financements du secteur public ?
Quelques semaines avant l'annonce présidentielle, TF1 adresse à l'Elysée un "Livre blanc" sur "les grands enjeux de la régulation dans l'audiovisuel". Il y est question d'une "redéfinition globale du marché pertinent de la publicité", et d'un service public "dont les missions sont clairement identifiées, financé exclusivement par des fonds publics". Et pour cause : TF1 a perdu près de 5 points d'audience en trois ans (de 32 % à 27 %) et voit au premier trimestre 2008 ses revenus publicitaires diminuer de 17 millions d'euros... Mais aussitôt l'annonce présidentielle sur la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public faite, les titres des chaînes privées TF1 et M6 font un bond en Bourse (+ 9 % pour TF1). A l'inverse, les recettes publicitaires de France Télévisions chutent de plus de 20 % au premier semestre 2008, soit un manque à gagner de 160 millions, que l'Etat ne s'est engagé à compenser, "dans les meilleurs délais", qu'à hauteur de 150 millions... Ce qui conduira immanquablement à un déficit du groupe qui en 2007 encore enregistrait un bénéfice de 22 millions d'euros.
En février, le gouvernement réclame des "efforts de gestion" à France Télévisions. Patrick de Carolis doit "réduire la voilure" : coupes dans les budgets (dont l'annulation d'une émission de Michel Drucker), gel de nombreux projets de téléfilms, documentaires ou coproductions cinéma, économies dans les rédactions...
Il y a quelques semaines, alors même que le chef de l'Etat exclut une augmentation de la redevance pour financer l'audiovisuel public, les télévisions privées obtiennent une deuxième coupure publicitaire dans les films, l'augmentation de six à neuf minutes de la durée de publicité autorisée par heure, et l'assouplissement des seuils anticoncentration dans le capital des chaînes du câble et de la TNT (ce qui entraînera un déficit de plus pour France Télévisions).
Presque en même temps, TF1 envoie à la commission Copé un document lui suggérant un cahier des charges pour le service public faisant large place aux débats et aux émissions scientifiques en remplacement des émissions grand public, notamment les retransmissions de grands événements sportifs ! Quelle sollicitude !
La commission Copé, délestée des députés de l'opposition, qui ont démissionné, poursuit ses travaux, suscitant de plus en plus de craintes et d'interrogations : "Au lieu d'une chaîne nationale et de décrochages régionaux, on propose un réseau de chaînes régionales (sept ou huit contre treize actuellement) et un décrochage national", annonce Jean-François Copé le 11 juin.
L'idée n'est pas neuve, mais avec quel argent ? De quels moyens disposeraient ces chaînes régionales pour produire et mettre à l'antenne les programmes que la chaîne nationale ne leur fournira plus ? La télé publique allemande (avec les chaînes ARD et ZDF), qui sert de modèle, bénéficie d'un budget de 7,5 milliards d'euros - plus du double des 2,9 milliards de France Télévisions - consolidé par une redevance plus élevée...
De plus, comment justifier une information recentrée sur les seules régions, sans traitement de l'international, alors que la mondialisation et les enjeux nationaux et européens influent quotidiennement sur la vie de nos concitoyens ? Les journaux nationaux de France 3, en synergie avec les éditions locales et régionales, ont su imposer une liberté de ton et des choix éditoriaux différents de ceux des autres chaînes.
Des journaux qui participent au pluralisme de l'information, rencontrent le succès et bénéficient de la confiance des téléspectateurs. Avec 20 % à 25 % de parts d'audience, les éditions nationales et régionales de France 3 sont parmi les plus regardées de France, et, selon un baromètre IFOP du début de l'année 2008, France 3 reste la chaîne préférée des Français.
C'est ce travail et cette confiance dont nous sommes fiers que nous défendons, en refusant un service public rabougri ou démantelé. La commission Copé se veut rassurante. Mais nous demandons de véritables garanties sur le maintien de notre périmètre, et un financement pérenne et ambitieux qui permette à France 3 - ainsi qu'aux autres chaînes publiques - de poursuivre, en toute indépendance, sa mission d'informer, d'instruire et de divertir le plus grand nombre.
Véronique Auger, Jean-Jacques Basier, Laurence Bobiller, Marie Drucker, Stéphane Dubun, Hervé Godechot, Rémy Giudicelli, Patrick Labarrière, Francis Letellier, Gérard Leclerc, Stéphane Lippert, Catherine Matausch, Audrey Pulvar, Michel Reinette, Alain Rodier, rédacteurs(rices) en chef et présentateurs(rices) des journaux nationaux de France 3.
Lien : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/06/25/nous-voulons-que-vive-france-3_1062632_3232.html
24 juin 2008
Autriche : un nazi sous la protection de Jörg Haider
Utilisant le pseudonyme de Georg Aschner, l’ancien chef de la police oustachie a été identifié à l’occasion de l’Euro 2008 le jeudi 12 juin. Ce résident de la province autrichienne de Carinthie depuis 2006, avec l’accord du gouverneur Jörg Haider, était venu assisté au match Allemagne-Croatie à Klagenfurt en tout anonymat. Mais il a été repéré sur un cliché au milieu de badauds photographiés par un reporter du quotidien britannique The Sun.
Un responsable nazi de déportations en Croatie
Membre actif du régime croate dirigé par le fasciste Ante Pavelic pendant la 2ème guerre mondiale, responsable de la déportation de centaines de juifs, Serbes, Tziganes et communistes croates en tant que chef de la milice nazie dans la ville de Požega entre 1941 et 1942, Milivoj Asner n’affiche aucun état d’âme quant à son passé. "Je ne connais personne qui ait été déporté à partir de Požega. Personne n'a été assassiné. Je n'ai jamais entendu parlé d'une seule famille qui ait été assassinée à Požega" déclare-t-il tout en affirmant aussi : "Je n'ai rien à voir avec ces déportations. Je ne disposais pas de suffisamment de responsabilités pour en ordonner". (1). Et lorsqu’il en admet l’existence, c’est pour prétendre que les populations concernées étaient conduites "seulement vers leur pays d'origine et non pas vers des camps d'extermination". (2) "Il n'arrivait jamais rien à quelqu'un qui était un citoyen loyal de l'Etat croate. Pour les autres, ma théorie était la suivante : vous n'êtes pas croate, vous détestez la Croatie, d'accord, mais s'il vous plaît retournez dans votre pays". (3)
Alors qu'un mandat d'arrêt international a été émis à son encontre par Interpol (4), le croate Milivoj Asner a été inculpé pour crimes de guerre, génocide et crime contre l’humanité en 2005 par la justice de son pays et figure sur la liste des quatre criminels nazis les plus recherchés. Mais l’Autriche conteste son extradition en arguant l’état de santé défaillant de l’assassin. Le jugement est attendu par les victimes croates et leurs familles pendant que le gestapiste coule des jours heureux avec sa seconde épouse, sous l’identité d’un vieux monsieur tranquille que protège le gouvernement autrichien du chancelier Alfred Gusenbauer.
