14 septembre 2008
Arrestation de néo-nazis pour profanation de tombes musulmanes à Arras
Une dizaine de personnes ont été appréhendées ce mardi 09 septembre, dans le cadre d’une enquête menée sur la profanation de quelque 148 tombes réparties dans le carré musulman du cimetière militaire d’Arras.
Le 6 avril 2008 au matin, on découvrait en effet la violation de ces tombes dans le cimetière Notre-Dame-de-Lorette de Albain-Saint-Nazaire, près d'Arras, qui avaient eu lieu dans la nuit du 5 au 6 avril. Les sépultures étaient non seulement recouvertes d'inscriptions injurieuses à l'encontre des musulmans et de la garde des Sceaux Rachida Dati, mais l'une d'entre-elles était "décorée" d'une tête de porc...
Ce cimetière français inauguré en 1925 accueille environ 40 000 sépultures de combattants de nationalités différentes engagés dans la défense du pays, dont 576 tombes de soldats de confession musulmane. Il est aussi la plus grande nécropole militaire de France qui commémore notamment les combats de 1915.
Un remake des scènes macabres de 2007
En avril 2007, ce cimetière militaire avait déjà fait l'objet d'une profanation. Des graffitis nazis indiquant " Heil Hitler" et "Skinhead is not dead", des croix gammées et celtiques avaient défiguré 52 tombes du carré musulman. Les trois auteurs du délit avaient été désignés comme des "nazillons" par le procureur d'Arras, Jean-Pierre Valensi, pendant leur procès. Condamnés à deux années de prison, dont un an ferme pour les deux garçons de 18 et 21 ans, et à sept mois de prison dont cinq mois et demi avec sursis pour le mineur de 16 ans, ils ont été remis en liberté par libération anticipée.
Agés d'une vingtaine d'années, les suspects de l'année 2008 font partie de mouvements skinhead et néonazi, comme leurs aînés un an auparavant. Dix personnes avaient été arrêtées "dans plusieurs zone du Pas-de-Calais" d’après les indications de Brigitte Lamy, procureure de la république de Béthune, certaines ayant été entendues le lendemain des faits. Deux jeunes majeurs ont donc été conduits devant le juge ce mercredi 10 septembre pour mise en examen. Huit autres suspects, interpellés aussi le mardi 09 septembre, ont été relâchés. Mais les investigations qui les concernent se poursuivent encore, d’après les déclarations de Jean-Michel Cédé, commandant la section "recherches" de la gendarmerie lilloise.
Des résurgences nazies s’amplifient dans les sectes
Le rapport de la Miviludes (1) remis au gouvernement en avril 2008 rendait compte des résurgences du nazisme incorporé dans les courants qui se réclament du satanisme, du paganisme ou de Lucifer... Ces différents mouvements concerneraient environ 25 000 personnes dont 80% de moins de 21 ans. Tous ne sont pas sensibles à cette propagande, mais on en observe déjà les dégâts. L’accroissement du phénomène sectaire, depuis le rapport de 2004, fait apparaître 92 cas de profanations recensés de janvier à novembre 2007, à savoir une augmentation de 300% sur les trois dernières années. Un problème d’autant plus consternant qu’on constate une moyenne d’un cas de profanation par jour en avril 2008. Ainsi l’incitation à la haine raciale s’ajoute au mal-vivre récupéré par d’habiles "initiateurs".
On rappellera qu’en juin 2007, Libération relatait le procès de jeunes bretons impliqués dans des profanations, expliquant leur volonté de "laver la terre d’Armorique des intrus qui y avaient pris place, sans le moindre respect pour nos racines celtiques"… Avant de brûler une chapelle classée monument historique. (2) On se souviendra aussi qu’en février 2004, huit membres d'un "réseau de satanistes néo-nazis" ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Toulon pour "diffusion d'une revue exhortant à la haine raciale et l'antisémitisme, et profanation de sépultures". (3)
Au-delà de l'indignation générale que suscitent momentanément ces actes criminels, espérons que les actions liées au courant sectaire (4) seront considérées enfin comme un réel problème en France.
Nathalie Szuchendler
(1) http://www.miviludes.gouv.fr/-Rapport-2007-?iddiv=3
(2) http://www.liberation.fr/actualite/societe/263(4)437.FR.php
(3) http://pagesperso-orange.fr/felina/doc/just/neo_nazis.htm
(4) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/02/20/1935-elysee-les-sectes-sont-un-non-probleme
et aussi
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/02/24/1963-emmanuelle-mignon-l-eminence-de-sarkozy
dimanche 14 septembre 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
06 septembre 2008
Iran : quatre militantes féministes condamnées à la prison
Quatre féministes actives dans la campagne « un million de signatures pour changer les lois discriminatoires envers les femmes » lancée en août 2006 pour réclamer l'égalité des droits pour les deux sexes en Iran, ont été condamnées ce 03 septembre à six mois de prison ferme par le tribunal de Téhéran. Conformément aux préceptes de la jurisprudence islamique instaurée par la Constitution iranienne depuis octobre 1979, Parvin Ardalan, Maryam Hosseinkhah, Jelveh Javaheri et Nahid Keshavarz ont été accusées d'atteintes à la sécurité nationale par la diffusion de propagande contre l'Etat. On précisera qu'il s'agit d'une accusation régulièrement retenue par les autorités iraniennes pour stopper toute opposition politique au régime des mollahs.
