03 mars 2008
Le régime iranien interdit à une journaliste de recevoir un prix à l'étranger
Ce matin, 3 mars 2008, au moment où elle devait s'envoler vers Stockholm pour recevoir le prix « Olof Palme » qui lui a été attribué le mois dernier en raison de ses activités de défense des droits humains, Parvin ARDALAN, journaliste, féministe et membre active de la campagne « Un million de signature pour l'abrogation des lois discriminatoires envers les femmes en Iran », a été contrainte par les agents de l'ordre de la République islamique de descendre de l'avion. Selon les dernières nouvelles en provenance de Téhéran, le passeport de Parvin Ardalan a été confisqué et elle doit maintenant s'adresser à l'institution concernée pour « clarifier son dossier ».
Cet acte vise à faire taire les membres des mouvements de la société civile en Iran. Il s'agit ainsi de jeter le voile sur les femmes militantes comme Parvin ARDALAN pour que la voix des femmes iraniennes revendiquant la liberté et l'égalité ne retentisse sur la scène internationale.
Nous nous adressons aux institutions qui défendent les droits humains, aux organismes qui soutiennent les luttes des femmes pour la liberté et l'égalité, et aux médias pour que chacun informe l'opinion publique de cette situation et fasse pression sur le régime iranien afin que Parvin ARDALAN puisse se rendre avant le 6 mars 2008 à Stockholm et participer à la cérémonie du prix « Olof Palme ».
Le réseau international de solidarité avec les féministes en Iran
www.iran-women-solidarity.net – http://iranfeministe.online.fr
Contact : iran.feministe@gmail.com|iran.feministe@gmail.com
26 février 2008
"Certifiées vierges" : un reportage à ne pas manquer
Jeudi 28 février à 20h50, Envoyé Spécial (France 2) diffusera un reportage de Caroline Fourest, Fiammetta Venner et Valérie Lucas à ne pas rater.
Aujourd’hui en France, des femmes ont recours à une opération pour recoudre leur hymen. A la demande de leur famille, certaines vont trouver des gynécologues pour obtenir un certificat prouvant leur virginité.
Elles sont en majorité musulmanes mais pas toutes. Elles ne sont pas forcément pratiquantes. Mais elles n’ont qu’une obsession : faire semblant d’être vierges pour ne pas être jugées par le regard des autres. A commencer par leur famille, qui menace de couper les ponts si elles ne sont pas "intactes".
Faut-il blâmer la tradition, la religion, le sexisme ou le qu’en dira-t-on ? Quelle doit être l’attitude des médecins ? Accompagner au risque de cautionner ? Ou interdire au risque d’abandonner ces femmes au jugement familial ?
Loin des explications simples, ce reportage — particulièrement difficile à réaliser — plonge délicatement au cœur de l’intime et des tabous. Il nous raconte ce « piège pour filles » que constitue la vérification de la virginité.
10 octobre 2007
Féminisme et bénitier
L’Eglise catholique a décidé de consacrer un congrès au rôle de la femme.
Quand le Vatican s’occupe des femmes, c’est pour interdire: la contraception, l’avortement, la prêtrise, le mariage avec des prêtres … Que faire de plus. Exiger qu’elles se voilent et qu’elles ne prennent pas la parole en public, comme l’exigeait Saint Paul ? Nous aurons la réponse lors du congrès que le Conseil pontifical pour les laïcs prépare pour célébrer Mulieris Dignitatem du 7 au 9 février 2008.
A en juger par l’intitulé du congrès, on pourrait presque croire que l’Eglise a fait son mea culpa : "Tout homme, toute femme fait partie de l’humanum". Reconnaissance tardive, mais Bienvenue. Au programme, des conférences sur "Jésus de Nazareth, Marie et les femmes dans l’évangile et dans la communauté des origines" ou "le christianisme et la promotion de la femme", des débats sur le rôle de la femme dans la transmission de la foi en Afrique, la protection de la dignité de la femme dans la société technologique et la société de consommation (Amérique du nord), sur la formation intégrale de la femme (Amérique Latine).