Abrité sous le parapluie autrichien
Aux dires de l’ex-président du Parti de la liberté (FPÖ)-une formation d’extrême droite aux relents antisémite et xénophobe, Asner serait dans l’incapacité mentale d’affronter un interrogatoire, une extradition ou un procès. "Il vit tranquillement parmi nous depuis des années et il devrait pouvoir vivre le crépuscule de sa vie avec nous" déclare Jörg Haider au journal "Der Standard" (5). La ministre de la Justice Maria Berger a, elle, tenté d’arguer au sujet de la nationalité autrichienne du fantôme Georg Aschner pour empêcher son extradition vers la Croatie, avant d’admettre qu’il est citoyen croate. Le tribunal de Klagenfurt en 2007 statue enfin sur la fragilité psychique du vieux nazi ne permettant ni interrogatoire, ni procès. Serge Klarsfeld désigne l’Autriche comme un "refuge pour les criminels de guerre présumés" qui "a l'habitude de fermer les yeux", tandis que l’examen médical est contesté par Efraim Zuroff du Centre Simon Wiesenthal ainsi que par Gerhard Tuschla, un journaliste de la chaîne publique autrichienne ÖRF s’étant entretenu avec Asner.
Venu soutenir son équipe fétiche au Wörthersee Stadion de Klagenfurt et trinquant avec des supporters croates à l’occasion de l’Euro 2008, le "sénile" Milivoj Asner aura donc fait une apparition publique en pleine possession de ses moyens aussi bien mentaux que physiques.
Nathalie Szuchendler
(1) http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1212659753870&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull
(2) http://fr.news.yahoo.com/euronews/20080620/twl-le-criminel-de-guerre-nazi-milivoj-a-115566a.html
(3) http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3214,50-1061232,0.html
(4) http://www.interpol.int/public/Data/Wanted/Notices/Data/2005/23/2005_29623.asp
(5) http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/europe/20080621.FAP0924/af...
mardi 24 juin 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
16 juin 2008
Indonésie : le gouvernement s'incline face à la pression islamique
Le gouvernement indonésien mené par le président Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé le lundi 09 juin qu'il limiterait les pratiques cultuelles du mouvement religieux “Ahmadiyah” (1), apparenté à un islam pacifiste réformé et comptant environ 200 000 membres dans le pays, mais considéré comme une secte. Le 16 avril dernier, le “Bakor Pakem” (Bureau de coordination pour la surveillance des croyances mystiques dans la société, composé de fonctionnaires des ministères de la Justice, des Affaires religieuses et de la Police Nationale) avait déjà jugé la congrégation ahmadie d’ “hérétique” après une enquête trimestrielle menée auprès de 55 communautés appartenant à cette mouvance. Désormais, il lui est interdit de “diffuser des interprétations et de se livrer à des activités qui dévient des principaux enseignements de l'islam”. Le gouvernement somme aux adeptes de l’Ahmadiyah de pratiquer leur culte de manière non prosélyte et strictement privée, conformément aux revendications des intégristes musulmans du pays. Le 28 avril, l’une des mosquées ahmadies a d'ailleurs été incendiée par un groupuscule islamique dans l’ouest de Java. Les pratiquants ont fini par demander protection auprès de la police. La Fondation pour l'aide juridique en Indonésie (YLBHI) en a alors carrément appelé à la dissolution du Bakor Pakem comparé à l’ “ordre nouveau”, une série d’institutions totalitaires mises en place par le dictateur Soekarno entre 1966 et 1998. A Jakarta le mardi 06 mai, une manifestation réunissant des ahmadis, des musulmans modérés et des chrétiens réclamait la protection de la liberté de culte et de religion en Indonésie. Mais le dimanche 01 juin, ce sont des centaines d'islamistes qui ont attaqué un rassemblement de l'Alliance nationale pour la liberté de religion et de croyance venu soutenir l'Ahmadiyah sur l'esplanade du Monument national, dans la capitale. Environ 500 membres du Front des défenseurs de l'islam (FPI) les ont agressés à coups de bâtons jusqu’à l’intervention d’une cinquantaine de policiers. Le lundi 09 juin, une manifestation d’intégristes musulmans à Jakarta exigeait purement et simplement la dissolution de l’Ahmadiyah, déjà sommée de suivre ses us et coutumes “chez elle” !
Un pluralisme religieux particulier mais en danger
L’Indonésie qui reste le seul pays musulman à sauvegarder une sorte de pluralisme religieux, est inquiétée par une vague intégriste qui balaie le pays depuis une dizaine d’années. La frontière entre la religion et l’Etat y est d’ailleurs assez floue. L’archipel est républicain mais l’un des principes de la république indonésienne, constituée depuis la déclaration d’indépendance de 1945, reste la croyance en un dieu unique. L'article 29 de cette constitution garantit la liberté de culte et ne se réfère à aucune religion. Mais si les Indonésiens sont libres d’être pratiquants ou non, l’athéisme est proscrit et la mention d’une appartenance religieuse est obligatoire sur les cartes d’identité. Un recensement de 1998 (2) fait état de 88% de musulmans, 5% de protestants, 3% de catholiques, 2 % d’hindouistes et 1% de bouddhistes, 1% de juifs et chrétiens orthodoxes. Sur 200 millions d’habitants, l’islam concerne aujourd’hui près de 90% d’indonésiens et reste marqué par les particularismes de l’archipel où étaient pratiqués majoritairement des cultes hindo-bouddistes jusqu’au XVIème siècle. Les classes moyennes urbaines sont assez proches de l’orthodoxie islamique tandis que les campagnes restent traditionnelles. Sumatra et Célèbes respectent les préceptes du coran avec rigueur, Java est attachée aux pratiques mystiques. Deux organisations musulmanes structurent la société indonésienne : la Nadhlatul Ulam relayant l’islam traditionnel, et la Muhammadiyah représentant l’islam orthodoxe de la sunna. Aucune des deux ne soutient l’Ahmadiyah et trouve même légitime qu’on sanctionne cette mouvance…Tandis que les actions de groupes radicaux islamiques s’amplifient en Indonésie, réclament l’application de la charia et s’en prennent aux minorités chrétiennes accusées de conspirer contre l’islam.
De possibles menaces sur les minorités religieuses
Le mardi 11 juin, les responsables de l'Ahmadiyah ont déclaré leur opposition au décret et souhaitent le contester en justice. Plusieurs représentants musulmans se sont indignés de cette décision et craignent que la liberté de culte en Indonésie ne soit limitée aux préceptes rigoureux de la charia. Lutfi Assyaukani, directeur d'un centre d'études sur l'islam libéral, atteste du caractère anti-constitutionnel de la décision gouvernementale à l’égard de l’Ahmadiyah, tandis que le juriste Adnan Buyung Nasution y voit le “début d'un conflit entre les Indonésiens qui veulent conserver un Etat séculaire, une société ouverte et démocratique, et ceux qui veulent forcer le pays à devenir un pays islamiste”. L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) demande l’annulation du décret à l’encontre d’ “une minorité religieuse” que “le gouvernement devrait protéger”. Fadjroel Rachman, de l'Alliance pour la liberté de religion et de croyance, rappelle l’oppression dont ont toujours été victimes les ahmadis et qui risquent de se multiplier. De manière générale, les défenseurs des droits humains en Indonésie dénoncent l’escalade à l’intolérance confessionnelle annoncée par cette nouvelle mesure, dont les cultes minoritaires pourraient faire directement les frais.
Nathalie Szuchendler
(1) Fondé en 1889 à Qadian, au Pendjab (dans l'actuel Pakistan) par Mirza Ghulam Ahmad (1839-1908), le mouvement est considéré comme une secte déviante de l'islam par les musulmans orthodoxes. Au Pakistan ou au Bangladesh, ils font l'objet de brimades ou de persécutions ouvertes (voir EDA 218, 265, 296, 329, 407). Les ahmadiyas (ou ahmadiyah, ahmadi) tiennent leur fondateur pour le mahdi, celui que certains musulmans attendent et qui apparaîtra à la fin des temps. Présent en Indonésie depuis 1925, le mouvement y est divisé en deux branches : le Jamaah Ahmadiyah Indonesia (JAI), connu aussi sous le nom d'Ahmadiyah Qodiyani, et le Mouvement indonésien des Ahmadiyah (GAI), également désigné sous le vocable Ahmadiyah Lahore. Pour le JAI, Mirza Ghulam Ahmad est le dernier prophète après Mahomet ; pour le GAI, Mirza Ghulam est seulement un réformateur de l'islam.