Et c'est dans ce contexte de répression accrue contre les militants des droits humains et les défenseurs de la démocratie en Iran que les quatre féministes ont été arrêtées par des Gardiens de la révolution islamique. Leurs délits : avoir mis en ligne de la "littérature féminine totalement incompatible avec la morale islamique" sur des sites internet locaux qui publient aussi différents auteurs dissidents censurés par le régime du président Ahmadinejad. Par ailleurs, l'une des quatre féministes a été accusée d'avoir empoché "soixante quinze mille dollars" pour avoir notamment diffusé de la "propagande anti-iranienne à l'étranger" et des articles susceptibles de "porter atteinte à la sécurité" du régime des mollahs...
Nahid Keshavarz est aussi membre du centre culturel des femmes en Iran et avait été arrêtée le 4 mars 2007 avec 23 autres femmes. Elle avait été libérée sous caution après 48 heures passées en prison. S'agissant des "un million de signatures", "notre souhait principal dans cette campagne est de vulgariser les discours égalitaires concernant les rapports hommes/femmes. Cette campagne avec sa méthode de « face à face » passe par le dialogue avec les femmes et les hommes de la rue, dans les taxis, le métro, l’autobus, pour attirer l'attention des gens sur ces discriminations et inégalités. Les militant(e)s de cette campagne, quand elles/ils sont sur le terrain pour collecter des signatures, distribuent des plaquettes d’information pour favoriser la prise de conscience. Ces petits livrets sont même distribués aux personnes qui ne signent pas le document. L'objectif de cette campagne est de faire prendre conscience aux femmes de leurs droits. Certain(e)s signataires sont devenu(e)s de membres actifs de ce mouvement. Nous espérons donc que cette campagne suivra son chemin, pourra transformer les femmes et les hommes en militant(e)s des droits des femmes" indique N. Keshavarz en mai 2007 dans une interview au journal allemand Junge Welt (*)
Parvin Ardalan a déjà été condamnée trois fois pour ses activités à une peine de deux ans et demie de prison avec sursis plus six mois de prison ferme, ainsi qu'à une peine de deux ans avec sursis pour des motifs identiques. Lauréate du prix Olof Palme en 2007 pour son action en faveur des droits des femmes, le gouvernement d'Ahmadinejad lui interdit de quitter l'Iran pour se recevoir cette distinction à Stockholm en mars 2008.
Quand à Maryam Hosseinkhah et Jelveh Javaheri, elles ont été arrêtées fin 2007 pour avoir diffusé de soit-disantes contrevérités dans des articles publiés sur des sites féministes et libérées en janvier 2008 après avoir versé chacune une caution de l'équivalent de 5.300 dollars.
Jusqu'où le régime terroriste iranien poussera-t-il le bouchon - ou la corde - pour étouffer les mouvements féministes, syndicaux, estudiantins et des droits fondamentaux ? Pour ce second anniversaire de la Campagne pour l'égalité, Amnesty International demande une fois de plus au gouvernement iranien de stopper le harcèlement et l'emprisonnement de tous défenseurs des droits humains, et de procéder à la libération de tous les détenus incarcérés pour délit d'opinion.
Nathalie Szuchendler
(*) http://iranfeministe.online.fr/index.php?2007/05/23/10-parole-dune-militante-de-la-ca...
samedi 06 septembre 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
03 septembre 2008
Benoit XVI et la grenouille par qui arrive le blasphème
Le pape Benoit XVI a dénoncé le caractère blasphématoire d'une œuvre d'art exposée en Italie et figurant une grenouille crucifiée. Symbole traditionnel de la météo ou animateur-vedette d'un célèbre show télévisé, le batracien appelé "grenouille" a aussi fait l'objet d'une sculpture réalisée par l’artiste allemand Martin Kippenberger (1953-1997). L'œuvre représente en effet l'animal supplicié qui tire la langue en tenant une chope de bière dans une patte et un œuf dans l'autre. Censée représentée l'auteur, elle s'intitule “autoportrait de l’artiste en état de crise profond”. Exposée au musée d’art moderne de Bolzano, dans le nord-est de l'Italie, au début de l'été, ce sont les élus locaux de la ville, le ministère italien de la culture puis le pape qui ont été pris d'un coup de sang.
En mai dernier, le président de la région de Bolzano, Luis Durnwalder, avait demandé au musée de retirer la sculpture présumée provocatrice "dans une région à 99% catholique". Au mois de juillet Franz Pahl, un élu en état de choc, avait entamé une grève de la faim pour contester l'exposition de l'amphibien jugé blasphématoire dans le musée de sa ville. Aussi sous la pression d'élus locaux, l'œuvre exposée à l'entrée de la galerie a été transportée au troisième étage de l'établissement. La directrice du musée, Corinne Diserens, a néanmoins refusé de censurer cette production, évoquant une "instrumentalisation d'une œuvre à des fins politiques". D'autant plus qu’il était affiché une “note d’information” expliquant “la valeur artistique et le contexte où naquit l’ouvrage”. Sandro Bondi, ministre "berlusconien" de la culture, a jugé le 28 août que "non seulement cette œuvre blesse le sentiment religieux de nombreuses personnes qui voient dans la croix le symbole de l'amour de Dieu, mais elle offense aussi le bon sens et la sensibilité de ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce symbole". Et de conclure : "Je serais heureux que les institutions publiques ou financées par le public n'exaltent pas uniquement l'art désacralisé, les provocations inutiles ou le non-sens". Enfin l'évêque de Bolzano, Wilhelm Egger, s'était entretenu de l'affaire "de la grenouille" lors d'une rencontre avec Benoit XVI qui passait ses vacances dans la région... Le Vatican avait alors immédiatement contacté au mois d'août le gouvernement régional, pointant dans son courrier la peine provoquée par cette représentation auprès des croyants qui "voient dans la croix le symbole de l'amour de Dieu".
