28 mars 2008
Liban : le film Persépolis censuré
Le général Wafiq Jizzini, responsable des services de la Sûreté générale libanaise, qui est un organisme dépendant du ministère de l'intérieur, vient d'annoncer l'interdiction officielle de "Persépolis". Ce film d'animation franco-iranien réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnau avait été primé à Cannes en 2007. On se souviendra de la protestation iranienne à l'encontre de la palme décernée à Satrapi, jugée comme un acte d'"islamophobie" et "anti-iranien" par le ministère de la Culture ...(*)
D'après nouvelobs.com, le chef de la sûreté et proche du Hezbollah a argumenté cette censure dans un sens d'équité, le film en question donnant "une image de l'Iran plus mauvaise que sous le Shah". Satrapi y décrit non seulement le climat répressif sous le régime monarchique des Pahlavi, mais aussi tout le cortège de mesures anti-sociales, d'arrestations et d'exécutions qui a marqué l'instauration de la Révolution islamique conduit par Khomeyni. Ce qui mène l'héroïne de sa bande-dessinée dont est tiré le film à s'exiler en Autriche, puis en France. Bassam Eid, directeur de la société "Circuit Empire" qui devait distribuer Persépolis au Liban, est d'autant plus indigné par cette décision que des copies circulent dans tout le pays, y compris dans la banlieue sud où le Hezbollah chiite "fait un carton" !
Nathalie Szuchendler
Vendredi 28 mars 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/03/28/1967-liban-persepolis-censure
Paru dans Respublica N° 583
«On ne s'intérresse à la violence raciste que lorsqu'il y a passage à l'acte» (Samuel Thomas)
Samuel Thomas, vice-président de SOS racisme, estime que le rapport de la commission nationale consultative des droits de l’Homme, qui relève une baisse des faits racistes en 2007, n'a «aucun sens».
Le rapport de la commission nationale consultative des droits de l’Homme fait apparaître une baisse de 23,5% des faits racistes, xénophobes et antisémites en 2007. Cela vous étonne-t-il?
Ces chiffres n'ont pour nous aucun sens, ils sont sans fondement. Le commission relaie là les faits recensés par les forces de l'ordre et qui ont fait l'objet d'une plainte au parquet, soit une infime minorité de ce qu'est la réalité. Ces faits seraient selon le rapport de 707 en 2007. Mais si l'on prend ne serait-ce que le nombre d'injures racistes en un an au stade de France, on est bien au delà de 707. Quant aux discriminations à l'embauche, dont on sait que très peu de victimes portent plainte, ça se compte en dizaines de milliers. Même chose pour le logement. La terminologie même de «fait raciste» pose problème: de quoi parle-t-on au juste? Nous-mêmes, nous sommes au courant d'à peine 1% des dossiers. Vouloir quantifier le racisme est aberrant.
Vous contestez donc la tendance à la baisse relevée par la commission?
Ça ne baisse pas du tout. Pour qu'il y ait une baisse, il faudrait que l'Etat s'en donne les moyens, agisse en conformité avec les intentions qu'il affiche. C'est là-dessus qu'il faut s'interroger, plus que sur la question des chiffres. Prenons l'exemple de la discrimination à l'embauche. Les agents ANPE sont tenus, lorsqu'ils constatent une discrimination, de la dénoncer au parquet. Cela ne se produit quasiment jamais, au mieux cinq fois par an. On sait pourtant que dans la restauration par exemple, le Bureau international du travail a mené en France une campagne de testing d'où il ressortait que trois employeurs sur quatre pratiquaient la discrimination en privilégiant, à profil identique, un postulant blanc à un postulant noir. De même, dans le milieu du travail, on observe une hausse significative du nombre de plaintes adressées à la Halde. Or aucun inspecteur du travail supplémentaire n'a été recruté pour traiter ces dossiers.
Le rapport conclut également à une tendance à la hausse de la violence. Cela correspond à ce que vous constatez?