2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_Indon%C3%A9sie#cite_ref-0
Voir aussi
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/10/31/1796
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/10/31/1795
lundi 16 juin 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
08 juin 2008
Les tribunaux sous pression du religieux (Caroline Fourest)
Faut-il voir le jugement du tribunal de grande instance de Lille comme une concession au "différentialisme" culturel ? Selon l'article 180 du code civil, un mariage peut être annulé si l'un des conjoints estime avoir été induit en erreur sur une "qualité essentielle". La juge de Lille n'a pas estimé que la "virginité" était une qualité en soi, mais une qualité "essentielle" aux yeux de son mari. C'est au nom du droit à une certaine subjectivité dans ce domaine, et non du respect des cultures, que le procureur a accepté de défaire union si mal engagée.
Il ne s'agit pas à proprement parler d'un "accommodement raisonnable" tel qu'on l'entend au Québec ni même d'une concession claire au relativisme culturel comme on peut le redouter en Grande-Bretagne ou en Allemagne. A Francfort, le 12 janvier 2007, une juge a refusé d'accorder le divorce à une Allemande d'origine marocaine battue par son mari, marocain, sous un prétexte autrement plus ambigu. Le Coran autorisant un mari à battre sa femme, elle a estimé que "l'exercice du droit au châtiment (par le mari)" ne permettait pas "d'invoquer une rudesse excessive" prévue par l'article 1565 du code civil allemand. Les Allemandes ayant épousé des musulmans seraient donc moins égales que les autres, puisqu'elles doivent accepter de se faire tabasser au nom de la religion. La juge a été dépossédée du dossier litigieux pour suspicion de partialité...
La France est-elle à l'abri de tels dérapages ? En 2005, déjà, à Lille, le tribunal a empêché l'incinération du corps d'un Français d'origine algérienne au motif qu'il était de culture musulmane et devait donc être enterré selon le rite musulman, dans un carré musulman. La demande émanait de sa seconde épouse, pourtant séparée de corps. Elle s'opposait à la volonté des enfants du premier mariage, et du défunt athée qui avait explicitement demandé à être incinéré. C'était compter sans l'intervention de la Ligue islamique du Nord d'Amar Lasfar, membre de l'Union des organisations islamiques de France - UOIF - et du Conseil français du culte musulman. Ce dernier a expliqué que "seule une autorité judiciaire musulmane dans un pays musulman doit définir et vérifier les causes de l'apostasie d'une personne". Le tribunal a ordonné l'inhumation, conformément au souhait religieux de la seconde épouse. Incidemment, cette dernière était défendue par le même avocat que le mari souhaitant faire annuler son mariage pour "non-virginité".
La tentation de céder au relativisme culturel est d'autant plus inquiétante que les instances communautaires religieuses de France sont plus que jamais aux mains des religieux réactionnaires. Jadis respectée pour son respect de la laïcité, la Fédération protestante de France se raidit sous la pression de ses nouveaux adhérents, évangéliques exaltés ou adventistes. Ceux-là réclament plus de souplesse entre la loi de 1901 et celle de 1905.
Le Consistoire, créé par Napoléon, ne représente guère plus que les orthodoxes. Le grand rabbin Joseph Sitruk règne sur cette instance depuis vingt et un ans au prix d'une régression générale de la mixité dans les synagogues. Dans la plupart d'entre elles, les femmes sont confinées dans des poulaillers, de plus en plus souvent fermés par un rideau, d'où elles peuvent à peine entrevoir la bar-mitsva de leur enfant. A quelques exceptions près, les tribunaux communautaires continuent de pratiquer le divorce unilatéral au détriment des femmes, qui ne peuvent obtenir le divorce religieux si leur mari s'y oppose. Les choses pourraient changer le 22 juin prochain grâce à l'élection de Gilles Bernheim, beaucoup plus ouvert bien qu'orthodoxe. Mais les instances sont largement verrouillées par les tenants de la régression. Idem au plus haut niveau de l'Eglise française. Il y a bien longtemps que les catholiques de gauche ont été purgés au profit d'un clergé fidèle à la vision anti-moderniste et antiféministe de Benoît XVI.
Quant au Conseil français du culte musulman, le bilan n'est guère plus glorieux. Légitimée grâce à sa participation au sein d'un conseil voulu par la République, l'UOIF continue d'agrandir ses mosquées à moitié vides dans l'espoir de peser sur le scrutin, fondé sur le nombre de mètres carrés des mosquées participant au vote. Or cette organisation prend ses avis religieux auprès du Conseil européen de la fatwa, une instance fondamentaliste qui autorise un mari à battre sa femme ou à lui interdire certaines fréquentations. La Mosquée de Paris et le Rassemblement des musulmans de France, plus proche du Maroc, se disputent la présidence Place Beauvau. Tandis que les plus intégristes noyautent les conseils régionaux du culte musulman, où se joue l'essentiel.
Car, jusqu'ici, les concessions les plus graves faites au particularisme religieux ne se font pas dans nos tribunaux mais dans nos communes. Comme à Asnières ou à Sarcelles, où des élus locaux pratiquent le clientélisme au point d'écouter les religieux les plus organisés - souvent les plus intégristes -, au détriment de la majorité silencieuse et de la laïcité.
Il faut non seulement dresser une frontière infranchissable entre les tribunaux communautaires religieux et ceux de la République, mais aussi entre nos élus et ceux qui dynamitent les valeurs de la République. Cette frontière s'appelle la laïcité à la française. Et notre président devrait avoir à coeur de l'incarner au lieu de l'affaiblir.
Caroline Fourest
Article paru dans Le Monde
24 mai 2008
Benoît XVI et l’évangélisation
C'est en recevant, ce samedi 17 avril, le conseil supérieur des Œuvres pontificales missionnaires (1) que Benoît XVI a rappelé le devoir - hérité de Jésus d'après les Evangiles – de chacun des croyants de participer à la conversion de tous les êtres humains au christianisme. En effet, les 120 directeurs des Œuvres Pontificales Missionnaires se sont réunis à Rome pour leur conseil supérieur annuel qui se déroule du 15 au 21 mai 2008. L’occasion fut donnée au pape de saluer l’un des organismes de la curie romaine dans sa fonction d’évangéliser “le peuple jusqu’aux extrémités de la Terre” (2)
L’appel pour la paix inter-religieuse de 2007
En octobre 2007, un appel pour la paix était lancé à l’occasion de la IIIème rencontre internationale "Hommes et religions" de la Communauté de Sant’Egidio à Naples (3), où les termes paraissaient explicites : "Nous nous engageons à chercher et à proposer à nos coreligionnaires l’art du vivre ensemble. Ce n’est qu’ainsi que l’unité de la famille humaine sera préservée. Il faut des bâtisseurs courageux dans toutes les cultures, dans toutes les traditions religieuses. Nous avons besoin de la mondialisation de l’esprit qui fait voir ce que l’on ne voit plus, la beauté de la vie et de l’autre, dans toutes les circonstances, même les plus difficiles. Nos traditions religieuses nous enseignent que la prière est une force historique qui fait bouger les peuples et les nations. Humblement, nous mettons cette sagesse ancienne au service de tous les peuples et de tout homme et de toute femme, pour ouvrir un nouvel horizon libéré de la peur et du mépris de l’autre." Benoît XVI avait d’ailleurs salué les "délégations venues de différentes parties du monde pour participer à la Rencontre internationale pour la Paix…" (4) Si le discours laissait entrevoir une vision du monde plutôt communautaire et confessionnelle, le respect des différences culturelles et des coutumes semblait dominer cet appel.