D’autres protestations se sont fait entendre en Italie, celles d’amateurs d’art et de créateurs, et visent à soutenir non seulement l’exposition en question, mais aussi la liberté d'expression menacée dans cette affaire apparemment anecdotique. Exhibée sans problème à Londres, Venise, New York et Los Angeles, puis en 2004 au musée de Laguna Beach en Californie, dans le cadre d’une exposition intitulée “100 artistes voient Dieu”, la sculpture de l'artiste polyvalent M. Kippenberger a ainsi jeté l'anathème dans la ville de Bolzano où l'on tente visiblement de limiter la vie d'une grenouille au cadre stricte du bénitier.
Nathalie Szuchendler
03 septembre 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
Paru dans Respublica N° 597
01 juillet 2008
Jérusalem : la gay pride sous protection policière
La 7ème édition de la Gay Pride à Jérusalem s’est déroulée le jeudi 26 juin sous un arsenal sécuritaire plutôt imposant. Deux mille hommes répartis sur les toits, les balcons, dans des hélicoptères ou des dirigeables étaient en charge de surveiller les quelques 2000 participants venus défiler pacifiquement dans les rues de la ville.
L’association Open House en médiatrice
L’atmosphère était beaucoup plus calme que les années précédentes, parfois ponctuées d’évènements dramatiques. Lors du quatrième défilé gay à Jérusalem en 2005, un ultra-orthodoxe avait poignardé deux participants. La cinquième Gay Pride s'était, elle, transformée en un rassemblement le 10 novembre 2006 dans un stade de la ville sous haute surveillance policière. La Gay Pride 2007, prévue dans les rues de Jérusalem, avait été annulée en raison de violentes manifestations générées par les milieux ultra-orthodoxes. Ils s'insurgeaient contre la profanation du "caractère sacré" de la ville par une manifestation "sodomite". Cette année, la vieille-ville de Jérusalem n’était pas non plus accessible au défilé parce qu’y résident les lieux saints de plusieurs grandes religions monothéistes. L’association de défense des homosexuels Open House, qui avait demandé une autorisation à la mairie de Jérusalem en bonne et due forme pour organiser la parade annuelle, entendait se donner les moyens de mettre en place une marche dans de meilleures conditions. La communauté gay souhaitant être totalement intégrée à la ville sainte, "cette année, nous avons voulu que le défilé se déroule sans violence", explique son directeur Yonathan Leibowicz, "l'Etat d'Israël est juif et démocratique, et nous voulons que ces deux termes ne soient pas contradictoires". Hormis quelques homophobes du quartier ultra -orthodoxe Mea Shearim, qui ont tenté de contre-manifester avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "don’t sodomize Jerusalem", la gay pride a pu, cette année enfin, se dérouler sans violence.
Quand les ultras-religieux et l’extrême-droite israélienne s’en mêlent
Mais l’opposition de certains religieux ultra-orthodoxes et de l'extrême droite ne s’était pas fait attendre. Au début du mois de juin, un conseiller municipal du parti Shaas s’est opposé à l’autorisation municipale de la marche. "Une tentative pathétique d'empêcher le défilé" a expliqué le conseiller municipal et leader de la communauté gay Itai Pinkas. L’extrême–droite s’est activée à faire légiférer selon les principes attribués au judaïsme. En effet, à la Knesset, des députés de droite et de partis religieux ont décidé de promouvoir un amendement à la Loi fondamentale de Jérusalem (adoptée en 1980 par la Cour suprême) pour interdire une Gay Pride dans la ville, cet ajout étant déjà passé en lecture préliminaire en 2007. La semaine dernière, c’est le National Jewish Front qui a demandé l'interdiction de la manifestation LGBT. Cette organisation d'extrême droite, qui considère la marche des fiertés comme "une provocation", a été fondée en janvier 2004. Son leader Itamar Ben-Gvir est un ancien membre du parti Kach banni de la Knesset en 1986 et dissous en 1994.
Mais d’autres organisations ont fait entendre leur voix. Au milieu des flags, des ballons, des casquettes, des keffiehs à damiers rouge et blanc et des kippas aux couleurs arc-en-ciel, des membres du Meretz étaient présents à ce rassemblement. "Je suis venu soutenir les manifestants et m'identifier à leurs objectifs : leur lutte ne concerne pas seulement la communauté gay, mais l'ensemble de la société pluraliste d'Israël" précise Haïm Oron, le président de ce grand parti de gauche.
Nathalie Szuchendler
Voir aussi :
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/02/17/1184-mariage-homosexuel-les-propos-du-rabbin-wertenschlag
mardi 01 juillet 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
28 juin 2008
Etats-Unis : plus de peine capitale pour les violeurs d’enfants
La Cour suprême des Etats-Unis a tranché ce mercredi 25 juin 2008 en ce qui concerne la condamnation à mort d’un violeur en Louisiane. Par cinq voix contre quatre, la jurisprudence américaine a cassé le jugement de la Cour s’est en effet prononcée contre la peine capitale en cas de viol sur mineur de moins de 13 ans. Elle considère comme inconstitutionnel le fait de faire la appliquer "pour le viol d'un enfant lorsque le crime n'a pas entraîné la mort et n'avait pas pour but d'entraîner la mort". Et il est apparu arbitraire pour les juges de poser un listing de circonstances aggravantes qui pourrait légitimer la peine de mort pour ce type de criminalité. D’autant plus que la Constitution interdit les peines "excessives, cruelles ou inhabituelles" par son 8ème amendement.
