29 septembre 2007
Le Vatican officialise la mouvance traditionaliste en France
Cinq séminaristes traditionalistes ont été à l’honneur le samedi 22 septembre à l’église Saint-Eloi de Bordeaux. Sportivement ventre à terre en ce moment fort d’ordination panoramique retransmis sur grand écran, ces étudiants sont entrés dans l’ordre de la prêtrise sous la houlette du cardinal Castrillon Hoyos, président de la commission Ecclesia Dei et chargé du rapprochement avec les traditionalistes par le Vatican.
Un lieu symbolique
L’abbé Laguérie a exercé son ministère à l’Eglise Saint-Eloi grâce à une convention signée avec Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des Evêques de France et figure emblématique du catholicisme traditionaliste. L’Institut Bon Pasteur crée par Laguérie, dont les statuts ont été reconnus par Benoît XVI en septembre 2006 avec l’appellation canonique de “société de vie apostolique”, est directement liée à ce lieu de culte. Ses six membres fondateurs – cinq prêtres et un diacre – sont issus de la Fraternité Saint-Pie X, créée en 1970 par feu Marcel Lefebvre. La mission primordiale de Bon Pasteur : “répandre parmi les nations la bonne odeur de Jésus-Christ”. A ne pas douter de la bonne foi du sens olfactif !
L’Institut se développe rapidement, aussi trouve-t-on un district créé pour l’Amérique latine dont le siège à Santiago du Chili est dirigé par Padre Raphael Navas, ancien de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Établissement de droit pontifical attaché aux rites liturgiques et aux valeurs antérieures au Concile Vatican II, Bon Pasteur est actuellement l’un des représentants du courant traditionaliste en France.
“Si l’Institut de Bon Pasteur reçoit cinq nouveaux prêtres, c’est toute l’église catholique qui les reçoit” clame le curé lefebvriste Laguérie, pour lequel le retour de la messe en latin (motu proprio) constitue une avancée sans précédent pour les rites grégoriens. Les cinq nouveaux prêtres ne s’étant engagés à ne célébrer que la messe en latin…
Au nom de Saint-Eloi se mêle celui de Pétain. Le félon maréchal fait l’objet d’un culte à l’église bordelaise, où l’on célèbre une messe annuelle pour le repos de son âme, tandis que l’extrême droite française attribue l’origine de la devise “travail, famille, patrie” à Saint-Eloi lui-même.
Bon Pasteur, la FSSPX et l’extrême -droite
Comme beaucoup de leurs confrères, les cinq prêtres consacrés furent des membres de la Fraternité Saint-Pie X, ou FSSPX, à savoir une société de prêtres catholiques romains qui fonde ses rites sur la théologie de Saint Thomas d’Aquin. Ses buts avoués sont “de former des prêtres et créer des séminaires”. Fondée en 1970 par Marcel Lefebvre, elle est officialisée en 1975 et dissolue en 1988. Un accord avait été alors signé entre le cardinal Ratzinger et Lefebvre pour tenter de normaliser la situation de la FSSPX, à l’époque. Cet accord reconnaissait le principe de l'ordination d'un évêque, le maintien de “la discipline spéciale concédée à la Fraternité par une loi particulière”. Bien qu’étant revenu sur sa signature, Lefebvre avait décidé de procéder à des sacres d'évêques sans l'accord de Rome, qui l’excommunia. “Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues” précise-t-il dans son manifeste intégriste. En France, l'une des implantations les plus connues est l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, dans le Vème arrondissement de Paris, dont l'occupation a été obtenue auprès de la justice française par la force en 1977.
Ces fidèles ne militent que dans des mouvements ou partis qui sont en accord avec la doctrine morale de l'Église. L'abbé Laguérie, membre de la FSSPX jusqu'en 2004, avait reconnu en 1991 le Front national comme “le parti le moins éloigné du droit naturel”. En France et en Belgique, un certain nombre d'associations d’extrême - droite, telle Belgique et Chrétienté, se réclament de cette doctrine sociale de l'Église telle qu'elle est prônée par la FSSPX.
Une autre catégorie de frères branchés sur la liturgie grégorienne
La fraternité Saint Pierre a été fondée par plusieurs membres de la Fraternité Saint-Pie X qui refusaient le schisme suite à l’excommunication de Mgr Lefebvre. C’est une communauté de prêtres catholiques traditionalistes qui utilise la liturgie de Saint-Pie V (1570), missel, rituel, pontifical et bréviaire romains pré-Vatican II. Reconnue par Rome, elle a été officialisée en octobre 1988 par la lettre apostolique Ecclesia Dei de Jean Paul II. Son siège est à Fribourg en Suisse. Par son statut de droit pontifical, elle a pouvoir de sanctifier les prêtres. Elle regroupe des instituts, des monastères, des associations de fidèles et de prêtres séculiers inclus dans les diocèses qui acceptent de les accueillir. Ses séminaristes sont formés dans deux séminaires, l'un en Allemagne et l'autre aux États unis. La Fraternité Saint Pierre essaime la foi traditionaliste dans une vingtaine de pays, principalement en Europe, en Amérique du nord, en Australie, en Afrique et en Amérique du sud. En septembre 2006, elle réunit 180 prêtres dont 46 prêtres en France, 13 diacres et 120 séminaristes.