Le devoir de convertir : un droit immuable
Or pour Benoît XVI et le Saint-Siège, il n’est pas question de s’éloigner d’une mission fondamentale capable de parer aux fléaux de toute sorte, aux problèmes sociaux et à la maladie, à l’apocalypse ! Aussi le pape rappelle-t-il à Munich en octobre 2007, lors de son voyage en Bavière, que "l'Église catholique n'est pas une ONG" et "l'évangélisation doit avoir la priorité" (5) Dans une "note doctrinale" du 14 décembre 2007, le Vatican précise à nouveau la mission donnée à tous les croyants “adeptes de Jésus” d'évangéliser les non-catholiques. Adapté à une époque qui voit grandir les avancées des droits fondamentaux pour chaque être humain, la libération des femmes du joug patriarcal, l'affirmation du principe de séparation des sphères cultuelle et politique, cette prescription catholique se transforme en un "droit imprescriptible" au nom de la liberté religieuse "avec ses dimensions éthiques, sociales et politiques" de convertir "toutes les nations" non-chrétiennes et non-catholiques. Tout en revendiquant la volonté de proposer aux brebis égarées de renaître et la nécessité de sauver l’humanité du mal, Benoît XVI se défend de pratiquer du prosélytisme. Sous prétexte que "les deux mots clé de l’évangélisation sont : annonce et dialogue." "car le monde n’est plus uniforme." "Ainsi, en nous, la foi devient raison, elle devient raisonnable. La méditation de l’Evangile et ici l’annonce, l’homélie, la catéchèse, pour rendre les personnes capables de penser la foi, sont déjà des éléments fondamentaux dans ce mélange entre dialogue et annonce" (6)
Alors que chacun de ses voyages, que ce soit en Amérique latine, au Brésil, en Allemagne, en Autriche, aux Etats-Unis, lui permet de divulguer avec force la doctrine de l'Eglise et d'invoquer sa vocation missionnaire en guise de solution aux problèmes économiques et sociaux qui peuvent gangrener certaines populations. Est-ce un "droit imprescriptible" de condamner l'utilisation du préservatif face au VIH considéré comme un "châtiment divin" ? De fustiger l'avortement jusqu'à demander de sanctionner Amnesty International pour sa prise de position en faveur de la dépénalisation de l'IVG ?
L’évangélisation plutôt que l’autonomie de chaque humain
La religion plutôt que le social reste le credo incontournable de l’idéologie évangélisatrice construite par le Vatican, en direction de sociétés dont il considère qu’elles nécessitent l’action de prêtres plutôt que d’éducateurs et de personnels soignants, la prière et l’austérité en guise de substitut économique. D’autant plus qu’en appelant à l’expansion légitime de l’Eglise via chaque catholique, l’ancien cardinal Joseph Ratzinger réitère une vision particulière du "vivre-ensemble" inter-religieux où l’égard pour les autres confessions courtise le béguin pour les âmes perdues.
Nathalie Szuchendler
(1) www.mission.cef.fr/rubrique1.html : "Les Œuvres Pontificales Missionnaires – Coopération Missionnaire sont un service de l’Eglise catholique qui a pour objectif de développer l’animation missionnaire des communautés et de favoriser les échanges entre les communautés d’ici et d’ailleurs, par la prière, par l’information sur la vie des Eglises locales, par l’envoi et l’accueil de témoins au service de la Mission, par le partage financier entre Eglises du monde. Plus de 1500 diocèses sur les 5 continents reçoivent, par les Œuvres Pontificales Missionnaires Internationales, l’aide nécessaire à leur mission d’évangélisation."
(2) http://mission.cef.fr/article2138.html
(3) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/11/03/1803-une-rencontre-inter-reli.
(4) http://www.zenit.org/article-16455?l=french
(6) http://news.catholique.org/15493-benoit-xvi-comment-evangeliser-en-terre-de
Voir aussi :
- http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/05/24/1602-les-conseils-de-benoit-xvi-profiter-de-l-immigration-pour-evangeliser
- http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2006/09/21/863-quelques-remarques-au-sujet-du-pape-de-l-islam-et-du-figaro-fiammetta-venner
samedi 24 mai 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/05/24/2006-benoit-xvi-et-levangelisation
23 mai 2008
Les congélos sous Franco, par Catherine




in Charlie-Hebdo du 30 avril 2008
Le Pen chez les ch'tis
Le Pen chez les ch'tis
Vidéo envoyée par cfourest
Le Pen n'a pas aimé Bienvenue chez les Ch'tis, on peut deviner pourquoi....
Chronique du 23/05/08
22 mai 2008
Charlie Hebdo à Cannes, par Catherine
in Charlie-Hebdo du mercredi 21 mai 2008
En Irak, la guerre "subprime", par Caroline Fourest
Trois mille milliards de dollars, c'est le coût probable de la guerre en Irak selon Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, et Linda Bilmes, professeure de finances publiques à Harvard. Sorti il y a peu aux Etats-Unis, leur livre, Une guerre à 3 000 milliards de dollars, vient de paraître en France (Fayard, 300 p., 22 €). Les deux économistes ont pris en compte les dépenses officielles, mais aussi les dépenses collatérales ou occultées grâce à un budget prévisionnel anticipant les effets macroéconomiques de la guerre. Ils ont notamment calculé ce que coûteront les soins des anciens combattants, les pensions d'invalidité, les traitements des troubles mentaux et du stress post-traumatique affectant plusieurs centaines de milliers de soldats américains. Ce calcul peut paraître froid et cynique au regard du nombre de morts, directs et indirects, que l'on a déjà tant de mal à quantifier. Mais il fallait ce détour par l'économie concrète pour réveiller notre épiderme endormi par l'annonce quotidienne de morts en Irak, un rendez-vous devenu aussi banal que la météo.
Quel temps fait-il en Irak ?
- Dix morts dans un attentat.
- Tiens, comme hier... Pourtant, ils avaient prévu une accalmie.
- Que voulez-vous que je vous dise, il n'y a plus de saisons !"
Parmi les raisons expliquant ce dérèglement de l'épiderme, rappelons que les Irakiens victimes d'attentats sont tués par des djihadistes, et non par les Américains. Leur folie ne lave pas pour autant l'administration Bush du péché originel : avoir envahi l'Irak sans réfléchir aux conséquences. Ces dommages collatéraux sont quantifiables. Plusieurs facteurs ayant fait flamber le coût de la guerre auront en prime des répercussions sur le reste du monde. Le premier concerne la privatisation du militaire. Il y aurait en ce moment même sur le terrain irakien quelque 100 000 contractants privés chargés de sécuriser les activités des armées irakienne ou américaine. Non seulement ces agences de sécurité coûtent très cher aux contribuables, mais cette privatisation du militaire déresponsabilise les gouvernements en guerre, ouvre la porte aux crimes dont on se lave les mains, enrichit des mercenaires surarmés, donc accroît le risque d'instabilité au niveau mondial.