Une législation plutôt élastique
Les violeurs d’enfants pouvaient être condamnés à des peines minimales de 25 ans d’emprisonnement ou à la condamnation à mort comme dans cinq états nord-américains, à savoir la Louisiane, le Montana, l'Oklahoma, la Caroline du Sud et le Texas. Premier état à adopter cette mesure à l’encontre des violeurs d’enfants en 1995, la Louisiane était aussi le seul à l’utiliser. Un homme a été condamné il y a quelques mois pour avoir agressé sexuellement et à plusieurs reprises la petite fille de ses voisins en 2004. Il attendait sa sanction dans le couloir de la mort, au même titre que Patrick Kennedy condamné par la Cour suprême de cet état pour avoir violé la fillette de sa compagne en 1998.On soulignera qu’en matière de peine capitale, le Texas dont est issu George W. Bush procède à lui seul à plus de la moitié des exécutions du pays. La Virginie arrive en seconde position avec cent exécutions depuis 1976, tandis que quarante-quatre des cinquante états américains interdisent la peine de mort pour viol d'enfant ou d'adulte.
Ne pas exécuter le "mauvais" coupable
Face à la décision de la Cour suprême, les deux candidats à la présidence rivalisent dans l’indignation, l’enfance en écharpe et la vengeance en drapeau… Malgré le moratoire des exécutions de l’année 2000 en Illinois, décrété par l’ancien gouverneur républicain George Ryan, le candidat John McCain proteste avec véhémence contre l’invalidation de la sanction concernée. Le démocrate B. Obama ne se fend pas non plus en partisan de l’abolition. "Le viol d’un enfant est un crime odieux qui mérite la peine de mort ! " s’indigne-t-il. "J’ai dit à plusieurs reprises que je pense que la peine de mort devrait être autorisée dans un nombre très limité de circonstances, pour les crimes les plus extrêmes. (…) Si un Etat décide que dans des circonstances réduites, limitées, et bien définies, la peine de mort est au moins potentiellement applicable, ça, ça ne viole pas notre Constitution". Et d’avoir prôné un encadrement "pour s’assurer que la peine de mort y est appliquée avec prudence et de façon appropriée". Fraîchement élu sénateur de l’Illinois, Barak Obama avait fait adopter un projet de loi élargissant la peine capitale aux meurtriers de personnes âgées parce qu’ "il y a des crimes extraordinairement atroces – le terrorisme, le mal fait à des enfants – pour lesquels la peine de mort peut être appropriée". Bien qu’il pointe le caractère raciste du système judiciaire qui, en Caroline du Sud par exemple, fait arrêter noirs et blancs selon des critères différents et condamner à des sentences différentes pour le même crime, le candidat démocrate ne se démarque pas de Clinton dont la présidence n’a pas vraiment fait reculer le nombre d’exécution. Depuis son deuxième mandat en 1996, le taux annuel de condamnation mortelle avait quasiment doublé jusqu’à ce la Cour suprême rende illégales les exécutions de mineurs et de déficients mentaux en 2005. On se rappellera que pendant sa campagne en 1992, le candidat Bill Clinton avait présidé à l’exécution en Arkansas du criminel reconnu mentalement déficient Ricky Ray Rector.
Les Etats-Unis restent en tête des Etats qui pratiquent la peine de mort, aux côtés de la Chine et de l’Iran. Depuis son rétablissement en 1976, le bilan de trente années de justice présente deux millions de détenus dans les prisons nord-américaines, deux autres millions sous surveillance juridico-policière et près de trois mille cinq cents prisonniers dans le couloir de la mort. Selon Amnesty International, non seulement la peine capitale "frappe souvent de manière disproportionnée les plus pauvres, les plus faibles et les personnes marginalisées", mais elle constitue "le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit. Elle n’a pas sa place dans un système judiciaire moderne".
Nathalie Szuchendler
Samedi 28 juin 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
24 juin 2008
Autriche : un nazi sous la protection de Jörg Haider
Utilisant le pseudonyme de Georg Aschner, l’ancien chef de la police oustachie a été identifié à l’occasion de l’Euro 2008 le jeudi 12 juin. Ce résident de la province autrichienne de Carinthie depuis 2006, avec l’accord du gouverneur Jörg Haider, était venu assisté au match Allemagne-Croatie à Klagenfurt en tout anonymat. Mais il a été repéré sur un cliché au milieu de badauds photographiés par un reporter du quotidien britannique The Sun.