Ça se gâte lorsqu’on se penche sur le C.V de l’organisatrice : Rocío Figueroa, théologienne, docteur en christologie à l’Université pontificale grégorienne,et surtout membre de la Fraternidad Mariana de la Reconciliación. Une organisation pensée pour réévangéliser les catholiques séduits par les nouvelles églises. Parmi ses activités, on compte l’ "évangélisation de la culture", un barbarisme dont les lecteurs de Charlie connaissent les conséquences: lutte contre le blasphème, la pornographie dans la publicité, et les textes jugés non-chrétiens.
Les membres de la Fraternité vivent en communauté de fidèles et ne sortent que pour évangéliser les jeunes et les mécréants (les protestants). Selon Rocio Figueroa, "un des objectifs du congrès consistera à développer les nouveaux paradigmes culturels, comme la réduction de la féminité à un objet de consommation, l’idéologie du genre ou le refus de la maternité et de la famille, et la femme dans le monde du travail".
Belle langue de bois pour ramener la femme à sa fonction divine : enfanter en silence.
Fiammetta Venner
In Charlie-Hebdo du mercredi 10 octobre 2007
08 septembre 2007
Benoît XVI fustige l'avortement lors de son pélerinage en Autriche
Benoît XVI a une fois de plus attaqué le droit à l'avortement, qualifié de "contraire aux droits humains", lors de son pélerinage en Autriche.
D'après Rue 89, qui a consacré un reportage à cette visite, les déclarations politiques émaillant sa venue ont fait grincé bien des progressistes de ce bastions catholique perdu un million de fidèles depuis la visite de Jean-Paul II en 1983.
Quelques jours avant sa venue, sur Radio Vatican, Edmond Fahrat, nonce apostolique du Vatican à Vienne, donnait le ton en s'élevant contre les interventions policères face aux manifestations anti-avortement dans les rues de Vienne : Une initiative malheureuse, selon Edmond Fahrat : "Quand des jeunes gens engagés veulent defendre la vie par des rassemblements pacifiques sont réduits au silence, la démocratie en prend un coup!"
Pas de quoi passionner les plus catholiques des européens. Selon un sondage récent, 40% des Autrichiens disent vouloir ignorer totalement la visite de Benoît XVI. Ils lui feraient moins confiance qu'au dalaï-lama.
30 juin 2007
Lettre à mes amis proches de Ni putes ni soumises ( Caroline Fourest )
Pour avoir simplement souhaité que le mouvement Ni putes ni soumises puisse s'émanciper de la tutelle de Fadela Amara (et de celle de Mohamed Abdi) pour rester crédible et libre de critiquer éventuellement la politique à venir, j'ai reçu plusieurs lettres assez enflammées.
Certaines sur le registre de l'affect, d'autres faisant preuve d'une confusion politique plus grave. En effet, les arguements invoqués pour justifier que l'on cesse de s'interroger sur l'entrée au gouvernement de Fadela Amara comme secrétaire d'Etat de Christine Boutin sont deux types mais relèvent du même registre :
1) Le féminisme est ni de droite, ni de gauche, il serait donc "sectaire" de critiquer le ralliement de Fadela Amara à la politique de Christine Boutin concernant les quartiers populaires.
2) Critiquer l'entrée de Fadela Amara comme secrétaire d'Etat de Christine Boutin reviendrait à vouloir exclure les militants de droite de NPNS (il y en a quelques uns), ce qui serait encore une fois "sectaire" voire contradictoire avec une volontée affichée de "vivre-ensemble".
Petites précisions donc à l'intention des partisans du "Ni droite ni gauche" (un vieux slogan d'extrême droite désormais très mode) : personellement, je ne serais pas choquée si Fadela Amara était devenu secrétaire d'Etat de Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot, ni même si elle était devenue ministre dans un gouvernement Villepin, si elle avait une réelle marge de manoeuvre pour mettre en oeuvre une politique à la fois anti-intégriste et anti-raciste...