L'autre facteur aggravant concerne le mode de financement. Autrefois, les guerres se finançaient grâce à l'impôt, ce qui avait le mérite d'en faire porter le poids sur les générations qui les décidaient. Donc de pousser les citoyens à vouloir y mettre un terme. L'administration Bush, elle, a choisi de financer la guerre par l'emprunt. Ce qui coûtera cher en intérêts bancaires mais contribue, une fois encore, à déresponsabiliser les va-t-en-guerre. Les Américains ont décidément été traités comme des enfants. On leur a menti sur la présence d'armes de destruction massive, on leur ment désormais sur le coût de la guerre - que l'administration Bush continue d'évaluer aux environs de 800 milliards. C'est la technique des subprimes. Ils pensaient se venger d'Al-Qaida grâce à une guerre éclair. Ils se retrouvent endettés sur plusieurs générations avec un crédit à taux variable... Et comme l'économie américaine reste l'étalon, nous paierons tous l'addition, même si nous étions contre cette guerre.
Car le dernier volet inflationniste de cette revanche concerne bien entendu l'envolée des cours du pétrole. Certains paranoïaques pensaient l'administration Bush suffisamment machiavélique pour envahir l'Irak en vue de s'approvisionner en or noir à bas coût. Elle n'a rien prévu d'aussi élaboré. Il n'en reste pas moins que les compagnies pétrolières privées comme Halliburton - et leurs actionnaires comme le vice-président Dick Cheney - ont tiré profit du conflit. Ce qui pose la question des accointances entre milieux économiques pouvant tirer des bénéfices d'une guerre et monde politique ayant les cartes en main pour la déclencher.
Toutes ces considérations n'auraient pas le même effet consternant si cette guerre avait au moins servi à quelque chose. Or elle n'a fait qu'entamer le crédit moral de l'Amérique. Peut-on encore la considérer comme la première puissance démocratique du monde ? Tous les contre-pouvoirs qui faisaient sa grandeur ont sauté. La liberté de la presse n'a pas su empêcher le mensonge à l'origine de la guerre. La Cour suprême compte de nouveaux juges choisis par l'administration Bush pour fermer les yeux sur Guantanamo. Or comment donner des leçons de droits de l'homme aux autres pays quand on pratique soi-même la torture ? En se passant de l'avis du Conseil de sécurité de l'ONU pour mener une guerre préventive basée sur une intuition erronée, les Etats-Unis n'ont pas seulement perdu de l'argent, ils ont sali leur uniforme de "gendarmes du monde". Embourbés et endettés, ils n'ont plus les moyens d'intimider Ahmadinejad ou Bachar Al-Assad. Ne parlons pas des djihadistes et des islamistes qui bénéficient d'un nouveau camp d'entraînement à ciel ouvert. Ni de la guerre en Afghanistan que nous allons perdre à cause de l'éparpillement des forces. Ni des islamistes politiques dont le prosélytisme s'étend. Le 11-Septembre aurait pu devenir le tombeau de l'islamisme. Mais en répondant au terrorisme par une guerre illégitime et mal ciblée, les Etats-Unis ont surtout aidé les islamistes à faire du monde une fosse commune.
Caroline Fourest
Article paru dans Le Monde
21 mai 2008
Hezbollah, le parti du chaos
Le 15 mai, la délégation arabe est parvenue à arracher un « accord » entre le Hezbollah et le gouvernement légitime. Pas sûr que la milice, soutenue par l'Iran et la Syrie, s'en contente.
"Il faut renverser ce gouvernement de traîtres qui cherche à faire un coup d'État", a expliqué un porte-parole du Hezbollah, avant de mettre Beyrouth de nouveau à feu et à sang. Rétablir son autorité sur le territoire est donc un « coup d'État ». Ce n'était pourtant pas grand-chose. Lasse de circuler en voiture blindée pour échapper aux escadrons de Damas, la majorité anti-syrienne a demandé que le chef de la sécurité de l'aéroport ne soit plus aux ordres du Hezbollah. Elle a également réclamé une enquête sur un réseau de télécommunication alternatif, offert par l'Iran, qui permettait d'écouter chaque Libanais, boucher, surfeur ou ministre. Interlocuteurs valables Une « déclaration de guerre », selon Hassan Nasrallah. En quelques heures, la seule milice non désarmée depuis la fin de la guerre civile a envahi Futur TV, télévision proche de la famille Hariri, s'est servi de son réseau de télécommunication parallèle pour commander ses troupes, s'est déployée dans Beyrouth Ouest, a coupé les communications (hormis les siennes), les liaisons terrestres et l'aéroport. Effet réussi au centre de Beyrouth. Mais de violents combats ont pris le relais à Choueiffat, zone tampon entre Beyrouth et la montagne druze, ainsi qu'à Tripoli. Selon un plan de bataille visiblement bien préparé. Tandis que les chaînes de télé parlaient d'un retour aux affrontements interconfessionnels, les Beyrouthins avaient plutôt l'impression d'assister au déploiement professionnel d'une armée surentraînée. Une impression corroborée par Al Mustaqbal. Le 14 mai, le journal libanais révélait qu'une réunion visant à préparer cette crise s'était tenue en présence de gardiens de la révolution iraniens, du Hezbollah et de groupes chiites irakiens. Malgré l'inquiétante démonstration de force, les chaînes de télé françaises ont continué à désigner le Hezbollah comme un « mouvement issu de la résistance », tout en qualifiant la majorité parlementaire de « gouvernement pro-occidental ». De quoi ravir les militants des Indigènes de la République, qui ont défilé le 8 mai dernier sous des pancartes rendant hommage à Nasrallah... Même au Quai d'Orsay, le Hezbollah est considéré comme un partenaire légitime. Qu'importent les otages français des années 80, les attentats suicides de 1983 ayant frappé l'immeuble du Drakkar, qui abritait les forces françaises d'interposition (58 parachutistes tués dans l'effondrement de l'immeuble). Qu'importé encore si, récemment, la milice s'est permis d'arrêter et de retenir le délégué représentant du PS français à l'Internationale socialiste, Karim Pakzad. C'est que le Parti de Dieu est en position de force. La Hezbollah, la Syrie et l'Iran est scellée par l'argent et l'instabilité politique. Non seulement le Hezbollah est entraîné par des formateurs iraniens, mais toute sa force sociale et caritative tient à la perfusion financière de l'Iran et de la Syrie. Si, par miracle, un État de droit parvenait à s'instaurer au Liban, si l'armée multiconfession-nelle sillonnait l'ensemble du territoire en toute sécurité, l'existence même de cette milice religieuse n'aurait plus aucun sens. L'Iran et la Syrie perdraient leur capacité à susciter le chaos, donc à négocier sur certains dossiers. Les ficelles de Téhéran Si le Hezbollah ambitionnait sincèrement d'être un parti parmi d'autres, il n'aurait jamais choisi de tourner ses armes contre d'autres Libanais, au risque de perdre sa stature de résistant, gagnée en vingt ans de guérilla contre Israël. Même les chrétiens s'étaient sentis solidaires pendant la dernière invasion de l'ennemi juré ! Mais le Hezbollah s'en moque. Avec ce coup de force, il a montré à ceux qui en doutaient encore qu'il suffisait d'un ordre de Téhéran pour transformer le Liban en République islamique. Le Hezbollah n'est pas un parti mais une milice, l'avant-poste de l'Iran et de la Syrie à la frontière israélienne, sur une terre qu'ils n'ont jamais aimée. Fiammetta Venner in Charlie-Hebdo du mercredi 21 mai 2008
Manifestation en France contre la lesbophobie, par LaTéléLibre.fr
Pour la première fois en France, a eu lieu une manifestation contre la lesbophobie, à l’appel du Comité IDAHO, d’ACT UP PARIS et des Panthères roses.