Un responsable nazi de déportations en Croatie
Membre actif du régime croate dirigé par le fasciste Ante Pavelic pendant la 2ème guerre mondiale, responsable de la déportation de centaines de juifs, Serbes, Tziganes et communistes croates en tant que chef de la milice nazie dans la ville de Požega entre 1941 et 1942, Milivoj Asner n’affiche aucun état d’âme quant à son passé. "Je ne connais personne qui ait été déporté à partir de Požega. Personne n'a été assassiné. Je n'ai jamais entendu parlé d'une seule famille qui ait été assassinée à Požega" déclare-t-il tout en affirmant aussi : "Je n'ai rien à voir avec ces déportations. Je ne disposais pas de suffisamment de responsabilités pour en ordonner". (1). Et lorsqu’il en admet l’existence, c’est pour prétendre que les populations concernées étaient conduites "seulement vers leur pays d'origine et non pas vers des camps d'extermination". (2) "Il n'arrivait jamais rien à quelqu'un qui était un citoyen loyal de l'Etat croate. Pour les autres, ma théorie était la suivante : vous n'êtes pas croate, vous détestez la Croatie, d'accord, mais s'il vous plaît retournez dans votre pays". (3)
Alors qu'un mandat d'arrêt international a été émis à son encontre par Interpol (4), le croate Milivoj Asner a été inculpé pour crimes de guerre, génocide et crime contre l’humanité en 2005 par la justice de son pays et figure sur la liste des quatre criminels nazis les plus recherchés. Mais l’Autriche conteste son extradition en arguant l’état de santé défaillant de l’assassin. Le jugement est attendu par les victimes croates et leurs familles pendant que le gestapiste coule des jours heureux avec sa seconde épouse, sous l’identité d’un vieux monsieur tranquille que protège le gouvernement autrichien du chancelier Alfred Gusenbauer.
Abrité sous le parapluie autrichien
Aux dires de l’ex-président du Parti de la liberté (FPÖ)-une formation d’extrême droite aux relents antisémite et xénophobe, Asner serait dans l’incapacité mentale d’affronter un interrogatoire, une extradition ou un procès. "Il vit tranquillement parmi nous depuis des années et il devrait pouvoir vivre le crépuscule de sa vie avec nous" déclare Jörg Haider au journal "Der Standard" (5). La ministre de la Justice Maria Berger a, elle, tenté d’arguer au sujet de la nationalité autrichienne du fantôme Georg Aschner pour empêcher son extradition vers la Croatie, avant d’admettre qu’il est citoyen croate. Le tribunal de Klagenfurt en 2007 statue enfin sur la fragilité psychique du vieux nazi ne permettant ni interrogatoire, ni procès. Serge Klarsfeld désigne l’Autriche comme un "refuge pour les criminels de guerre présumés" qui "a l'habitude de fermer les yeux", tandis que l’examen médical est contesté par Efraim Zuroff du Centre Simon Wiesenthal ainsi que par Gerhard Tuschla, un journaliste de la chaîne publique autrichienne ÖRF s’étant entretenu avec Asner.
Venu soutenir son équipe fétiche au Wörthersee Stadion de Klagenfurt et trinquant avec des supporters croates à l’occasion de l’Euro 2008, le "sénile" Milivoj Asner aura donc fait une apparition publique en pleine possession de ses moyens aussi bien mentaux que physiques.
Nathalie Szuchendler
(1) http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1212659753870&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull
(2) http://fr.news.yahoo.com/euronews/20080620/twl-le-criminel-de-guerre-nazi-milivoj-a-115566a.html
(3) http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3214,50-1061232,0.html
(4) http://www.interpol.int/public/Data/Wanted/Notices/Data/2005/23/2005_29623.asp
(5) http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/europe/20080621.FAP0924/af...
mardi 24 juin 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
16 juin 2008
Indonésie : le gouvernement s'incline face à la pression islamique
Le gouvernement indonésien mené par le président Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé le lundi 09 juin qu'il limiterait les pratiques cultuelles du mouvement religieux “Ahmadiyah” (1), apparenté à un islam pacifiste réformé et comptant environ 200 000 membres dans le pays, mais considéré comme une secte. Le 16 avril dernier, le “Bakor Pakem” (Bureau de coordination pour la surveillance des croyances mystiques dans la société, composé de fonctionnaires des ministères de la Justice, des Affaires religieuses et de la Police Nationale) avait déjà jugé la congrégation ahmadie d’ “hérétique” après une enquête trimestrielle menée auprès de 55 communautés appartenant à cette mouvance. Désormais, il lui est interdit de “diffuser des interprétations et de se livrer à des activités qui dévient des principaux enseignements de l'islam”. Le gouvernement somme aux adeptes de l’Ahmadiyah de pratiquer leur culte de manière non prosélyte et strictement privée, conformément aux revendications des intégristes musulmans du pays. Le 28 avril, l’une des mosquées ahmadies a d'ailleurs été incendiée par un groupuscule islamique dans l’ouest de Java. Les pratiquants ont fini par demander protection auprès de la police. La Fondation pour l'aide juridique en Indonésie (YLBHI) en a alors carrément appelé à la dissolution du Bakor Pakem comparé à l’ “ordre nouveau”, une série d’institutions totalitaires mises en place par le dictateur Soekarno entre 1966 et 1998. A Jakarta le mardi 06 mai, une manifestation réunissant des ahmadis, des musulmans modérés et des chrétiens réclamait la protection de la liberté de culte et de religion en Indonésie. Mais le dimanche 01 juin, ce sont des centaines d'islamistes qui ont attaqué un rassemblement de l'Alliance nationale pour la liberté de religion et de croyance venu soutenir l'Ahmadiyah sur l'esplanade du Monument national, dans la capitale. Environ 500 membres du Front des défenseurs de l'islam (FPI) les ont agressés à coups de bâtons jusqu’à l’intervention d’une cinquantaine de policiers. Le lundi 09 juin, une manifestation d’intégristes musulmans à Jakarta exigeait purement et simplement la dissolution de l’Ahmadiyah, déjà sommée de suivre ses us et coutumes “chez elle” !