Mais qui peut croire sa décision anodine et sans effets sur la crédibilité de NPNS (censée défendre la laïcité et le féminisme pour tous !) lorsqu'elle devient numéro deux d'une ministre intégriste chrétienne, provie, antiféministe, qui croit que Bush est possiblement à l'origine des attentats du 11/09 et se rend volontier au congrès de l'UOIF pour appeler à une union sacrée des religieux contre la laïcité à la française !
Pas grave disent certains. Boutin n'est que ministre de la ville et non du Pacs... Mais c'est bien pire ! Boutin est ministre de la ville chargée de la politique concernant les quartiers populaires dans un gouvernement qui a choisi de restaurer le lien social grâce au religieux ! Or c'est cette politique que Fadela Amara cautionne d'ores et déjà en devenant secrétaire d'Etat d'un ministère dont le directeur de cabinet, formé par la Cité catholique, défend un intégrisme chrétien sexiste et homophobe.
Et que dire que la "marge de manoeuvre" ou de l'esprit critique de Fadela vis-à-vis de sa supérieur lorsqu'elle présente pudiquement Christine Boutin comme une "femme de coeur".
Cette phrase et cette caution relève d'un cynisme inouï aux yeux de ceux qui ont combattu et qui continuent de combattre les intégristes, qu'ils soient chrétiens ou musulman. Elle alimente l'idée d'un 2 poids 2 mesures (critique envers Tariq Ramadan mais complaisant envers Christine Boutin) propre à faciliter la propagande des islamo-gauchistes.
Vouloir nous faire croire qu'il faut absoudre les intégristes chrétiens, tout en pensant que l'on reste crédible face aux intégristes musulmans, relève au mieux de la naïveté. Comment peut-on critiquer les idiots utiles de l'islamisme et traiter de "sectaire" ceux qui tentent de faire preuve de la même vigilance face à l'intégrisme chrétien ? Simplement parce qu'ils se permettent d'alerter sur le sens ambigû d'un partenariat Amara/Boutin (sachant que Boutin est la chef d'Amara et non le contraire !)
Il y a quelques années, j'ai rompu avec plusieurs amis qui, après avoir combattu Christine Boutin à mes côtés, se mettaient à trouver Tariq Ramadan formidablement charismatique. Je suis prête à perdre ceux qui, après avoir combattu Tariq Ramadan à mes côtés, présentent Christine Boutin comme une "femme de coeur" formidablement sympathique. Car c'est vrai, Tariq Ramadan est charismatique et Christine Boutin est sympathique. Mais ce n'est pas le sujet ! Ma vigilance porte sur leur projets de société, convergents et à l'opposé de la France laïque et féministe dont je rêve. Je les combats tous deux pour les mêmes raisons. Et tant pis si l'époque veut nous faire croire que la fidélité à ses idéaux et à ses convictions est une forme de "sectarisme" démodé et archaïque. Mes convictions ne suivent pas les modes. Elles sont.
Caroline Fourest
Lire le compte-rendu "Ce qui s'est vraiment passé au Comité National NPNS du 23-24 juin 2007"
Lire la Mise au point entre ProChoix et la direction actuelle de Ni putes ni soumises
22 juin 2007
Communiqué de Ni putes ni soumises en colère
Fadela Amara n'a rien à faire dans un gouvernement dont la politique annoncée est d'ores et déjà responsable de la misère de nos cités !
Le choc est violent. La déception est immense. La blessure est profonde. Jamais nous n'aurions cru cela possible. Fadela notre camarade, notre amie, notre Présidente, a décidé de rejoindre un gouvernement de droite, présidé par Nicolas Sarkozy. C'est à peine croyable, pourtant la réalité est bien là.
Par ce texte nous voulons sortir un instant des réactions affectives et analyser la situation le plus objectivement possible.