L’intégrisme décentralisé
Avec plus de 160 communautés dans 55 pays desservis par environs 440 prêtres, dont plus d'un tiers sont français, la Fraternité Saint-Pie X dispose de plus en plus de moyens pour perpétuer la Tradition et distribuer la Vérité immuable loin des « pièges de la dialectique ». En France, la Fraternité dirige un séminaire à Flavigny-sur-Ozerain, un institut universitaire, 11 écoles secondaires, 20 écoles primaires sans compter l'aumônerie de plusieurs écoles de filles tenues par des Sœurs Dominicaines, ainsi qu'une maison de personnes âgées. C'est au total plus de trente communautés, de nombreuses chapelles et un total d’environ 120 prêtres. Et quelques 120 messes sont célébrées chaque semaine selon le rite ancien. Les intégristes lefebvristes ont ainsi leur place dans la société française depuis leur réintégration par Benoît XVI, qui peut se targuer de réunir enfin la chrétienté en toute communion avec le divin. Ainsi soit la devise de Bon Pasteur : “Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent”.
Nathalie Szuchendler
samedi 29 septembre 2007
Article Nath Szuchendler consultable in
Paru dans Respublica N° 562
Voir aussi = http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2005/02/02303-mgr-lefebvre-est-mort-mais-il-prie-encore
24 septembre 2007
Quand le gouvernement Sarkozy brade le logement social
Le 68ème congrès de l’Union Sociale pour l’Habitat a été animé par un véritable show ministériel orchestré par la populiste Christine Boutin, vedette cathodique qui tenait à afficher un leadership “sur le terrain”. Le ministère du logement s’est en effet propulsé à Lyon pendant dix jours, sur la place Bellecour, dans des préfabriqués installés autour d'une tente centrale pouvant accueillir 300 personnes. Sous le chapiteau central se sont tenus des "Réunions de chantier" et ont rassemblé les trente principaux acteurs de la construction de logements en France. La Caisse des dépôts et consignations, l'Union nationale de la propriété immobilière ou l'Agence nationale pour l'habitat ont fait parti de la discussion.
Le shopping lyonnais d’une combattante antisociale
Dès lundi, Christine Boutin s’est rendu à l'association Habitat et Humanisme fondée par le père Bernard Devers qui vise à réinsérer durablement les plus démunis... Le mardi était consacré aux œuvres de l'artiste graphiste Miss-tic, auteur de graffiti poétiques qui s'expriment sur les murs des grandes villes, aux côté de Christine Albanel, ministre de la Culture. Mme Boutin se révèle être aussi une amatrice d’art contemporain à ses heures ! Accompagnée de Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la ville et valeur sûre des “cités” lorsqu’elle se lâche en langage branché banlieusard, la ministre Boutin s’est rendue au centre-ville rénové de Vaulx-en-Velin le vendredi. Le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, dirigeait la visite des Grands Projets de la Ville, comme les grands chantiers d'urbanisme comme la construction du nouveau quartier du Confluent en centre-ville, ainsi que la rénovation du quartier de la Duchère.
Objectif Boutin : faire appliquer le programme Sarkozy
La question épineuse de la vente de 40 000 logements sociaux par an à leurs locataires sur un parc de 4 millions, à savoir 1% du patrimoine des HLM, a mis en désaccord le gouvernement et l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui regroupe tous les organismes HLM. Les dirigeants de l’USH, présidée Michel Delebarre, maire PS de Dunkerque, avaient préalablement tenté de négocier un accord au sujet de ces ventes auprès du ministère de la Ville quelques semaines auparavant. Aucun accord n’avait pu être engagé, les différentes composantes de l’Union Sociale n’ayant pas les mêmes objectifs en ce qui concerne l’habitat. Les sociétés anonymes des HLM, reliées au monde de l’entreprise et propriétaires de deux millions de logements, s’associent sans restriction aux 40 000 ventes prévues par le gouvernement Sarkozy, tandis que les Offices dirigés par les élus locaux restent préoccupées par les quelques 1,3 million de demandeurs de logements dans le pays… La Confédération nationale du logement (CNL), première association de locataires, s'est insurgée pendant l’Assemblée Générale de Lyon : “Ce qui est à l'ordre du jour, ce n'est pas d'enlever des logements sociaux mais d'en ajouter !” Pour la CGL (Confédération générale du logement), la vente massive revient à “tuer dans l’œuf l’idée même du droit au logement opposable” : à partir du 1er décembre 2008 où la loi sera effective, les besoins immédiats de logements à prix abordables vont systématiquement augmenter puisqu’ils concerneront quelque 600 000 à 800 000 personnes prioritaires… Cet objectif de vendre 40 000 logements sociaux à leurs locataires étant inscrit dans le programme du candidat Sarkozy, C. Boutin est prête à légiférer pour contraindre les HLM à appliquer le processus de privatisation de l’habitat social. Au mépris de l’utilité publique du logement social et du droit des offices HLM à la propriété de ces logements.