Un pluralisme religieux particulier mais en danger
L’Indonésie qui reste le seul pays musulman à sauvegarder une sorte de pluralisme religieux, est inquiétée par une vague intégriste qui balaie le pays depuis une dizaine d’années. La frontière entre la religion et l’Etat y est d’ailleurs assez floue. L’archipel est républicain mais l’un des principes de la république indonésienne, constituée depuis la déclaration d’indépendance de 1945, reste la croyance en un dieu unique. L'article 29 de cette constitution garantit la liberté de culte et ne se réfère à aucune religion. Mais si les Indonésiens sont libres d’être pratiquants ou non, l’athéisme est proscrit et la mention d’une appartenance religieuse est obligatoire sur les cartes d’identité. Un recensement de 1998 (2) fait état de 88% de musulmans, 5% de protestants, 3% de catholiques, 2 % d’hindouistes et 1% de bouddhistes, 1% de juifs et chrétiens orthodoxes. Sur 200 millions d’habitants, l’islam concerne aujourd’hui près de 90% d’indonésiens et reste marqué par les particularismes de l’archipel où étaient pratiqués majoritairement des cultes hindo-bouddistes jusqu’au XVIème siècle. Les classes moyennes urbaines sont assez proches de l’orthodoxie islamique tandis que les campagnes restent traditionnelles. Sumatra et Célèbes respectent les préceptes du coran avec rigueur, Java est attachée aux pratiques mystiques. Deux organisations musulmanes structurent la société indonésienne : la Nadhlatul Ulam relayant l’islam traditionnel, et la Muhammadiyah représentant l’islam orthodoxe de la sunna. Aucune des deux ne soutient l’Ahmadiyah et trouve même légitime qu’on sanctionne cette mouvance…Tandis que les actions de groupes radicaux islamiques s’amplifient en Indonésie, réclament l’application de la charia et s’en prennent aux minorités chrétiennes accusées de conspirer contre l’islam.
De possibles menaces sur les minorités religieuses
Le mardi 11 juin, les responsables de l'Ahmadiyah ont déclaré leur opposition au décret et souhaitent le contester en justice. Plusieurs représentants musulmans se sont indignés de cette décision et craignent que la liberté de culte en Indonésie ne soit limitée aux préceptes rigoureux de la charia. Lutfi Assyaukani, directeur d'un centre d'études sur l'islam libéral, atteste du caractère anti-constitutionnel de la décision gouvernementale à l’égard de l’Ahmadiyah, tandis que le juriste Adnan Buyung Nasution y voit le “début d'un conflit entre les Indonésiens qui veulent conserver un Etat séculaire, une société ouverte et démocratique, et ceux qui veulent forcer le pays à devenir un pays islamiste”. L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) demande l’annulation du décret à l’encontre d’ “une minorité religieuse” que “le gouvernement devrait protéger”. Fadjroel Rachman, de l'Alliance pour la liberté de religion et de croyance, rappelle l’oppression dont ont toujours été victimes les ahmadis et qui risquent de se multiplier. De manière générale, les défenseurs des droits humains en Indonésie dénoncent l’escalade à l’intolérance confessionnelle annoncée par cette nouvelle mesure, dont les cultes minoritaires pourraient faire directement les frais.
Nathalie Szuchendler
(1) Fondé en 1889 à Qadian, au Pendjab (dans l'actuel Pakistan) par Mirza Ghulam Ahmad (1839-1908), le mouvement est considéré comme une secte déviante de l'islam par les musulmans orthodoxes. Au Pakistan ou au Bangladesh, ils font l'objet de brimades ou de persécutions ouvertes (voir EDA 218, 265, 296, 329, 407). Les ahmadiyas (ou ahmadiyah, ahmadi) tiennent leur fondateur pour le mahdi, celui que certains musulmans attendent et qui apparaîtra à la fin des temps. Présent en Indonésie depuis 1925, le mouvement y est divisé en deux branches : le Jamaah Ahmadiyah Indonesia (JAI), connu aussi sous le nom d'Ahmadiyah Qodiyani, et le Mouvement indonésien des Ahmadiyah (GAI), également désigné sous le vocable Ahmadiyah Lahore. Pour le JAI, Mirza Ghulam Ahmad est le dernier prophète après Mahomet ; pour le GAI, Mirza Ghulam est seulement un réformateur de l'islam.
2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_Indon%C3%A9sie#cite_ref-0
Voir aussi
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/10/31/1796
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/10/31/1795
lundi 16 juin 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
24 mai 2008
Benoît XVI et l’évangélisation
C'est en recevant, ce samedi 17 avril, le conseil supérieur des Œuvres pontificales missionnaires (1) que Benoît XVI a rappelé le devoir - hérité de Jésus d'après les Evangiles – de chacun des croyants de participer à la conversion de tous les êtres humains au christianisme. En effet, les 120 directeurs des Œuvres Pontificales Missionnaires se sont réunis à Rome pour leur conseil supérieur annuel qui se déroule du 15 au 21 mai 2008. L’occasion fut donnée au pape de saluer l’un des organismes de la curie romaine dans sa fonction d’évangéliser “le peuple jusqu’aux extrémités de la Terre” (2)
L’appel pour la paix inter-religieuse de 2007
En octobre 2007, un appel pour la paix était lancé à l’occasion de la IIIème rencontre internationale "Hommes et religions" de la Communauté de Sant’Egidio à Naples (3), où les termes paraissaient explicites : "Nous nous engageons à chercher et à proposer à nos coreligionnaires l’art du vivre ensemble. Ce n’est qu’ainsi que l’unité de la famille humaine sera préservée. Il faut des bâtisseurs courageux dans toutes les cultures, dans toutes les traditions religieuses. Nous avons besoin de la mondialisation de l’esprit qui fait voir ce que l’on ne voit plus, la beauté de la vie et de l’autre, dans toutes les circonstances, même les plus difficiles. Nos traditions religieuses nous enseignent que la prière est une force historique qui fait bouger les peuples et les nations. Humblement, nous mettons cette sagesse ancienne au service de tous les peuples et de tout homme et de toute femme, pour ouvrir un nouvel horizon libéré de la peur et du mépris de l’autre." Benoît XVI avait d’ailleurs salué les "délégations venues de différentes parties du monde pour participer à la Rencontre internationale pour la Paix…" (4) Si le discours laissait entrevoir une vision du monde plutôt communautaire et confessionnelle, le respect des différences culturelles et des coutumes semblait dominer cet appel.