Pour nous, comités locaux, responsables militants, bénévoles et sympathisants, la décision personnelle de Fadela Amara d'accepter, sans aucune concertation, la nomination au secrétariat d'Etat à la politique de la ville, ne devrait impliquer normalement en aucune façon le Mouvement Ni Putes Ni Soumises. Mais soyons sérieux, cette décision individuelle porte un rude coup à notre association et à notre combat commun. Ne pas le reconnaitre relève d'une grande hypocrisie. Si Fadela s'est vu proposer ce poste c'est parce qu'elle représente un combat collectif et non pour ses seules compétences personnelles. En acceptant de rejoindre ce gouvernement, Fadela Amara exprime publiquement que, selon elle, il y aurait une cohérence entre le combat qu'elle mène depuis 15 ans et son entrée dans ce gouvernement.
Nous pensons radicalement l'inverse.
Le mouvement Ni Putes Ni Soumises, dont Fadela Amara reste l'image emblématique, est né d'un formidable élan populaire en 2003 suite à la Marche des Femmes contre les Ghettos et pour l'Egalité.
Nous nous inscrivions comme les héritières des conquêtes féministes qui nous précédaient, nous permettant d'obtenir les droits à l'avortement et à la contraception.
Puis ensemble derrière NPNS, nombreuses sont les femmes à avoir manifesté leur volonté de briser la loi du silence et les différentes formes de violence qu'elles subissaient encore aujourd'hui, et notamment dans les quartiers. NPNS, après son Tour de France républicain et en soutenant le vote de loi de 2004 contre tout port ostentatoire de signes religieux dans les écoles publiques, s'est inscrit dans un combat féministe républicain et laïque, rejetant clairement l'affront des intégrismes de tout bord d'une part, et d'autre part défendant des valeurs progressistes et émancipatrices pour la condition des femmes et de la société dans son ensemble en refusant, au nom d'une tradition, le relativisme culturel.
Dans tous ces combats, et bien d'autres encore, NPNS a fait le lien entre l'oppression des femmes et les conditions économiques et sociales dans lesquelles les habitants des quartiers étaient plongés. Notre combat s'est toujours considéré comme la composante d'un tout, d'un combat global, pour l'émancipation de toutes et tous, pour une République sociale, féministe et laïque.
Ce gouvernement, en place depuis seulement quelques semaines, a pour sa part clairement annoncé ses objectifs : blocage du SMIC, "péage" pour l'accès à la santé, TVA sociale, cadeaux fiscaux pour les français les plus riches, restriction du droit de grève, expulsion de sans-papiers, etc. Un inédit Ministère de l'Immigration et de l'identité nationale a même été créé, dont la première proposition de loi vise à durcir les conditions de regroupement familial, à menacer les familles étrangères de supprimer leurs allocations familiales si leurs enfants ne se comportent pas bien. On pourrait ainsi allonger la liste.
Cette politique nous la connaissons depuis des années : c'est elle qui est responsable de la violence sociale et de la misère humaine qui se développe dans nos banlieues. Ce gouvernement ne rompt pas avec les politiques néfastes du gouvernement précédent. Il les amplifie, avec une politique toujours plus favorable aux puissants et toujours plus sévère avec les plus faibles. Le Président Sarkozy a fait campagne en disant que notre pays souffre d'un manque d'autorité, nous pensons avec détermination qu'il souffre d'un manque d'égalité.
Alors, qu'est-ce que Fadela vient faire dans cette galère ? Dans la presse, elle déclare : "J'ai accepté de rejoindre le gouvernement parce qu'on m'a assuré que ma liberté de parole serait respectée". Mais, que dit-elle dès à présent des premiers projets de loi présentés par le gouvernement dont elle est désormais membre ? Hélas, à notre connaisance rien. Et les silences d'aujourd'hui n'annoncent évidemment rien de bon pour la suite.
Nous sommes tristes de le dire mais Fadela Amara sera la "caution sociale" de ce gouvernement dont la politique est inspirée d'un libéralisme dur, qu'elle le veuille ou non, et même si elle exprime ses désaccords.
Non, vraiment, la décision de Fadela est intolérable parce qu'elle est incohérente avec tout ce qui a fondé nos combats passés.