La poudre aux yeux du répit
Fort est de constater qu’aucune disposition n’a été prise pour qu’il y ait plus de logements disponibles, malgré la crise qui traverse le pays. Autant dans le parc social que dans le privé où les prix sont à la hausse. L’augmentation des loyers et des charges, résultante de la Loi de Robien, se conjugue avec une pénurie du foncier, d’où de graves problèmes d’accès au logement dans un contexte national de difficultés économiques (chômage, précarité…) et de changements sociologiques profonds (maintien des personnes âgées au domicile, familles monoparentales …). La situation est d’autant plus paradoxale qu’il existerait près de deux millions de logements vacants en France ! Christine Boutin a joué la carte paternaliste : “Ici c’est une grande famille. Je n’ai pas envie de bloquer l’ensemble de la démarche”, a-t-elle expliqué à l’issue du congrès. Chacun des partis va donc se donner le temps de trouver des terrains d’entente. Michel Delebarre a posé des conditions quant aux objectifs gouvernementaux : accord du maire en cas de vente dans sa commune, reconstitution de l’offre locative, interdiction de céder des HLM dans les villes sous la loi SRU qui ont moins de 20 % de logements sociaux… La loi SRU a été adoptée en 2002 pour diversifier l'offre locative et permettre une plus grande mixité sociale. L'article 55 impose à toutes les communes appartenant à des agglomérations de plus de 50.000 habitants d'avoir 20% de logements sociaux. Sur 743 communes concernées, seul un tiers respecte les objectifs fixés. Sur les deux tiers restants, 472 ne les ont pas respectés et 154 communes n'ont produit aucun logement social…
Des droits fondamentaux en France
"Dans les années 2000, 330.000 de ces foyers modestes accédaient à la propriété. Ils ne sont plus aujourd'hui que 256.000. Il est urgent de relancer l'accession sociale", a rappelé Marie-Noëlle Lienemann, présidente de la Fédération des coopératives HLM, prônant notamment une TVA à 5,5% pour les ménages modestes et un plan d'épargne logement HLM pour les locataires. On rappellera que le niveau d'endettement des ménages français a atteint un nouveau record historique en 2006 avec taux de 68,4% de leur revenu. Cette dette a encore augmenté de 11,3% par la politique de développement des prêts à l'habitat en 2007… Le développement de l’habitat social n’entre pas dans les priorités du gouvernement Sarkozy. Or le logement, comme l’électricité, n’est pas une valeur marchande et répond à l’un des besoins les plus élémentaires de chaque être humain. Le congrès de l’USH s’est réuni au moment même où, à Strasbourg, la Fédération des associations nationales de travail avec les sans-abri (FEANTSA) et ATD Quart Monde ont accusé la France de violer ses engagements européens en matière de logement social. L’homme pour qui 53% des électeurs ont voté aurait-il mis les Droits humains et constitutionnels au vestiaire dans son rêve d’ “une France propriétaire” ?
Nathalie Szuchendler
lundi 24 septembre 2007
Article Nath Szuchendler consultable in
Paru dans Respublica N° 561
Voir aussi = Les bonnes affaires de Nicolas Sarkozy
21 septembre 2007
La Journée européenne contre la peine de mort supprimée sous pression polonaise
La journée européenne contre la peine de mort en date du 10 octobre n’aura pas lieu. La Pologne a refusé de s’associer au projet proposé à Bruxelles par le Conseil européen, qui nécessitait l’approbation de tous les membres de l’Union pour sa mise en œuvre. Jugeant cette manifestation inutile dans une Europe privée du châtiment suprême, les dirigeants polonais ont décidé de boycotter cette journée, sauf si elle était élargie à l’interdiction de l'avortement et de l'euthanasie. Le thème de “la défense de la vie” en leitmotiv, ils tentent de réduire celui de la peine de mort à un sujet de débat au sein de l’Union européenne. Alors que la Convention européenne des droits de l’homme s’applique aux 47 états membres du Conseil et leur interdit de pratiquer la peine capitale.
Le raisonnement rétrograde des Kaczynski
Les frères Kaczynski sont décidément cohérents dans leur logique réactionnaire. Il s’agit non seulement de faire entrer le fœtus dans le cadre d’êtres humains vivants et de protéger les futurs polonais dans le ventre de leurs mères, en décrétant qu’un avortement serait une forme de peine de mort, mais aussi de désigner parmi les vivants ceux qui seraient “dignes” de vivre. Et ceux qui, par leur “vocation contre-nature”, sont un danger pour autrui et pour l’avenir de l’homme… L’appel est ainsi jeté en direction des chaque parent- ou potentiel parent- et de leur hypothétique réaction face aux agresseurs de leur enfant. “Débattre de la peine de mort au moment où l'on fait l'impasse sur d'autres menaces pour la vie humaine, parfois institutionnalisées et légales, est une hypocrisie”, renchérit Andrzej Duda, vice-ministre de la Justice polonais, pour qui la question de la peine de mort est liée à celle de l'euthanasie et de l'avortement…aussi appelée la “culture de mort”.