La violence va crescendo depuis vingt ans, plutôt régulièrement, avec c'est vrai des pics comme en 2005 avec les émeutes dans les banlieues. Il faut distinguer d'une part la violence à caractère raciste structurée par des groupes idéologiques d'extrême-droite, de plus en plus présents sur internet, qui galvanisent une jeunesse totalement décomposée, et d'autre part le racisme plus diffus qui s'installe dans un climat de violence déjà existant dans les banlieues, les cités. Cette violence là s'explique par la disparition de l'encadrement adulte, qu'il soit associatif ou salarié: animateurs, éducateurs...
Quant au racisme idéologique, qui mène par exemple aux agressions contre les mosquées et les synagogues, on ne s'y intéresse que lorsqu'il y a passage à l'acte, alors que les groupuscules qui en sont à l'origine sont connus. Pourquoi, à quelques exceptions près comme la Tribu Ka, ces groupes ne sont-ils pas dissous? L'Etat se contente d'observer alors qu'on pourrait mettre un terme à cette propagande avant d'en arriver à des drames.
Propos recueillis par Cordélia Bonal pour Liberation, 28 mars 2008
in http://www.liberation.fr/actualite/societe/318139.FR.php
25 mars 2008
Procès Jean-Marie Le Pen contre Fiammetta Venner, le 26 mars 2008
Le 26 mars prochain, un procès opposera Fiammetta Venner et Jean-Marie Le Pen. Ce dernier porte plainte pour injure. Il n'aurait "jamais levé la main sur une femme".
Dans un article paru dans l’hebdomadaire "Le Point" n°1781 du 2 novembre 2006, Fiammetta Venner était interviewée sur son livre "Extrême France. Mouvements frontistes, nationaux-radicaux, royalistes, catholiques traditionalistes et pro-vie en France".
Au sujet de la campagne présidentielle, F. Venner déclare : « vieilli, Le Pen a perdu de sa verve et il est presque difficile de se souvenir du Le Pen castagneur de "femmes et de cocos" à la corpo de droit ».
Dans un premier temps, Jean-Marie Le Pen demande, et obtient un droit de réponse : « Madame Venner dit "Le Pen castagneur de femmes et de cocos à la corpo de droit". S’il m’est arrivé d’affronter les communistes qui tenaient, après la Libération, le haut du pavé au quartier Latin, je n’ai jamais levé la main sur une femme. (…). Je précise que j’ai déposé contre Madame VENNER une plainte en diffamation ».
Aucune plainte en diffamation n'a été déposée, en revanche une plainte pour injure publique envers un particulier a été déposée. Ce qui met Fiammetta Venner dans l’impossibilité de s’exonérer en rapportant la preuve de la vérité des faits allégués tandis que Jean-Marie Le Pen a quant à lui pu y répondre en déclarant qu’ils étaient diffamatoires.
Le procès aura lieu le 26 mars à 13h30 à la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris.
Mai 1997 : Le Pen agresse la députée Annette Peulvast-Bergeal.
22 mars 2008
Des humoristes pour faire taire le racisme le lundi 07 avril

Depuis cinq ans, des humoristes de renom et un public à la fois populaire et engagé se réunissent le temps d'une soirée, pour faire taire le racisme dans un grand éclat de rire.
Aujourd'hui encore, les préjugés racistes et antisémites persistent. Il est donc de notre devoir de continuer le combat, en déconstruisant ces stéréotypes par l'humour.
Cette année, Anthony Kavanagh, Anne Roumanoff, Gérald Dahan, Thomas Ngijol, Stéphane Guillon, Patson, Cartouche, Max Boublil, Fabrice Eboué, Phil Darwin, Michel Boujenah, Booder, Michael Gregorio, Virginie Hocq, Rachida Khalil, et bien d'autres humoristes, seront à nos côtés et se produiront gracieusement.
Cette 5ème éditon, présentée par Cyril Hanouna, sera retransmise en direct sur France 4.
Pour plus d'informations, voir http://www.uejf.org/rire2008/
19 mars 2008
Ayaan et Taslima ont besoin de nous
Ayaan et Taslima ont besoin de nous
Vidéo envoyée par prochoix
Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen sont toutes deux menacées par les intégristes pour avoir osé penser et écrire en toute liberté. Extrait du journal du TF1 du 11 février 2008 (notamment consacré au comité de soutien organisé à Paris pour demander le financement de la protection d'Ayaan).
06 mars 2008
De la laïcité "positivée" ...