Un dernier exemple illustre tragiquement cette incohérence. Le secrétariat d'Etat de Fadela est placé sous la tutelle de Christine Boutin, l’une des rares députés ouvertement provie. Christine Boutin a fait partie des marraines de la Trêve de Dieu, l'association qui faisait des commandos anti-IVG. Au moment des débats sur le PACS, Christine Boutin avait brandi une Bible à l’assemblée nationale. Farouchement opposée au principe de laïcité, Christine Boutin était invitée au congrès de l’UOIF (Frères musulmans) en 2006 au même titre que Hani Ramadan l’adepte de la lapidation des femmes adultères. C’est dire quelles sont les idées de Christine Boutin en matière de féminisme !
Alors non, la nomination de Fadela n'est pas une bonne nouvelle. C'est une tragédie.
Pour notre part, dans des conditions rendues plus difficiles, nous continuons notre combat.
Laïcité, égalité, mixité !!!
Signez cet appel en écrivant à cette adresse: npnsencolere@club-internet.fr
vendredi 22 juin 2007
in http://prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/06/22/1663-communique-de-ni-putes-ni-soumises-en-colere
20 juin 2007
Affaire Sohane : Brûlée, méprisée, oubliée
Le 04 octobre 2002, Sohane est aspergée d’essence et brûlée vive dans un local à poubelles de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. En 2006, Tony Rocca est condamné à hit ans pour complicité d’acte barbare. Il a fait appel. Le verdict a été rendu le 14 juin : dix ans. Patrick Klugman, avocat de la famille de Sohane aux côtés de Francis Spizner, revient sur ce procès en appel…
Marianne Dautrey : Comment Tony Rocca a-t-il pu faire appel ?
Patrick Klugman : C’est la question fondamentale. Tony Rocca a été condamné à huit ans, il en a fait cinq, durant lesquels il n’a pas eu de dossier disciplinaire : chaque année en détention lui a fait gagner environ trois mois de peine. S’il n’avait pas fait appel, il aurait été dehors dans les six mois ! On pouvait penser donc que sa demande d’appel était celle d’un homme voulant crier son innocence et être lavé. La question lui a été d’emblée posée par Francis Spizner, avocat de la famille de la victime. Or la réponse qu’on a entendue n’a pas été « je suis innocent », ni « j’ai compris que ce qui est arrivé est horrible », ni même « j’ai des choses à dire que je n’ai pas dit ». Non, ce qu’on a entendu a été une déclaration stupéfiante de celui qui a été le complice nécessaire, sans qui rien ne pouvait se faire : « Je n’ai pas tenu la porte. »
Et il a ajouté : « mais si Nono m’avait demandé de la tenir, je l’aurais tenue. Parce que Nono est mon pote. » Là, on a réalisé que ce type n’avait rien compris. La mémoire de la victime, la douleur de la famille, tout cela ne signifie toujours rien pour lui.
Donc, les dix ans qu’il prend sont une vraie décision de justice…
La cour d’assises a rempli sa fonction de réparation : les choses les choses ont repris un sens et ont été remis à leur place- la douleur de la famille, la gravité des faits… Et ce qu’on y a jugé, à travers Tony Rocca,est aussi la cause des femmes. Spizner n’a pas rappelé en vain
que tout les matins, avant de venir plaider à Bobigny, nous passions sur la passerelle Marie-Claire, femme jugée pour avoir commis un avortement lors du fameux procès de Gisèle Halimi en 1972. Dailleurs, la ligue du droit des femmes était présent ai procès.
On n’est pas face à un crime sexuel, mais face à un crime machisme où la barbarie ne suppose même aucun sadisme. A aucun moment Sohane n’accède au statut de personne humaine aux yeux de ces hommes, ni à ceux des habitants de la cité. Elle n’a jamais existé. Même brûlée. En 2003, quand Nono et Rocca arrivent menottés à la cité pour la reconstitution des faits, ils sont applaudis. Une stèle devait être érigée à la mémoire de Sohane, la municipalité l’a refusée. Finalement, elle n’est posée que pour être cassée peu après.