Une remise en question de la Convention des droits de l’homme
“L’application de la peine de mort représente un acte de torture et une peine inhumaine ou dégradante au sens de l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. La volonté de décréter un moratoire immédiat concernant les exécutions et d’abolir la peine de mort est devenue une condition préalable pour pouvoir adhérer à l’organisation” a souligné le président de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), René van der Linden.
La Pologne tente à nouveau de détourner la législation européenne en matière de droits fondamentaux. Il existe des dispositions européennes concernant la peine de mort, mais l’absence d’arsenal législatif européen concernant l’avortement et l’euthanasie permet aux factions les plus conservatrices polonaises de faire entendre leur voix. Ainsi en Août 2006, la Ligue des Familles polonaises (LPR – parti membre de la coalition gouvernementale en Pologne) avait appelé à la réintroduction de la peine de mort pour les meurtres pédophiles. Le Président Kaczynski avait alors soutenu cette pétition qui tentait de faire basculer la Convention des droits, et souhaitait un débat européen sur la peine capitale. “Il faut en discuter en Europe et je pense qu'avec le temps l'Europe changera d'avis sur ce point” avait-il déclaré à l’époque.
Des législatives anticipées
Après la rupture de l’été 2007 entre Droit et Justice (PIS, parti du président et du Premier ministre actuel), le parti populiste Autodéfense de la République de Pologne (SRP) et la Ligue des Familles Polonaises (LPR), la Pologne est actuellement en campagne pour les élections législatives anticipées du 21 octobre. Les frères Kaczynski ont promis de rétablir la peine de mort en cas de victoire. Il s’agit aussi de contenter l’électorat emmené par le père Rydzyk et la célèbre Radio Maryja. Le groupe médiatique du révérend intégriste brasse quelques trois millions d'auditeurs, auxquels s’ajoutent cinq à six millions de fidèles ultra-catholiques qui gravitent autour de ce mouvement politico-religieux. Le veto du gouvernement polonais pourrait être considéré comme un appel du pied à destination de ses ultraconservateurs, puisque la Pologne ne semble pouvoir se passer des subventions européennes auxquelles elle peut prétendre à titre de “ pays pauvre”. Elle devrait obtenir, au cours de sept prochaines années, 67 milliards d'euros de transferts des pays riches occidentaux comme l'Allemagne, premier contributeur net au budget européen !
La peine de mort a été abolie en Pologne en 1997, où elle n'était plus appliquée depuis 1988 en vertu d'un moratoire. La peine maximale dans ce pays membre de l'UE depuis 2004 est donc la prison à vie.
Un frein à la campagne internationale contre la peine capitale
Les institutions européennes et le Conseil de l'Europe ne signeront pas à Lisbonne lors de la conférence internationale le 9 octobre, comme initialement prévu, une déclaration créant cette "Journée européenne" du 10 octobre, qui devait coïncider avec la "Journée mondiale contre la peine de mort". "Décréter une journée est une chose, mener un combat est une autre. Tout ne va pas se jouer en une journée d'été" a déclaré M. Costa, président portugais de l’Union, en relativisant l’impact d’une décision polonaise peut-être provisoire. Tandis qu’Amnesty International demande aux autorités polonaises d'honorer leurs obligations internationales et de respecter leurs engagements en ce qui concerne l'abolition de la peine de mort. En refusant de donner son accord à cette proposition de la Commission européenne, déjà soutenue par le Parlement européen et qui nécessite encore l'accord unanime des Etats membres, la Pologne a porté un coup à l’une des grandes causes européennes et à l'action internationale menée contre la peine capitale. Elle freine, de quelque manière que ce soit, l’objectif de pouvoir proposer à l'Assemblée générale des Nations unies que le principe de la Journée européenne contre la peine de mort soit adopté par l'ONU.
Que ce soit à propos du sida, de la santé des femmes, ou du respect de la dignité humaine, la Pologne tente encore une fois de bloquer une campagne relative aux droits fondamentaux, en collaboration étroite avec le Vatican dont elle reste l’un des vecteurs depuis les années quatre-vingt dix.
La Chine, le Pakistan, l’Iran, l’Irak, le Soudan et les États-Unis sont les principaux pays qui appliquent encore la peine de mort, même si régulièrement, des pays comme le Gabon, le Rwanda, l’Ouzbékistan, viennent d’abolir la peine capitale. Selon les dernières informations dont dispose Amnesty International, 125 pays, soit plus de la moitié des pays du monde, ont désormais aboli la peine de mort dans leur législation ou en pratique. Mais 1.591 personnes ont été exécutées dans le monde en 2006.