Ce rassemblement avait pour but de dire haut et fort que les femmes homosexuelles sont non seulement victimes d’homophobie mais aussi de sexisme, d’invisibilisation, d’insultes, de violences physiques et de viols.
Pourquoi ce 17 mai ? c’était la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, enfin pas tout à fait mondiale, puisque dans 70 pays l’homosexualité est pénalisée, et dans certains pays, elle est même punie de peine de mort. Et dans la plupart des pays, les homosexuels n’ont pas les mêmes droits que les hétérosexuels.
Jusqu’à samedi, la France refusait de reconnaître cette journée de lutte. Ce jour là, des associations ont été reçue par Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, qui aurait affirmée que la journée mondiale de lutte contre l’homophobie serait reconnue par la France. Est-ce une simple annonce pour calmer les esprits ou une réelle envie de suive une politique de lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie en France et, en particulier, une complète égalité des droits pour les personnes et les couples LGBT ??? A suivre…
Pendant que la cour suprême de Californie légalise le mariage entre personnes de même sexe, la police française arrête, devant l’Elysée, une quinzaine de militants qui dénoncent la non-reconnaissance de cette journée par la France…
En retard la France ???
Ludovic Castet
Pour voir la vidéo : http://latelelibre.fr/index.php/2008/05/kiss-in-lesbophobie/
19 mai 2008
La Californie légalise le mariage homosexuel
Adopté par quatre voix contre trois, le mariage homosexuel a été officialisé en Californie jeudi 15 mai 2008. La Cour suprême californienne a en effet statué sur l'interdiction du mariage entre couples de même sexe et conclu au caractère inconstitutionnelle de cette prohibition qui déniait un droit civique fondamental à une partie des résidents californiens. Le délai d'application de la loi étant de trente jours, les couples gay et lesbiens se sont alors précipités à la mairie de San Francisco pour s'inscrire sur les registres des prochaines célébrations. La cour suprême de Californie est visiblement considérée comme novatrice au niveau de l’application de la législation, d'autant plus que cet état comptent près de 37 millions d'habitants, c'est-à-dire environ un huitième de la population nord-américaine.
La désobéissance du maire Gavin Newson en 2004
Membre du parti démocrate, le nouveau maire de San Francisco prit position en faveur du mariage entre homosexuels en février 2004 en décidant de lancer une campagne de désobéissance civile face à la loi qui, née d’un référendum dans l’année 2000, interdisait le mariage aux couples de même sexe. La procédure fut ensuite invalidée par la justice et l'affaire portée jusqu'à la cour suprême de Californie qui avait annulé quelques 4 000 mariages célébrés par la municipalité de San Francisco, estimant qu'elle avait outrepassé ses droits. Mais la Cour avait arbitré sur la forme et non sur le fond du questionnement posé à la société américaine : un mariage limité à l'union de personnes des deux sexes pouvait-il être considéré comme discriminatoire ou non. Le plus haut tribunal de l'Etat de Californie vient ainsi de donner raison à plusieurs plaignants, dont la Ville de San Francisco, qui estimaient discriminatoires les dispositions du Code civil définissant le mariage comme étant une union entre un homme et une femme. Les juges ont aussi estimé que les unions civiles prévues par la législation locale ne pouvaient en aucun cas se substituer au cadre social du mariage.
Le gouverneur se garde d’approuver les opposants provie
Jadis opposé au mariage gay, le gouverneur Arnold Schwarzenegger entend respecter "la décision" des magistrats qui "garantit aux couples homosexuels les droits constitutionnels reconnus aux couples hétérosexuels de choisir un partenaire pour la vie et de s'engager avec cette personne dans une relation familiale officiellement reconnue et protégée". La prise de position plutôt soft de l’ancien acteur est d’autant plus commode que six des sept juges de la Cour suprême de Californie ont été nommés par des conservateurs. Matt Barber, le responsable culturel de l’association conservatrice "Concerned Women for America" (Femmes responsables d’Amérique), juge le mariage homosexuel comme "une contrefaçon" où "utiliser les enfants comme cobayes d’expérimentations sociales de San Francisco est déplorable". Le CWA a fait savoir qu’il préparait un amendement constitutionnel défavorable à cette décision. Ce texte pourrait réunir assez de signatures conservatrices et religieuses pour être soumis à un possible référendum d’ici le mois de novembre, en pleine période de campagne présidentielle …
Un décision historique
Le maire de la ville d’Hollywood, Jeffrey Prang, a salué un "jour historique, pas seulement pour la Californie, mais pour le pays. "Grâce à cette décision, la communauté homosexuelle, lesbienne, bisexuelle et transsexuelle peut commencer à voir le bout du tunnel dans notre mouvement pour les droits civiques" a-t-il témoigné. Le Massachusetts était le seul état de la fédération où les mariages homosexuels étaient légalisés, tandis qu’une forme d'union civile qui n’incluent pas les garanties légales du mariage est reconnue dans le Connecticut, le New Hampshire, le New Jersey et le Vermont.
Shannon Minter, avocate du Centre national pour les droits des lesbiennes a estimé que "la Californie a donné le ton, et cela va avoir un effet énorme dans tout le pays pour obtenir une tolérance bien plus grande des couples gays et lesbiens". Pour G. Newsom, "quand la Californie bouge, le reste du pays bouge aussi".
Nathalie Szuchendler
Voir aussi http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/?q=mariage+homosexuel
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2005/06/30/334
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/11/03/1804
lundi 19 mai 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
17 mai 2008
L’art du mantra, l'Algérie revisite l'antisémitisme pour créer de nouvelles normes, par Malka Marcovich
Lors du panel sur le dialogue interculturel organisé le 19 mars , le représentant de l'Algérie a repris mot pour mot les extraits de son discours de la première réunion du Comité Ad Hoc pour l'élaboration de normes complémentaires du 18 février 2008.
Ce sont également les mêmes formules qu'il a utilisées lors de son intervention le 14 mars autour du mandat du rapporteur spécial sur la liberté d'expression, et le 19 mars lors de la discussion avec le rapporteur spécial sur le racisme Doudou Diène.
Comment se fait il que l’expert de l’ONU qui a pour ambition de créer un observatoire international contre le racisme laisse passer de telles dérives sémantiques ?
- Réunion du Comité ad Hoc pour l'élaboration de normes complémentaires : 18 février 2008
Sur la diffamation de religion : l'antisémitisme serait de la diffamation de religion qui s'attaquerait à l'ensemble des musulmans
Le représentant de l'Algérie :
"Le second thème qui est également source de préoccupation pour ma délégation, a trait à l'attaque de groupes ayant une religion en partage et qu'on a appelé plus ou moins heureusement la "diffamation de religions". En effet, depuis le 11 septembre 2001, nous avons enregistré la mise en oeuvre d'une politique anti-sémite dirigée contre les Arabes en particulier, et étendue par association à l'ensemble des Musulmans. En fait, en ciblant les Musulmans, on chercherait davantage à les déshumaniser en s'attaquant à leur identité pour légitimer une attitude de discrimination raciale évocatrice de celle qui a ciblé d'autres Sémites au 20ème siècle."