« Pour les enfants de la cité, Sohane n’a jamais existé. »
Les cinq ans de prison qu’il a effectués n’ont servi à rien ?
On sait bien que la prison est le lieu de tous les traffics. Mais ce qu’on connaît moins est la porosité entre la vie des cités et celle de la prison. La prison entre dans la vie des jeunes des cités comme un incident désagréable, qui peut arriver à tout moment. Elle en fait partie, comme une simple maladie. Ces jeunes, incapables de rien faire le reste du temps, savent se mobilisre pour la visite d’un copain en prison.Ce qui est une vraie démarche : il faut un permis de visite, y aller, attendre au parloir.. En prison, comme chez eux, ils passent leur temps devant la télé ou la console vidéo,ils fument du shit… Le vrai problème est queil manque une politique pénale d’exécution des peines. Pour que ces personnes deviennent plus conscientes, plus fières d’elles-mêmes, il faudrait un travail, un suivi sur mesure, une fois la sanction prononcée. Le texte de loi qu’one est en train de promouvoir prévoit la prison comme la seule réponse à la récidive. Or la prison est l’école de la récidive !
Marianne Dautrey
in Charlie-Hebdo du 20 juin 2007
03 juin 2007
Entretien avec le Planning familial ( Moruni Turlot, janvier 1998 )
Aujourd’hui le mot contraception ne choque plus, la pilule est entrée dans la vie de beaucoup de femmes. Mais en 1956, lors de la création de l’association la «Maternité Heureuse » qui 13 ans plus tard deviendra le Mouvement Français pour le Planning Familial,. la situation politique n’était pas la même. C’est peu de dire que le climat était hostile aux féministes à l’époque. ! Malgré de nombreuses attaques— on se souvient notamment de celle du Général (celui de « je vous ai compris») qui « ne voulait pas laisser la France à la bagatelle »— 1967 marque leur première victoire : l’autorisation de maîtriser sa fécondité est enfin légalisée. Après quoi, il faudra tout de même attendre 1975 pour voir un gouvernement légifèrer sur le droit à l’avortement. 30 ans, 20 ans plus tard, j’ai eu envie de rencontrer ces féministes, celles qui avaient contribué à mettre en place des lois aussi révolutionnaires ! J’étais surtout curieuse de savoir comment une association féministe pouvait garder son caractère militant tout en étant l’interlocuteur de la classe politique... Et dans quelles mesures le MFPF se retrouvait dans le mouvement Prochoix. Catherine Béranger et Jocelyne Girault-Laurence du planning familial ont bien voulu éclairer ma lanterne. Qu’elles en soient ici remerciées.
Où en est-on? En France c’est un pas en avant trois pas en arrière. Même si des lois sont votées, l’ignorance et les tabous font que les mentalités mettent un temps considérable à intégrer les progrès faits en matière de droit de choisir. 25 ans après sa légalisation, l’avortement déchaîne toujours les passions. On assiste depuis quelques années à un insidieux retour des valeurs familiales de la part des Provie comme de celle de nos partenaires. Comme si on ne pouvait pas concevoir une « contraception heureuse » sans que l’on sous-entende que c’est pour un temps. Malgré la libération sexuelle des années 70, les devoirs des femmes n’ont guère changé. Il est plus qu’urgent de considérer l’avortement pour ce qu’il est : un acte d’insoumission à la maternité obligatoire.
L’IVG au planning On refuse de dramatiser l’avortement . On ne s’autorise à aucun moment à juger les femmes. On évite par exemple de parler de « désir d’enfant ». Les consultations se font en groupe de 10, ce qui permet de parler plus librement, sans culpabilité. Le MFPF écoute et accueille des centaines de femmes par an. Que ce soit pour des consultations médicales, des conseils sur la pilule du lendemain ou pour rencontrer des conseillères conjugales. Les femmes du planning restent vigilantes car le retour de bâton ne se fait pas attendre.