Nathalie Szuchendler
vendredi 21 septembre 2007
Article Nath Szuchendler consultable in
Paru dans Respublica N° 561
19 septembre 2007
L’immigration entre tests ADN et fichage ethnique
C’est en décrétant qu'aucun sujet ne devait être "tabou" que le projet de loi sur l'immigration a été présenté à l’Assemblée, plus d’un an après la loi Sarkozy sur "l'immigration choisie".
Le texte présenté par B. Hortefeux prévoit de mettre en place une évaluation de la connaissance de la langue et des valeurs de la République, avec formation de deux mois si nécessaire dans le pays d’origine. Tandis que les parents seraient astreints, dans le cadre du contrat d’accueil et d’intégration, à suivre une formation sur les droits et les devoirs des parents en France, les conditions de ressources seraient indexées sur la taille de la famille.
Ce projet qui durcit les conditions de regroupement familial prévoit aussi une possible mise en œuvre progressive de tests ADN par l’amendement Mariani, en ouvrant la possibilité de solliciter la comparaison des empreintes génétiques (au frais du demandeur) pour vérifier sa filiation. La durée de maintien en zone d’attente supprimant l’obligation de passage devant un juge au terme de 48 heures, serait prolongé à quatre jours, tandis qu’ un référentiel « ethno-racial » viserait à distinguer les personnes participant de « l’identité nationale » de celles qu’il convient de surveiller et d’expulser. Un autre ajout au texte, voté en commission, suscite lui le débat au sein de l’Assemblée : il s’agit de la mise en place d’un système informatisé des bénéficiaires de l’aide au retour d’une part, et l’autorisation des traitements informatisés dans le cadre d’études sur la mesure et la diversité des origines de la personne d’autre part. Les recueils de ces données seraient confiés à une simple commission consultative, et non pas au Conseil national de la statistique…
Ce projet de loi compte une vingtaine d’articles sur lesquels ont été déposées environs deux cent amendements. Son examen à l’Assemblée devrait se conclure d’ici mercredi soir ou jeudi. Le sénat l’examinera à son tour à partir du 02 octobre.
Sillonnant plus que jamais sur le terrain nauséabond qui lui a permis de se faire élire, Nicolas Sarkozy y plante son grain de sel : “Il y a douze pays en Europe qui ont le test ADN sur la base du volontariat. Quel est le problème ? C’est très positif quand le Parlement a des idées.” Et Hortefeux d’affirmer qu’ "il fallait répondre à l'attente des Français qui nous demandent de maîtriser les flux migratoires pour préserver l'équilibre de notre communauté nationale." Egal à lui-même, Sarkozy gouverne parce c’est le “peuple français” qui le demande…
Nathalie Szuchendler
mercredi 19 septembre 2007
Article Nath Szuchendler consultable in
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/09/19/1734-limmigration-entre-tests-adn-et-fichage-ethnique
16 septembre 2007
Une télé si à droite... ( C. Fourest )
Petit aperçu du nouveau ton de la télévision publique en cette rentrée. Sur France 5, "Revu et Corrigé" de Paul Amar remplacera le décryptage sans merci de "Arrêt sur Images". Autrement dit, on ne s'y interrogera pas sur la complaisance des médias envers le nouveau pouvoir mais plutôt, selon la bande-annonce, sur pourquoi les médias se sont montrés si "accueillants" (sic) envers Dominique de Villepin à propos de sa convocation dans l'affaire Clearstream... Fallait-il en plus ne pas lui donner l'occasion de s'expliquer ? Lui qui est mis en examen pour avoir simplement osé demander une enquête sur des malversations où le nom de Sarkozy apparaissait. Certes à tort. Mais comment le savoir si l'on ne demande pas une enquête ?
On enchaîne par "Chez FOG", l'émission la plus rance du PAF. Avec un Franz-Olivier Giesbert égal à lui-même, cynique, sarkozyste en diable et amoureux de tout ce qui sent bon la droite virile. En l'occurence Maurice G. Dantec, sorte de Maurras des temps modernes, l'amour de la France et le talent en moins. Vous me direz, pour une fois qu'il n'invite pas Tariq Ramadan ! Et oui, il est comme ça Giesbert. Il aime autant Tariq Ramadan que Dantec, autant l'islamisme que le racisme anti-musulmans (Dantec rêve de voir l'"occident prendre les choses en main de façon virile", entendez envoyer quelques bombes sur l'Iran et faire vivre aux musulmans en général une sorte d'extermination façon Bosnie mais à l'échelle du globe). À ses côtés, même Xavier Bertrand et son ton de vendeur d'assurance a quelque chose de rassurant. On apprend tout même que son bouquin favori n'est autre que "l'art de la guerre". "Les syndicats n'ont qu'à bien se tenir !" ricane Giesbert. Humour de droite on vous dit...
Comme si cela ne suffisait pas, il a fallu endurer une leçon de féminisme de... Marie Darrieussecq. Ah oui parce que dans le nouveau monde, être féministe c'est voter Ségolène Royal... Face à Jean-Luc Mélenchon, qui rappelait à juste titre combien mettre en avant sa nature de femme comme une vertu en soi n'était pas guère progressiste, l'écrivaine s'est lancée dans une leçon à retourner les tripes de toutes les héritières du MLF.