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- CDH 7ème session : Discussion autour du mandat du rapporteur spécial sur la liberté d'expression : 14 mars 2008
Pas de liberté d'expression pour l'antisémitisme assimilé à de la diffamation de l'Islam
Le représentant de l'Algérie :
"Le deuxième thème a trait à la liberté d’opinion et d’expression et son lien avec la liberté de religion et de conviction. Ma délégation souligne à ce propos que la liberté d’opinion et d’expression ne doit justifier en aucune manière les attaques et les atteintes contre les groupes ayant une religion en partage et qu'on a appelé plus ou moins heureusement la "diffamation de religions. Ces attaques et ces atteintes constituent une attitude de discrimination raciale et religieuse qu’il faudra impérativement combattre car elle cible l’identité des peuples en question.
Si nous ne mettons pas un terme une bonne fois pour toute à l'impunité dont jouissent ceux qui aujourd'hui prônent la haine raciale et religieuse et la violence en s'abritant derrière la liberté d'expression, on créera inéluctablement un environnement propice à faire ressusciter l'hydre immonde des campagnes anti-sémites du XXème siècle, cette fois sous le vocable "d'islamophobie".
Enfin, permettez moi de souligner pour le rapporteur spécial contre (lapsus ?) la liberté d’expression et d’opinion, à la nécessité de se conformer aux dispositions du code de conduite et notamment l’objectivité dans leur rapport et le traitement des questions qui leur sont soumises."
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- CDH 7ème session : Panel interculturel : 19 mars 2008
De l'indispensable dialogue des civilisations pour endiguer «l’antisémitisme contre les musulmans»
Le représentant de l'Algérie :
"L'insistance pour le dialogue des civilisations, au cours des dernières années, n'est pas innocente. (...)
On ne joue pas impunément avec l'imaginaire des peuples. (...)
Depuis les décennies 80 et 90, les attaques se sont multipliées contre des groupes ayant une religion en partage et qu'on a appelé plus ou moins heureusement la "diffamation de religions". En effet, depuis le 11 septembre 2001, nous avons enregistré la mise en oeuvre d'une politique anti-sémite dirigée contre les Arabes en particulier, et étendue par association à l'ensemble des Musulmans. En fait, en ciblant les Musulmans, on chercherait davantage à les déshumaniser en s'attaquant à leur identité pour légitimer une attitude de discrimination raciale évocatrice de celle qui a ciblé d'autres Sémites au 20ème siècle.
Si nous ne mettons pas fin à l'impunité dont jouissent aujourd'hui ceux qui prônent la haine raciale et religieuse et la violence en s'abritant derrière la liberté d'expression, on créera un environnement propice à faire ressusciter l'hydre immonde des campagnes anti-sémites du XXème siècle, cette fois sous le vocable "d'islamophobie".
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- CDH 7ème session: Discussion avec le rapporteur spécial sur le racisme : 18 mars 2008
De l’irresponsabilité à s’inquiéter des dérives possibles de Durban 2 ou l’antisémitisme contre les sémites arabes
Le représentant de l'Algérie :
"Les attaques qui ciblent des groupes sociaux qui partagent une religion en commun, amplifiant la recrudescence d’antisémitisme, plus particulièrement d’Islamophobie et de Christianophobie, constituent des tendances particulièrement préoccupantes. (…)
Le racisme ne peut être compartimenté. S’il y a des résurgences de haine raciale contre les sémites arabes, il y aura des retombées négatives sur d’autres groupes sémitiques. (….)
Nous condamnons la campagne de diabolisation de Durban, pour soustraire les états à leur responsabilité de protéger. La communauté internationale au contraire doit saisir cette occasion pour élaborer des normes complémentaires pour couvrir les lacunes de protection (…) afin de répondre à la gravité de la situation."
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Article consultable in
http://malkamarcovich.canalblog.com/archives/2008/03/22/8426026.html
Voir aussi : "Doudou Diène aurait-il une vision sélective du racisme et du monde ?"
in http://malkamarcovich.canalblog.com/archives/2008/05/16/9198550.html
10 mai 2008
Un ancien élu du FN incarcéré pour proxénétisme
Jean-Michel Vicq, ancien élu du Front national à Crépy-en-Valois (Oise) et retraité de la police nationale, cogérait un club dit "échangiste" depuis 2002 à deux pas du Moulin Rouge, dans le IX ème arrondissement parisien. Au terme d’une enquête menée par la brigade de répression du proxénétisme (BRP), le célèbre "Sultana" qu’il menait de main de maître avec son associé Jean-Pierre Thomas, 57 ans, s’est avéré dissimuler une maison close. Les deux compères interpellés en 2006 par la BRP, laissaient allègrement entrer des hommes seuls pour la somme de 100 euros en espèces, les couples réglant les 50 euros contractuels. Des hôtesses besognaient en direction de ces solitaires demandeurs de massages à caractère sexuel qui faisaient l’objet d’une tarification. Ce boudoir accueillait aussi des prostituées en provenance des bars voisins, sous les consignes dépensées par les deux proxénètes. Dans le cadre de cette enquête, on apprendra que le père de famille Jean-Michel Vicq testait lui-même des futures employées pour son entreprise qui sévissait depuis 2003. Le temps de prouver ses capacités de management et d’empocher avec son associé quelques 200 000 euros sur les 10 000 perçus par mois.
Vicq et Thomas ont été jugés ce mercredi 07 avril 2008 devant la 14 ème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour proxénétisme aggravé. S’il comptait arrondir ses fins de mois, l’ancien mandaté frontiste risque dix années d'emprisonnement après avoir pratiqué la "traite des femmes".
Nathalie Szuchendler
samedi 10 mai 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
09 mai 2008
Etat Unis : Obama piégé par la "laïcité positive"
Le candidat à l'investiture démocrate est en difficulté à cause des déclarations de son directeur de conscience. Effet pervers de la laïcité à l'américaine, chère à Nicolas Sarkozy.
Si Barak Obama s'était présenté aux élections en France, il aurait sûrement eu droit à la flopée d'articles demandant si sa "couleur" représente un atout ou un handicap. Comme Ségolène y a eu droit en tant que femme. Mais il ne risquerait pas de perdre l'investiture à cause des sermons de son pasteur et directeur de conscience. D'ailleurs, personne ne saurait s'il a ou non un directeur de conscience. Aux États-Unis, "laïcité positive" oblige, aucun débat politique ne peut avoir lieu sans que les candidats étalent leur appartenance religieuse. Au risque de voir leurs programmes dépendre du moindre commentaire de leurs Églises ou de leurs tuteurs spirituels.
Mon pasteur chez les paranos
Dans ce pays, où l'on pioche d'ordinaire le président parmi l'innombrable liste de candidats protestants, il faut être JFK pour être élu, bien que catholique. Et il faut être sacrement doué — ou avoir Bush }r. comme président sortant — pour être à ce niveau de popularité lorsqu'on s'appelle Barak Hussein Obama, que l'on est métis et de père musulman. Pour se prévenir de tout soupçon, le candidat démocrate a d'ailleurs revendiqué haut et fort sa foi chrétienne. Raté, son pasteur est noir, et il est encore plus déchaîné contre l'Amérique qu'un Frère musulman...
Il faut entendre le pasteur Jeremiah Wright haranguer ses fidèles avec le ton exalté des prédicateurs américains : « Honte à l'Amérique ! Dieu maudisse l'Amérique! » Ou dire, à propos du ii septembre : «Vous ne pouvez pas pratiquer le terrorisme envers les autres et ne pas vous attendre à un retour de bâton» Le pasteur Wright ne se contente pas d'attaquer l'Amérique de Bush, comme tout bon citoyen américain pacifiste ou simplement doué de raison. Il donne trop souvent le sentiment qu'il maudit l'Amérique... par haine de l'Amérique blanche. Ce qui est plus embarrassant quand on est le directeur de conscience d'un homme aspirant à incarner la nation américaine...