Le préservatif L’arrivée du Sida change le comportement sexuel et les pratiques des jeunes femmes. L’utilisation de la capote remplace l’indétronable pilule. Mais il est bon de le dire que ce n‘est pas un contraceptif et qu’elle ne protège pas d’une éventuelle grossesse non désirée. Souvent l’utilisation du préservatif n’est pratiquée que pour un temps. Quand on est sûr que c’est « pour toute la vie », on s’en passe.
Les jeunes Les jeunes filles reviennent à des méthodes dites naturelles (Ogino, température) et ne reprennent pas leur pilule. Ces jeunes femmes isolées ne savent pas où s’adresser . Dans les hôpitaux publics, l’attente reste très longue. La spécificité de la France fait que les délais d’autorisations à l’avortement sont plus courts. Cela crée souvent des situations précaires. L’accent est mis sur l’information des jeunes femmes. Elles organisent des discussions sur les pratiques sexuelles.
Des regrets Les militantes regrettent le manque d’audace de la part des gouvernements de droite comme de gauche. On se souvient de Bérégovoy qui en 1992 avait annulé la campagne « la contraception, pour ne penser qu’à l’amour » L’éducation nationale n’est pas en reste non plus. Depuis longtemps, elles dénoncent le programme sur la reproduction des moules dans le littoral atlantique...
Droit de choisir Le planning familial lutte pour le droit de Choisir; la maîtrise de la fécondité est l’une des avancées les plus patentes des droits des femmes . Disposer de son corps, c’est s’assurer de son indépendance. Certains refuseront cet état de fait. Mais le combat continue mes soeurs.
Moruni Turlot
lundi 12 janvier 1998 - ProChoix n°2
in http://prochoix.org/cgi/blog/index.php/1998/01/12/795-prochoix-n2-entretien-avec-le-planning-familial-moruni-turlot
02 juin 2007
Une députée afghane exclue par le parlement afghan suite à ses critiques
Lundi dernier (21 mai), le parlement afghan a expulsé la députée Malalai Joya suite à ses critiques sévères du parlement qu'elle a tenu lors d'une entrevue télévisée le jour avant. Elle a déclaré sur les ondes : « Un étable ou un zoo est mieux, au moins là vous avez un âne qui transporte une charge ou une vache qui procure du lait. Ce parlement est pire qu'un étable ou un zoo. » Brad Adams, Directeur pour l'Asie de Human Rights Watch (HRW), un réseau réputé de défense des droits humains, affirme que « Malalai Joya est une féroce défenseure des droits humains et une voix puissante pour les femmes afghanes et qu'elle n'aurait pas dû être suspendue du parlement ».
Une motion déclarant que Mme Joya aurait violé l'article 70 des procedures parlementaires -qui interdit aux parlementaires de se
critiquer les uns les autres- a reçu l'appui d'un vote majoritaire. Selon le journal The Independent (22 mai), le parlement compte l'exclure pour le reste de son mandat légal devant se terminer en 2009. HWR affirme que les parlementaires s'insultent régulièrement sans qu'une seule autre personne ait été expulsée. Elle est accusée d'avoir insulté l'institution parlementaire.
Joya est la plus jeune du parlement à 29 ans. Lors du règne des Talibans, elle a dirigé un orphelinat et une clinique de santé en
Afghanistan. Joya demande que les responsables de crimes de guerres soient traduits en justice. En 2003, elle s'est levée pour accuser les dirigeants des comités en charge de la rédaction de la constitution de crimes de guerre et d'être des « seigneurs de guerre ». Des forces des Nations unies l'ont alors protégées physiquement contre les assauts de parlementaires. Il importe de mentionner que, selon HRW, elle a survécu quatre tentatives d'assassinat.