in charlie-Hebdo du mercredi 27 février 2008
05 mars 2008
Bagneux : une jeune homme victime de violences antisémites et homophobes
Un jeune homme de 19 ans, de confession juive, a été séquestré à Bagneux (Hauts-de-Seine) le 22 février par un groupe de 6 jeunes. Il a été insulté et battu à coups de poing et de pieds pendant plusieurs heures. Selon une source judic! iaire, les agresseurs lui auraient fait subir des sévices à caractère antisémite et homophobe. Ils auraient écrit « sale juif » et « sale pédé » sur son visage, l'auraient obligé à avaler des mégots de cigarette et à sucer un préservatif déroulé sur un bâton.
Les six jeunes on été mis en examen pour "violences en réunion en raison de l'appartenance véritable ou supposée à une race ou à une religion et en raison de l'orientation sexuelle, séquestration en bande organisée, actes de torture et de barbarie, vol aggravé, extorsion et menaces". Ils auraient reconnu « à peu près l'ensemble des faits".
Cette affaire ignoble montre que le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie naissent à la même source, la déshumanisation de l'Autre, et se traduisent par des actes similaires.
Comme très souvent dans les agressions homophobes, il apparait que les auteurs présumés sont des mineurs et de jeunes adultes, âgés de 17 à 24 ans. D'où la nécessité, systémat! iquement répétée par SOS homophobie, d'un politique ambitieuse! de prévention de l'homophobie à destination de l'ensemble de la jeunesse.
En présentant la semaine dernière le Plan santé des jeunes, la ministre de la Santé annonçait « la conduite d'une politique gouvernementale vigoureuse de lutte contre l'homophobie ». Plus que jamais, il est temps que le gouvernement passe aux actes, en appliquant les circulaires de l'Education nationale relatives à la prévention, et en permettant aux associations d'y concourir, comme le Président de la République s'y est engagé.
Il est temps aussi que cesse le soutien inconditionnel de l'UMP à Christian Vanneste, condamné pour avoir déclaré que « l'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité », car des témoignages reçus par SOS homophobie montrent que de tels propos peuvent ne pas être sans influence sur les agresseurs. En 2007, un homme agressé dans la rue à Metz nous a rapporté les propos tenus par son agresseur lors de la confrontation au commissariat : « Sale P! D, si tout le monde était comme toi ce serait la fin de l'humanité ».
SOS homophobie étudie la possibilité de se porter partie civile aux côtés de la victime de Bagneux, à laquelle elle exprime son plein soutien.
Source : SOS Homophobie
03 mars 2008
Le blues-rock perd le guitariste Jeff Healey

Le guitariste et chanteur blues rock canadien Jeff Healey est décédé dans un hôpital de Toronto, ce dimanche 02 mars 2008.
Il a été emporté par un cancer, à l'âge de 41 ans, tandis que son tout dernier album, Mess of Blues, devait être lancé d'ici quelques semaines.
Atteint de cécité depuis l'âge de 1 an en raison d'une rare forme de cancer, il a commencé à jouer de la guitare dès l'âge de 3 ans. Il avait développé un style unique avec sa Fender Stratocaster posée souvent sur ses genoux.
Reconnu sur la scène internationale, il a joué aux côtés de grands musiciens, parmi lesquels B. B. King, George Harrison et Stevie Ray Vaughan.
Au cours de sa carrière radiophonique, il a notamment été animateur musical à l'émission My Kinda Jazz, à la station Jazz FM de Toronto.
Il continuait à donner des spectacles au Canada en dépit de son combat contre la maladie.
Le régime iranien interdit à une journaliste de recevoir un prix à l'étranger
Ce matin, 3 mars 2008, au moment où elle devait s'envoler vers Stockholm pour recevoir le prix « Olof Palme » qui lui a été attribué le mois dernier en raison de ses activités de défense des droits humains, Parvin ARDALAN, journaliste, féministe et membre active de la campagne « Un million de signature pour l'abrogation des lois discriminatoires envers les femmes en Iran », a été contrainte par les agents de l'ordre de la République islamique de descendre de l'avion. Selon les dernières nouvelles en provenance de Téhéran, le passeport de Parvin Ardalan a été confisqué et elle doit maintenant s'adresser à l'institution concernée pour « clarifier son dossier ».