À l'écouter, avant, il y avait un "féminisme de dames" qui proclamait l'égalité entre les hommes et les femmes en insistant sur le fait qu'il n'y avait pas de différence. Le féminisme moderne, lui, aurait l'idée géniale d'insister au contraire sur la différence des sexes pour ne pas noyer le féminin dans le masculin. En fait de modernité, ce féminisme hormonal, dégoulinant de nature, est vieux comme le carcan de la féminité, digne des envolées mystico-psychanalytiques d'Antoinette Fouque ou d'un féminisme de droite, certainement digne aussi d'une écrivaine venue au féminisme par le ségolisme, mais franchement si c'est ça le progrès — réclamer le droit à la différence et la reconnaissance par les hormones — autant choisir Christine Boutin pour représenter le PS aux prochaines élections. En passant directement à droite, on perdrait moins de temps à se demander comment réformer la gauche !
Caroline Fourest
éditorial du 15 septembre 2007
in http://carolinefourest.canalblog.com/archives/2007/09/15/6220509.html#trackbacks/
15 septembre 2007
Pologne : Le père Rydzyk casse la tirelire européenne
Propriétaire de la chaîne Trwam et du quotidien Nasz Dziennick, fondateur de l'Ecole supérieure de culture sociale et médiatique , le père rédemptoriste Tadeusz Rydzyk contrôle depuis 1991 le puissant bras radiophonique des intégristes catholiques et des ultraconservateurs: la Radio Maryja, basée à Torun, en Poméranie, qui fut une ancienne place forte des chevaliers teutoniques à 200 kilomètres de Varsovie.
Un clan autour de Maryja Radio
Maryja revendique trois millions d'auditeurs. Elle consacre 90% de sa programmation aux homélies, catéchèse et autres prières. Les émissions politiques aux accents régulièrement racistes et antisémites, homophobes et anti-européens mêlent experts et auditeurs. Cette radio distille sur toutes les ondes un message politique sur des thèmes précis (campagne contre le droit à l’avortement, contre l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne…) Elle contrôle aujourd’hui 47 radios locales, un journal (Nasz Dziennik, "Notre quotidien", tiré à 250 000 exemplaires), trois fondations, une école de journalisme (École supérieure de Culture sociale et médiatique) et une chaîne de télévision (Trwan, "je perdure" ) ! C’est donc un grand cercle médiatique qui s’organise en Pologne autour de cette radio. Entre cinq et six millions de fidèles appartiennent à la Rodzina Radio Maryja ( "Famille de Radio Maryja" ), qui devient une organisation idéologique de masse priant au côté du gourou Rydzyk dans tous ses déplacements.
Les médias du PIS
Les caméras de la chaîne Trwam ont couvert la convention nationale du PIS le 25 août à Gdansk. Les médias de T. Rydzyck sont devenus les porte-voix privilégiés des frères Kaczynski : rien que quatorze interviews en un an ont été menées auprès du premier ministre ! Alors à quelques semaines des élections législatives, le PIS ne va pas se priver de l'électorat touché par la grâce du père Rydzyk...
Dix-sept plaintes déposées contre lui, après une allocution au cours de laquelle il s'en était violemment pris aux juifs, ont été déboutées par le parquet polonais. Celui-ci a pudiquement estimé que ses propos "n'avaient pas le caractère d'un acte interdit". En juillet dernier, l'hebdomadaire polonais Wprost avait publié la transcription de cette conférence donnée par le père Rydzyk en avril, où ce dernier avait accusé le président Lech Kaczynski d'être favorable aux revendications des juifs envers la Pologne. Le prêtre s’en prenait aux organisations juives qui revendiquent moins de 20% des 18 milliards d’euros estimés, correspondant à la restitution des biens perdus par les juifs polonais pendant la guerre. "Vous savez, il est question que la Pologne donne 65 milliards de dollars. Ils viendront vous voir et diront rendez-moi ce manteau. Enlève ce pantalon ! Donne les chaussures !", avait déclaré le révérend Rydzyk. Le problème est encore actuellement non résolu en Pologne.
Un groupe médiatique financé par l’Europe
Les campagnes électorales des représentants du PIS sont relayées par la célèbre radio intégriste. A cela s’ajoute la volonté de faire supporter à l’Europe le financement de Maryja. Les dirigeants polonais ont en effet choisi de faire bénéficier une école de journalisme liée à Radio Maryja des subventions européennes. Le père Rydzyk a fondé sa propre école de journalisme pour assurer le fonctionnement du groupe de médias contrôlé par l'ordre des rédemptoristes, il y a deux ans. L’école supérieure de culture sociale et médiatique recevra donc 15,3 millions d'euros de fonds structurels européens pour son projet d'agrandissement, à savoir la construction d'un nouvel immeuble pour une faculté d'informatique dotée de laboratoires ultramodernes. Cette rénovation entre dans la liste des 350 projets retenus par le ministère du développement régional polonais, pour bénéficier d'un cofinancement européen pour les infrastructures et les innovations. La ministre polonaise du développement Grazyna Gesicka précise que "ce projet est conforme aux objectifs du programme destiné à promouvoir la formation technique et informatique", tandis que le porte-parole du ministère du développement régional, Stanislaw Krakowski affirme que "le financement européen prévu pour le projet du Père Rydzyk est inférieur à 25 millions d'euros, il n'a donc pas à être entériné par la Commission européenne". L’Université catholique de Lublin figure aussi parmi les bénéficiaires…
Et de combien faut-il subventionner la Pologne pour… la formation au respect des droits fondamentaux sans cesse bafoués ?