Le devoir de convertir : un droit immuable
Or pour Benoît XVI et le Saint-Siège, il n’est pas question de s’éloigner d’une mission fondamentale capable de parer aux fléaux de toute sorte, aux problèmes sociaux et à la maladie, à l’apocalypse ! Aussi le pape rappelle-t-il à Munich en octobre 2007, lors de son voyage en Bavière, que "l'Église catholique n'est pas une ONG" et "l'évangélisation doit avoir la priorité" (5) Dans une "note doctrinale" du 14 décembre 2007, le Vatican précise à nouveau la mission donnée à tous les croyants “adeptes de Jésus” d'évangéliser les non-catholiques. Adapté à une époque qui voit grandir les avancées des droits fondamentaux pour chaque être humain, la libération des femmes du joug patriarcal, l'affirmation du principe de séparation des sphères cultuelle et politique, cette prescription catholique se transforme en un "droit imprescriptible" au nom de la liberté religieuse "avec ses dimensions éthiques, sociales et politiques" de convertir "toutes les nations" non-chrétiennes et non-catholiques. Tout en revendiquant la volonté de proposer aux brebis égarées de renaître et la nécessité de sauver l’humanité du mal, Benoît XVI se défend de pratiquer du prosélytisme. Sous prétexte que "les deux mots clé de l’évangélisation sont : annonce et dialogue." "car le monde n’est plus uniforme." "Ainsi, en nous, la foi devient raison, elle devient raisonnable. La méditation de l’Evangile et ici l’annonce, l’homélie, la catéchèse, pour rendre les personnes capables de penser la foi, sont déjà des éléments fondamentaux dans ce mélange entre dialogue et annonce" (6)
Alors que chacun de ses voyages, que ce soit en Amérique latine, au Brésil, en Allemagne, en Autriche, aux Etats-Unis, lui permet de divulguer avec force la doctrine de l'Eglise et d'invoquer sa vocation missionnaire en guise de solution aux problèmes économiques et sociaux qui peuvent gangrener certaines populations. Est-ce un "droit imprescriptible" de condamner l'utilisation du préservatif face au VIH considéré comme un "châtiment divin" ? De fustiger l'avortement jusqu'à demander de sanctionner Amnesty International pour sa prise de position en faveur de la dépénalisation de l'IVG ?
L’évangélisation plutôt que l’autonomie de chaque humain
La religion plutôt que le social reste le credo incontournable de l’idéologie évangélisatrice construite par le Vatican, en direction de sociétés dont il considère qu’elles nécessitent l’action de prêtres plutôt que d’éducateurs et de personnels soignants, la prière et l’austérité en guise de substitut économique. D’autant plus qu’en appelant à l’expansion légitime de l’Eglise via chaque catholique, l’ancien cardinal Joseph Ratzinger réitère une vision particulière du "vivre-ensemble" inter-religieux où l’égard pour les autres confessions courtise le béguin pour les âmes perdues.
Nathalie Szuchendler
(1) www.mission.cef.fr/rubrique1.html : "Les Œuvres Pontificales Missionnaires – Coopération Missionnaire sont un service de l’Eglise catholique qui a pour objectif de développer l’animation missionnaire des communautés et de favoriser les échanges entre les communautés d’ici et d’ailleurs, par la prière, par l’information sur la vie des Eglises locales, par l’envoi et l’accueil de témoins au service de la Mission, par le partage financier entre Eglises du monde. Plus de 1500 diocèses sur les 5 continents reçoivent, par les Œuvres Pontificales Missionnaires Internationales, l’aide nécessaire à leur mission d’évangélisation."
(2) http://mission.cef.fr/article2138.html
(3) http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/11/03/1803-une-rencontre-inter-reli.
(4) http://www.zenit.org/article-16455?l=french
(6) http://news.catholique.org/15493-benoit-xvi-comment-evangeliser-en-terre-de
Voir aussi :
- http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/05/24/1602-les-conseils-de-benoit-xvi-profiter-de-l-immigration-pour-evangeliser
- http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2006/09/21/863-quelques-remarques-au-sujet-du-pape-de-l-islam-et-du-figaro-fiammetta-venner
samedi 24 mai 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/05/24/2006-benoit-xvi-et-levangelisation
19 mai 2008
La Californie légalise le mariage homosexuel
Adopté par quatre voix contre trois, le mariage homosexuel a été officialisé en Californie jeudi 15 mai 2008. La Cour suprême californienne a en effet statué sur l'interdiction du mariage entre couples de même sexe et conclu au caractère inconstitutionnelle de cette prohibition qui déniait un droit civique fondamental à une partie des résidents californiens. Le délai d'application de la loi étant de trente jours, les couples gay et lesbiens se sont alors précipités à la mairie de San Francisco pour s'inscrire sur les registres des prochaines célébrations. La cour suprême de Californie est visiblement considérée comme novatrice au niveau de l’application de la législation, d'autant plus que cet état comptent près de 37 millions d'habitants, c'est-à-dire environ un huitième de la population nord-américaine.
