21 janvier 2008

Le gouvernement Sarkozy veut rendre la maladie citoyenne

Un travailleur social de 45 ans et malade du sida proteste contre la “franchise Sarkozy” et le déremboursement des médicaments par une radicale grève des soins depuis septembre 2007 (¹). Ce n’est pas le seul patient, en France, à utiliser ce type d’action. Quitte à se mettre en danger. Bruno-Pascal Chevalier a en effet décidé de faire entendre sa voix (²) au 1er janvier 2008, c’est-à-dire à la date d’entrée en vigueur de la mesure sur les franchises médicales. Tandis que l’Association française des diabétiques donnait l’alerte le 17 janvier au sujet de l’interruption volontaire de soins par un patient traité à l’insuline, un autre cas isolé d‘arrêt de traitement - celui d’un insuffisant rénal - s’est lui-aussi fait connaître, selon le quotidien. D’autres actions ont été mises en œuvre pour faire reculer le gouvernement Sarkozy, à l’image de l’Association des Insuffisants Rénaux des Pays de Loire dont les adhérents ont envoyé une lettre au Président de la République, accompagnée d’un chèque “fac-similé” de 100 euros pour demander l’abrogation de cette mesure. Parce que la franchise médicale est une menace pour le système de santé publique. Pour les malades atteints de pathologies lourdes, les soins ne sont gratuits qu’au-delà du prix de cette “taxe”. Quant aux malades potentiels plus bénins, ils risquent fort de réfléchir face à des soins non seulement payables mais aussi dé-remboursés. Les actes de prévention médicale pourraient aussi s‘annihiler d’eux-mêmes, ce qui est strictement contraire aux enjeux d’une politique de santé publique digne de ce nom, qui plus est dans un pays qui comptabilisent plus de trois millions de chômeurs et sept millions de  “travailleurs pauvres”. Le système solidaire de santé “à la française”, où chacun cotise selon ses moyens en restant sous protection médicale, fait place à la logique de l’assurance maladie privée puisque le montant franchisé “modulable”, suivant les vœux du sieur Sarkozy, va peser différemment selon les revenus.
Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) en septembre 2007 a inclu cette mesure, alors qu’un nombre grandissant de mutuelles et associations mutualistes, de groupements d’assurés sociaux et malades divers, de gestionnaires de centres médicaux, de personnels de santé et de structures syndicales se sont opposés à ce système d’insécurité sociale.
Le “collectif national contre les franchises médicales et pour l’accès aux soins pour tous” né en automne dernier, à laquelle B.P. Chevalier a participé, et la CGT-retraités ont réuni dans leurs pétitions près de 300 000 signatures. Fi des appels croisés dans tout le pays, le gouvernement ne veut rien entendre. Sarkozy parle d’une “somme modique” fournie par chaque patient et pousse le bouchon – ou la pastille sub-linguale – jusqu’à accréditer le possible recouvrement des franchises médicales par les mutuelles (³), alors que la nouvelle réglementation instaurée “par ses soins” exclue tout remboursement de cette exonération considérée comme citoyenne. Limité à 50 euros par an et par assuré social, cet “impôt sur la maladie” vient surcharger encore le forfait instauré sur tout acte médical depuis 2004, dont le plafond est aussi de 50 euros annuels. Ainsi soit la solidarité “responsable”.

Nathalie Szuchendler

(¹) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-1000921,0.html

(²) http://www.humanite.fr/Franchise-medicale-un-malade-s-adresse-a-Nicolas-Sarkozy

(³) http://www.humanite.fr/IMG/pdf/Courrier_reponse_de_N_Sarkozy_du_14_janv_08.pdf

lundi 21 janvier 2008

Article Nath Szuchendler consultable in

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/01/21/1891-le-gouvernement-sarkozy-veut-rendre-la-maladie-citoyenne

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