Nathalie Szuchendler
Samedi 15 septembre 2007
Article Nath Szuchendler consultable in
13 septembre 2007
Pour Brice Hortefeux, en matière d'expulsion les préfets n'en font pas assez!
Mercredi 12 sept, Brice Hortefeux a convoqué 19 préfets pour une « réunion de travail et de mobilisation ». Leur point commun, ils sont tous aux yeux du ministre coupable de ne pas expulser assez.
Pour Brice Hortefeux, les objectifs de 25 000 expulsions annuelles fixés par Nicolas Sarkozy ne seront pas atteints si le chiffre actuel de 11 000 expulsés ne s'étoffe pas dans les prochains mois.
Le ministre se moque des moyens que les préfets devront déployer, des situations de détresse qu'ils devront affronter: seul compte le résultat. Il l'a répété et martelé: 95% des expulsables ne présentent aucune difficulté lors de leur arrestation et de leur reconduite à la frontière. Alors pourquoi donc ces 19 préfets se montrent-ils si peu coopératifs?
Certains d'entre eux ont ont prétexté un manque d'effectif policier, de places en centre de rétention, qui rendent inapplicables nombre d'expulsions de ressortissants étrangers. Mais pour le ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale, ces difficultés ne sauraient justifier entièrement les mauvais chiffres. La vérité est ailleurs, et il s'est fait fort de rappeler à leurs obligations, les préfets qui montreraient un peu trop de sensibilité et d'humanité sur la question des expulsions.
La réaction des associations comme RESF qui défend la cause des sans-papiers ne s'est pas faite attendre: Faisant fi de la discrétion du ministère de l'Intérieur, qui avait refusé de communiquer à la presse, les préfets des départements concernés par la réunion, les responsables ont révélé publiquement ces informations. Les préfets qui refuseraient de seraient issus des départements suivants: Ardennes, Corse du Sud, Hérault, Haute Garonne, Gironde, Ille-et-Vilaine, Finistère, Puy-de-Dôme (fief de Brice Hortefeux), Manche, Paris, Val-de-Marne, Seine-St-Denis, Hauts-de-Seine, Aisne, Isère, Gard, Seine-Maritime, Loire et Loire Atlantique.
Richard Moyon, porte-parole de RESF, a estimé mercredi auprès de l'AFP que "la fixation de quotas et la convocation des préfets, c'est une façon de faire du stakanovisme avec des êtres humains. C'est inadmissible", a-t-il ajouté, saluant "les conceptions humanistes de certains préfets qui renâclent à faire cette sale besogne".
SOS Racisme a également manifesté son "inquiétude" et réprouvé "la politique du chiffre" exigée par Brice Hortefeux.
Dans la police aussi, certains syndicats comme l'Unsa ou FO-police, parlent de "pression forte" exercée sur les fonctionnaires en charge de l'immigration "dans le seul but de faire du chiffre".
11 septembre 2007
Dieudonné reconnu coupable d'antisémitisme à propos de la "pornographie mémorielle"
Dieudonné a été reconnu coupable de "diffamation publique à caractère racial" et condamné à verser 7.000 euros d'amende pour avoir tenu des propos antisémites sur la mémoire de la Shoah, notamment pour voir utilisé l'expression "pornographie mémorielle" dans un contexte et dans un sens raciste lors d'une conférence de presse à Alger le 16 février 2005.
Le jugement a tenu compte du contexte. Lors de cette conférence de presse, Dieudonné s'en était pris au "lobby sioniste, qui cultive l'unicité de la souffrance", et aux "autorités sionistes (qui), avec l'argent public, confisquent la création culturelle et ont déclaré une guerre au monde noir".
Bart De Wever, un ex-disciple lepéniste ? (RésistanceS)
Depuis quelques jours, circule (à nouveau) sur Internet une photographie de Jean-Marie Le Pen lors de l'une de ses visites à Anvers. Le président-fondateur du Front national français y est accompagné d’un certain… Bart De Wever, le président de la NVA, le parti nationaliste flamande associé aux démocrates-chrétiens du CD&V. Problème : la NVA devrait devenir l'un des maillons du futur gouvernement fédéral, avec le CD&V, les libéraux (VLD et MR) et les démocrates-humanistes francophones (cdH). Retour sur une polémique dévoilant une fois de plus les liens d'une certaine « droite » avec l'extrême droite.
