29 avril 2008

Le Pen : sur l'orbite de la négation et de la xénophobie

A l'occasion d'un interview pour le mensuel "Bretons", diffusé en région parisienne et en Bretagne ce vendredi 25 avril, J.M. Le Pen s'est à nouveau pétri de "bon sens" en affirmant qu'au vu des "50 millions de morts" durant la seconde guerre mondiale, la déportation fait figure de "détail". Et comme l'art de la manipulation réside dans le double-discours, les déportés deviennent, aux yeux de l'ancien vendeur de produits nazis, des ouvriers comme ceux qui ont travaillé pour IG Farben à Auschwitz. "Si ce n'est pas un détail, c'est l'ensemble. C'est toute la guerre mondiale, alors" ajoute-t-il. Quant à la manière dont les déportés ont été décimés dans le cadre du décret Nacht und Nebel (07 décembre 1941), "Vous voulez dire que c'était des juifs. Cela aurait été des Bretons, des Basques, des Allemands, des Autrichiens..."
Depuis 1971, Jean-Marie Le Pen a été condamné à de multiples reprises par la justice française pour "apologie de crime de guerre", "contestation de crime contre l'humanité" ou encore "provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciales". En septembre 1987, le dirigeant d'extrême droite avait déclaré au Grand Jury RTL-Le Monde, à propos de la contestation par des négationnistes de l'utilisation par les nazis de chambres à gaz pour exterminer les juifs : "Je n'ai pas étudié spécialement la question mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième guerre mondiale." Condamné pour ces propos à de fortes amendes en mars 1991 par la cour d'appel de Versailles, pour "banalisation de crimes contre l'humanité" et "consentement à l'horrible", Le Pen avait réitéré ses propos en 1997 à Munich. Ce qui lui avait valu une nouvelle condamnation.
Le parquet de Paris étudie la possibilité de poursuivre le président du FN pour avoir récidivé dans des commentaires condamnés par la justice il y a 17 ans, Le Pen allant encore plus loin en affirmant ne pas "adhérer" à la thèse de la solution finale …
Tandis que ses discours xénophobes font l'objet de diverses condamnations (UEJF, SOS Racisme, LICRA, CRIF, MRAP, Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme, PS, PCF...), sa fille et vice-présidente du front, Marine Le Pen, tente de "sauver" les meubles d'un FN à "visage humain" coanimé par son secrétaire général Louis Alliot. Elle indique en effet qu'elle réaffirme ne pas partager la "vision" de son père, lui-même voulant éviter de nouvelles polémiques puisqu'il avait interdit la parution de cet entretien. Après tout, pourquoi les journalistes feraient-ils leur travail d'information quand on leur ordonne de se taire ? Qui plus est pour alerter sur le danger que représente l'extrême-droite en la personne d'un Le Pen défraîchi, mais encore assez raide pour alimenter la paranoïa du complot et jeter le doute sur une potentielle destruction d'une France "à majorité musulmane", à l'image, selon ses dires, de "Roubaix", "Marseille", la "banlieue parisienne où, en sortant du métro vous vous trouvez à Tombouctou ou Casablanca".
Souhaitons que la justice française saura agir pour empêcher que se propagent de tels propos racistes, antisémites et négationnistes.

Nathalie Szuchendler

mardi 29 avril 2008

Article Nath Szuchendler consultable in

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/04/29/1991-le-pen-sur-l-orbite-de-la-negation-et-de-la-xenophobie

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