Condamné maintes fois depuis près de quarante ans pour « provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciale », Jean-Marie Le Pen a récidivé lors d’une conférence de presse donnée ce dimanche 08 février en préparation des élections européennes du mois de juin. La population marseillaise s’est trouvée dans la ligne de mire du président frontiste, estimant que le maire de la ville pourrait bientôt s’appeler « Ben Gaudin » en raison d’une inflation supposée de musulmans dans la cité phocéenne. « L’immigration de masse tend à prendre l’allure d’une véritable colonisation » insiste-t-il dans l’une des ses diatribes antimusulmanes et anti-arabes. L’une des dernières cartes frontistes avant les élections au parlement européen, mais c’est sans compter le ratissage à l’extrême-droite déjà effectué non seulement par Sarkozy durant les présidentielles, mais aussi par l’actuel sénateur-maire de Marseille.

Si Le Pen s’en prend à la politique de Gaudin qui se présente comme un centriste modéré, c’est avec les voies et le soutien du FN que celui-ci a managé la région PACA de 1986 à 1992. Gaudin participa à la création du Parti Républicain puis de Démocratie Libérale avec A. Madelin et J. Raffarin. DL rompt avec la direction de l’UDF en mai 1998 après avoir soutenu des présidents de régions élus avec les voix frontistes en avril. Parmi ces gagnants, on identifie J.P Soisson, J. Blanc, Ch. Million, Ch. Baur. Des cadres du FN sont alors captés au sein d’une « droite républicaine », selon l’expression de Gaudin lui-même. Daniel Simonpieri, ancien maire de Marignane et passé au MNR en 1998, est l’un des cas les plus illustres puisqu’imposé par le vice-président de l’UMP JC Gaudin aux élections municipales de 2008. Depuis 2002, DL a rejoint Union dont elle serait la branche « libérale ».

Ménager la conscience de droite et les réflexes de gauche

J.C Gaudin qui semble briguer un quatrième mandat municipal en 2012, n’a pas répondu directement aux propos de Le Pen dont il ne semble pas contester la teneur. « Il est effectivement vraisemblable que dans l’avenir Marseille aura un maire avec un nom à consonance étrangère, pour nous ce n’est pas quelque chose qu’on voit arriver avec horreur mais au contraire le couronnement de ce creuset culturel qu’est Marseille » a précisé le président du groupe UMP au conseil municipal. Un discours ambigu qui opère une distinction entre patronymes dit « français » et les autres noms, et semble s’adresser autant aux citoyens marseillais redoutant une invasion « étrangère » ou « musulmane » qu’aux marseillais des différentes communautés coexistant dans l’une des plus anciennes villes de France.

Avec le sombre record gouvernemental de trente mille expulsions par an, il s’agit pour le Président de la commission nationale d’investiture de l’UMP de ne pas désavouer la politique d’immigration initiée par l’ancien ministre de l’Intérieur Sarkozy, en juillet 2005 à Marseille, sous la formule magique d’ « immigration choisie » où « chacun sera gagnant ».

Nathalie Szuchendler

Voir :

http://www.interieur.gouv.fr/misill/sections/a_l_interieur/le_ministre/interventions/archives-sarkozy-2005-2007/11-07-2005-immigration-marseille/view

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/11/18/1832-marignane-un-ancien-frontiste-investi-comme-candidat-ump-aux-municipales

 

jeudi 12 février 2009

Article Nath Szuchendler consultble in
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2009/02/12/2140-le-pen-invective-le-maire-ump-de-marseille