Cet acte vise à faire taire les membres des mouvements de la société civile en Iran. Il s'agit ainsi de jeter le voile sur les femmes militantes comme Parvin ARDALAN pour que la voix des femmes iraniennes revendiquant la liberté et l'égalité ne retentisse sur la scène internationale.
Nous nous adressons aux institutions qui défendent les droits humains, aux organismes qui soutiennent les luttes des femmes pour la liberté et l'égalité, et aux médias pour que chacun informe l'opinion publique de cette situation et fasse pression sur le régime iranien afin que Parvin ARDALAN puisse se rendre avant le 6 mars 2008 à Stockholm et participer à la cérémonie du prix « Olof Palme ».
Le réseau international de solidarité avec les féministes en Iran
www.iran-women-solidarity.net – http://iranfeministe.online.fr
Contact : iran.feministe@gmail.com|iran.feministe@gmail.com
02 mars 2008
Emmanuelle Mignon : mains jointes et cierge droit
On la présente comme le cerveau de Sarkozy. Plus précisément, Emmanuelle Mignon en serait l'hémisphère catholique. Celle qui a alimenté le débat avec ses déclarations sur les sectes et le « non-problème » de la Scientologie pilotait déjà Nicolas Sarkozy dans le sens du bénitier lorsqu'elle était sa conseillère technique au ministère de l'Intérieur. Ça ne s'est pas arrangé lorsqu'elle a été promue directrice de cabinet à l'Elysée.
Jusqu'ici, on la connaissait essentiellement pour deux dossiers : la double peine et le plan banlieue. Quand Sarkozy, fraîchement arrivé Place Beauvau, veut réformer (mais pas trop) la double peine en 2003, cette ex maître des requêtes au Conseil d'État estime que cette peine n'est pas « contraire au principe d'égalité », Quand, en 2007, Fadela Amara peine à accoucher d'un plan banlieue qui tienne la route, elle est chargée de pondre une copie de remplacement, baptisée plan « Espoir banlieue ». Tout un programme, quand on sait que chez Sarkozy l'espérance est toujours plus spirituelle que sociale. Et qu'Emmanuelle Mignon est pour beaucoup dans cette inspiration.
Le curé avant l’instit’
Sortie major de l'ENA (promotion René-Char, 1995), elle est passée par les Scouts unitaires de France, dont le fanion est une fleur de lys et l'idéal, un catholicisme radicalement ancré à droite. Elle ne le cache pas, plusieurs de ses amies ont échoué au monastère de Paray-le-Monial, le bastion des charismatiques. Et, visiblement, elle a gardé des liens avec ce milieu: c'est elle qui a mis Sarkozy en relation avec l'un de ses anciens amis scouts, Philippe Verdin, devenu entre-temps prêtre dominicain. C'est elle aussi qui propose à Sarkozy d'écrire un livre sur le religieux, sans trop oser y croire. Miracle: Sarkozy adore l'idée. Et le livre — un véritable réquisitoire contre la laïcité à la française — paraît aux Éditions du Cerf en 2004. Dans ce livre, le ministre de l'Intérieur n'a pas de mots assez enthousiastes pour décrire le « dynamisme évidemment positif » des évangélistes et des « nouveaux mouvements spirituels »—que les associations de vigilance appellent plutôt des sectes...
Bien sûr, quand Sarkozy doit rencontrer Benoît XVI et prononcer un discours à la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome, c'est elle — épaulée par le père Verdin — qui guide la plume. On lui doit notamment cette inoubliable affirmation : « Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre te bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer te pasteur ou le curé. » Et quand, après le Vatican et Riyad, le président de la République va faire un tour au CRIF pour équilibrer, c'est encore elle qui monte au créneau pour défendre l'idée du parrainage des enfants juifs morts en déportation par des élèves de dix ans. Chargée du verrouillage de l'information, elle avait signé en décembre dernier une note à l'intention des conseillers du président, pour leur interdire toute communication extérieure sans autorisation exceptionnelle. Visiblement, elle ne se l'est jamais envoyée.
Fiammetta Venner
in Charlie-Hebdo du mercredi 27 février 2008