La désobéissance du maire Gavin Newson en 2004
Membre du parti démocrate, le nouveau maire de San Francisco prit position en faveur du mariage entre homosexuels en février 2004 en décidant de lancer une campagne de désobéissance civile face à la loi qui, née d’un référendum dans l’année 2000, interdisait le mariage aux couples de même sexe. La procédure fut ensuite invalidée par la justice et l'affaire portée jusqu'à la cour suprême de Californie qui avait annulé quelques 4 000 mariages célébrés par la municipalité de San Francisco, estimant qu'elle avait outrepassé ses droits. Mais la Cour avait arbitré sur la forme et non sur le fond du questionnement posé à la société américaine : un mariage limité à l'union de personnes des deux sexes pouvait-il être considéré comme discriminatoire ou non. Le plus haut tribunal de l'Etat de Californie vient ainsi de donner raison à plusieurs plaignants, dont la Ville de San Francisco, qui estimaient discriminatoires les dispositions du Code civil définissant le mariage comme étant une union entre un homme et une femme. Les juges ont aussi estimé que les unions civiles prévues par la législation locale ne pouvaient en aucun cas se substituer au cadre social du mariage.
Le gouverneur se garde d’approuver les opposants provie
Jadis opposé au mariage gay, le gouverneur Arnold Schwarzenegger entend respecter "la décision" des magistrats qui "garantit aux couples homosexuels les droits constitutionnels reconnus aux couples hétérosexuels de choisir un partenaire pour la vie et de s'engager avec cette personne dans une relation familiale officiellement reconnue et protégée". La prise de position plutôt soft de l’ancien acteur est d’autant plus commode que six des sept juges de la Cour suprême de Californie ont été nommés par des conservateurs. Matt Barber, le responsable culturel de l’association conservatrice "Concerned Women for America" (Femmes responsables d’Amérique), juge le mariage homosexuel comme "une contrefaçon" où "utiliser les enfants comme cobayes d’expérimentations sociales de San Francisco est déplorable". Le CWA a fait savoir qu’il préparait un amendement constitutionnel défavorable à cette décision. Ce texte pourrait réunir assez de signatures conservatrices et religieuses pour être soumis à un possible référendum d’ici le mois de novembre, en pleine période de campagne présidentielle …
Un décision historique
Le maire de la ville d’Hollywood, Jeffrey Prang, a salué un "jour historique, pas seulement pour la Californie, mais pour le pays. "Grâce à cette décision, la communauté homosexuelle, lesbienne, bisexuelle et transsexuelle peut commencer à voir le bout du tunnel dans notre mouvement pour les droits civiques" a-t-il témoigné. Le Massachusetts était le seul état de la fédération où les mariages homosexuels étaient légalisés, tandis qu’une forme d'union civile qui n’incluent pas les garanties légales du mariage est reconnue dans le Connecticut, le New Hampshire, le New Jersey et le Vermont.
Shannon Minter, avocate du Centre national pour les droits des lesbiennes a estimé que "la Californie a donné le ton, et cela va avoir un effet énorme dans tout le pays pour obtenir une tolérance bien plus grande des couples gays et lesbiens". Pour G. Newsom, "quand la Californie bouge, le reste du pays bouge aussi".
Nathalie Szuchendler
Voir aussi http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/?q=mariage+homosexuel
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2005/06/30/334
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/11/03/1804
lundi 19 mai 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
10 mai 2008
Un ancien élu du FN incarcéré pour proxénétisme
Jean-Michel Vicq, ancien élu du Front national à Crépy-en-Valois (Oise) et retraité de la police nationale, cogérait un club dit "échangiste" depuis 2002 à deux pas du Moulin Rouge, dans le IX ème arrondissement parisien. Au terme d’une enquête menée par la brigade de répression du proxénétisme (BRP), le célèbre "Sultana" qu’il menait de main de maître avec son associé Jean-Pierre Thomas, 57 ans, s’est avéré dissimuler une maison close. Les deux compères interpellés en 2006 par la BRP, laissaient allègrement entrer des hommes seuls pour la somme de 100 euros en espèces, les couples réglant les 50 euros contractuels. Des hôtesses besognaient en direction de ces solitaires demandeurs de massages à caractère sexuel qui faisaient l’objet d’une tarification. Ce boudoir accueillait aussi des prostituées en provenance des bars voisins, sous les consignes dépensées par les deux proxénètes. Dans le cadre de cette enquête, on apprendra que le père de famille Jean-Michel Vicq testait lui-même des futures employées pour son entreprise qui sévissait depuis 2003. Le temps de prouver ses capacités de management et d’empocher avec son associé quelques 200 000 euros sur les 10 000 perçus par mois.
Vicq et Thomas ont été jugés ce mercredi 07 avril 2008 devant la 14 ème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour proxénétisme aggravé. S’il comptait arrondir ses fins de mois, l’ancien mandaté frontiste risque dix années d'emprisonnement après avoir pratiqué la "traite des femmes".
Nathalie Szuchendler
samedi 10 mai 2008
Article Nath Szuchendler consultable in