La photo de Jean-Marie Le Pen avec Bart De Wever date de 1996. Elle a été prise après une conférence organisée à Anvers par le Vlaams-nationale Debatclub, un cercle de réflexion idéologique favorable notamment à la fin du « cordon sanitaire » isolant l'extrême droite sur l'échiquier politique. Lié directement au Vlaams Blok / Belang (VB), ce club préconise l'unité de tous les courants de la droite dans une seule force politique et organise dans ce but des conférences-débats *
Ex-lepéniste futur ministre fédéral ?
Bart De Wever est aujourd’hui le patron de la Nieuw-vlaamse alliantie (NVA), la formation nationaliste flamand issue en 2001 de l’aile ultradroite de l’ex-Volksunie. Depuis, la NVA est en cartel électoral avec les démocrates-chrétiens du CD&V (l'ex-CVP). Elle est également à la table des négociations pour la formation du futur gouvernement fédéral. Bart De Wever en est même un des acteurs clés.
Alors que cette photo recommence à circuler sur le Net (elle était déjà apparue, il y a quelques années, sur le site de Filip Dewinter, le numéro 2 du VB), la justification donnée par un Bart De Wever embarrassé serait simplement risible si l'arrivé de la NVA n'était pas programmée dans le prochain gouvernement fédéral.
« J’avais juste fini mes études et je pensais que c'était une occasion unique de pouvoir entendre Le Pen, qui était à l'époque un personnage de poids dans la politique française. Je suis un légaliste, avec des convictions démocratiques, mais j'ai une conception anglo-saxonne de la liberté d'expression : dans une démocratie, tout le monde doit être libre d'exprimer son opinion, même si c'est une opinion que je déteste. Et je préfère toujours avoir une information de première main que de manière filtrée » (1).
C'est la raison pour laquelle, Bart De Wever paradait avec Le Pen. Son rattachement à la liberté d'expression l'aurait-il poussé également à fréquenter des conférences altermondialistes ou de la gauche radicale ? Il semble que son intérêt allait uniquement en direction d'une certaine droite, bien singulière : populiste, xénophobe et nationaliste.
Sérieux hiatus supplémentaire : De Wever et Le Pen se sont encore revus à l’enterrement de Karel Dillen, le fondateur du Vlaams Blok, figure historique de l’extrême droite flamande et auteur de la traduction en néerlandais du premier livre négationniste. Son enterrement ne se passait pas il y a dix ans. Il se déroulait en mai dernier, juste avant les élections législatives...
Pierre EYBEN & Alexandre VICK
(1) Source : La Libre Belgique du 31 août 2007.
* Vlaams-nationale Debatclub :
les connexions lepéno-flamandes
Bart De Wever, l’actuel président du parti flamand NVA, a rencontré pour la première fois Jean-Marie Le Pen, le dirigeant de l’extrême droite française, en 1996. Lors d’une conférence organisée, à Anvers, par le Vlaams-nationale Debatclub.
Ce « club de débat national-flamand » est apparu en 1980. Officiellement apolitique, il est fortement influencé par un corpus politique d’extrême droite, en particulier celui développé par le Vlaams Blok, aujourd’hui agissant sous le nom de Vlaams Belang (VB). Depuis sa création, ce club organise régulièrement des débats avec des personnalités connues du monde politique, médiatique ou des affaires comme Mark Grammens (publiciste), Filip Dewinter (dirigeant du VB), Roeland Raes (alors vice-président du VB), Siegfried Verbeke (responsable de VHO, une association négationniste fondée à Anvers)...
Des Français ont également été ses conférenciers : Jacques Isorni (un des avocats du maréchal Pétain), Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch (numéro 2 du parti lepéniste)...
Dans le comité directeur de ce club de débat, on a retrouvé notamment Walter Peeters (sénateur blokker) et d’autres membres du Blok ou de Were Di, un cercle de réflexion nationaliste, aujourd’hui disparu, fondé par des anciens nazis et Karel Dillen, le président-fondateur du VB. Le 4 octobre prochain, une conférence aura lieu pour évoquer le souvenir de ce dernier. L'initiative de cet «événement » en revient au... Vlaams-nationale Debatclub.
Alexandre VICK
© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be –
Article mis en ligne le 9 septembre 2007
in http://www.resistances.be/warddebever.html
10 septembre 2007
Rentrée douloureuse en Sarkozie ( édito de C. Fourest )
C’est toujours plus douloureux de rentrer de vacances dans un pays que vous avez quitté fâché. Ceux qui ont voté Sarkozy ont sans doute plus de facilité à faire leur rentrée que les autres.
- Ces petits riens qui coincent
- Privation et renoncements
- L’école, ce grand corps malade
- La citoyenneté sacrifiée sur l’autel de l’identité
- Communautarisation et guerres de bandes
L'édito de Caroline Fourest
in http://carolinefourest.canalblog.com/archives/2007/09/10/6168027.html#trackbacks