Aux États-Unis, le christianisme a permis aux enfants d'esclaves de se libérer des chaînes de la ségrégation, mais l'universa-lisme chrétien d'un Martin Luther Ring n'a pas triomphé du différentialisme américain. Aujourd'hui encore, malgré la fin de la ségrégation, la plupart des Églises protestantes ne sont guère mixtes. L'Amérique noire n'a pas inventé le culte de la "différence" et le ghetto qui va avec, elle le subit... Mais elle s'est laissé prendre au piège.
La Trinity Church du pasteur Wright s'inscrit dans une tradition très progressiste, celle de la théologie de la libération, qui pourrait rassembler les classes pauvres. Et pourtant elle s'adresse à la "communauté noire", parle de "valeurs noires" et semble bien avoir fini par croire au culte de la "différence", au point de céder parfois à la paranoïa. Ainsi, Jeremiah Wright n'exclut pas que le gouvernement ait pu créer le sida: « Sur la base de ce qui est arrivé aux Africains dans ce pays, je crois le gouvernement capable de tout. » Par solidarité "ethnique", il refuse de critiquer le fanatisme musulman et l'antisémitisme d'un Louis Farrakhan, leader de Nation of Islam, qu'il décrit comme «l'une des voix les plus importantes du XX ème et XX ème siècle»
Mélange des genres
Barak Obama a beau répéter que les déclarations enflammées de son pasteur ne «reflètent pas ses idées ni sa campagne», tout le monde s'interroge. Peut-on fréquenter pendant vingt ans un directeur de conscience aussi radical sans être sous son influence ? Obama pensait avoir répondu par un sublime plaidoyer en faveur d'une Amérique unie contre le racisme. C'était sans compter sur l'effet toxique de la «laïcité positive». Quand on s'amuse à mélanger le rationnel et le sacré, le sermon d'un pasteur sera toujours supérieur à l'aura d'un très beau discours politique...
Nicolas Sarkozy devrait méditer l'affaire Obama-Wright. Si la France se convertit à la laïcité positive à l'américaine, l'étalage de sa vie privée ne lui vaudra plus seulement de baisser dans les sondages. Il devra aussi nous présenter son directeur de conscience.
Caroline Fourest
in Charlie-Hebdo du mercredi 07 mai 2008
06 mai 2008
Bahrein : le concert très soft de Haïfa Wehbe
D'après islam-pluriel.net, la capital du Bahreïn a accueilli en concert ce mercredi 30 avril l’actrice-chanteuse et top-model libanaise Haïfa Wehbe, alors que la mouvance islamiste qui occupe les trois-quart des quarante sièges au Parlement de ce Royaume, avait déposé une motion de censure contre ce spectacle. En effet, le "look glamour" de la star Haïfa violerait les traditions islamiques de bonnes mœurs, selon l’opposition chiite entrée au Parlement après les élections de 2006. Au pays bahreïni, le régime politique parait relativement libéral par rapport aux monarchies du Golfe persique, bien que les députés islamistes ne cessent de mener campagne contre toute animation qui pourrait attenter aux préceptes de l’islam. Haïfa Wehbe a donc effectué son concert en tenue de soirée "correcte", vêtue d’une longue robe aux couleurs vertes avec un col en V que le quotidien Al-Ayyam a visiblement jugé "plongeant" ! Sa venue a attiré des spectateurs ressortissants des autres monarchies du Golfe ainsi que de nombreux Bahreïnis... Manama a été très animée ce mercredi-là, au grand dam des islamistes actifs à faire interdire toutes manifestations artistiques susceptibles de troubler l'ordre islamique...
En 2004, le groupe média multi-chaînes de télévision satellitaire arabe Middle East Broadcasting Center (MBC), financé par les capitaux saoudiens et basé à Dubaï, produisait une version arabe de l’émission Big Brother – du reality show – dans le royaume du Bahreïn. Les députés islamistes sunnites avaient réussi à exercer assez de pression pour faire interrompre la diffusion du spectacle télévisé.
Au Bahreïn, si la population est de confession chiite à 66%, les gouvernants restent à 40% sunnites et entendent, par quelque action que ce soit, se présenter comme les dépositaires du message islamique qu’il se font un honneur de faire respecter à la lettre.
Nathalie Szuchendler
mardi 06 mai 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
04 mai 2008
Guerre de droits d'auteur pour le 11 septembre
Sur fond de conflits en Irak et au Pakistan, chiites et sunnites se crêpent le turban pour savoir qui a le plus gros Coran.
Avouez qu'il y a de quoi l'avoir mauvaise. Après avoir théorisé l'attaque de « l'ennemi lointain », Ayman Al-Zawahiri, le bras droit de Ben Laden, qui se réjouit régulièrement du raid béni du 11 septembre, vient d'apprendre, lors d'un chat Internet, qu'Al-Qaida n'était en rien responsable des attentats du Wall Trade Center. Et voilà notre terroriste confronté au douloureux problème du droit d'auteur et du brevet. Il a beau invectiver, revendiquer, menacer, rien n'y fait. Entre les racistes occidentaux, qui n'arrivent pas à imaginer comment un plan aussi efficace a pu germer dans le cerveau d'un Égyptien, et les complotistes, qui n'imaginent pas une pensée structurée hors de la CIA et du Mossad, impossible de se faire entendre.
C'est donc également sur le registre complotiste que Zawahiri essaye à nouveau de se faire entendre. Il affirme aujourd'hui que la théorie selon laquelle les attentats du 11 septembre 2001 seraient l'œuvre des Américano-sionistes est diffusée par l'Iran et ses supplétifs du Hezbollah. Donc il s'agit d'un complot ourdi par les sunnites, qui refusent de reconnaître la force et l'héroïsme des chiites, qui, eux, savent frapper au cœur...
Morts aux infidèles chiites!
Au-delà de la bataille d'ego, cette anecdote dévoile un pan des recompositions à l'œuvre dans le monde musulman. On savait que les deux principales branches se sont disputé la légitimité d'incarner l'islam. Via la généalogie et la ferveur pour les futurs chiites, via le texte pour les futurs sunnites. Mais ce qui était un schisme, une divergence, devient, avec l'OPA du wahhabisme sur l'islam politique, une trahison impardonnable.
Pour les sunnites d'Al-Qaida, les chiites doivent être éradiqués, comme les Juifs et les chrétiens, car ils seraient responsables de la défaite de l'islam contre la chrétienté... au XVII ème siècle ! Et même si les chiites ne sont pas en reste - ils pensent que le Coran sunnite a été falsifié -, le fait est là : aujourd'hui ce sont des civils qui sont visés en Irak ou au Pakistan. Cette dispute originelle se poursuit donc aujourd'hui dans les faubourgs de Bagdad, tout comme dans les forums Internet des jeunes islamistes français. Sur Mejliss, forum chic des islamistes français, on parle des chiites comme « une des pires sectes égarées que t'fstam ait jamais connues, [...] Même la famille du Prophète — prières et bénédiction d'Allah sur Lui — n'est pas épargnée de leurs mensonges et poisons ». Toujours selon ce site, il faut «éradiquer la doctrine chiite»...
Fiammetta Venner
in Charlie-Hebdo du mercredi 30 avril 2008
* À lire : Sunnites, chiites, pourquoi ils s'entretuent, de Martine Gozlan, au Seuil.