Le 9 septembre 2006, Malalai Joya était à Québec pour le congrès fédéral du Nouveau parti démocratique (NPD). Elle déclara que le gouvernement américain a effectivement renversé le régime des Talibans, avec son esprit médiéval et ses maîtres d'Al Quaeda. Mais, ils ont permis que l'Alliance du Nord accède à nouveau au pouvoir. Ce groupe ressemble aux Talibans sur le plan des croyances, et ils sont aussi brutaux et anti-démocratiques que les Talibans. Parfois encore pires. Lorsque le pays tout entier vit à l'ombre de l'arme à feu et des seigneurs de guerre, comment ses femmes peuvent-elles jouir des libertés les plus fondamentales ? Contrairement à la propagande diffusée par certains médias dans l'Ouest, les hommes et les femmes en Afghanistan n'ont pas été "libérés" du tout.
Jack Layton, chef du NPD, a émis jeudi dernier (24 mai) la déclaration suivante : « Aujourd'hui, j'unis ma voix à celle de la communauté internationale, qui dénonce l'exclusion antidémocratique de la députée Malalai Joya. » Lors du congrès à Québec « elle a prédit que ses ennemis essaieraient de la réduire au silence. Elle avait raison, car aujourd'hui, elle s'est fait expulser de son poste de députée. »
The Associated Press rapporte la déclaration de Joya aux médias suite à son expulsion: « Je ne suis pas seule. La communauté internationale est avec moi et tout le peuple afghan est avec moi. »
Michaël Lessard, à Québec, 25 mai 2007, journaliste indépendant
in http://netfemmes.cdeacf.ca/les_actualites/lire.php?article=7871
19 janvier 2007
Douste fait la promo des anti-IVG
Si vous souhaitez avoir des renseignements sur l’avortement, n’allez pas sur le site internet du ministère de la Santé : en lieu et place des coordonnées du planning familial, vous aurez celles des militants anti-loi Veil.
C’est devenu une habitude. À chaque fois qu’un ministère édite un guide pratique sur l’avortement, il se croit obligé de fournir les adresses des groupes provie. Sous Aubry, nous avions eu droit à la résurrection du CLER (Centre de Liaison des Equipes de Recherche), initialement pour « accompagner les couples dans la planification naturelle des naissances » dont plus personne n’avait entendu parler depuis 20 ans. Aujourd’hui, alors que nous fêtons le trentenaire de la loi Veil, le site internet du ministère de la Santé publie, dans sa rubrique « Renseignements pratiques », une base de données pour le moins contestable.
Lorsque l’on tape « avortement » dans la rubrique « rechercher », aucune trace d’un quelconque centre de planning familial. Ne parlons même pas de la Cadac (Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception), de l’Ancic (Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception) ou de ProChoix. En revanche vous aurez accès aux coordonnées de plusieurs groupes anti-IVG. Par exemple, l’Association des groupes d'accompagnement des personnes blessées par l'avortement, qui explique que de nombreuses personnes sont confrontées aux « dégâts provoqués par l’avortement » et qui a mis en place une thérapie destinée à faire reconnaître aux femmes « leur part de responsabilité mais aussi et surtout de prendre conscience qu’elles sont aussi des victimes ». La thérapie est basée sur la « triple réconciliation » avec soi-même, avec les autres et avec Dieu…
On trouve également le contact de l’association Laissez les vivre – SOS futures mères, dont plusieurs administrateurs sont au Front national, et qui n’hésite pas à revendiquer des commandos anti-IVG. La perle deumeure tout de même le groupe SOS la vie, qui, sous la direction du frère Auguste Thérond, se déplace à la demande dans les lycées ou pour des conférences publiques, afin d’y projeter des films tels que Le Cri Silencieux, un chef d’œuvre du gore provie qui prétend montrer un avortement sous l’angle le plus sanguinolent possible. On a pas lésiné sur la confiture de framboise.
On est presque déçu que les rédacteurs de l’annuaire ne soient pas allés au bout de leur délire. Ils ont oublié quantité d’associations qui pourraient à juste titre protester de leur mise a l’écart : les Survivants, la Trêve de Dieu, SOS tout petits…
Mais l’avortement n’est pas le seul thème égratigné par l’annuaire du ministère de la Santé. Pour l’« accouchement anonyme », l’annuaire renvoie à La Cause, une association protestante. Pour la « pauvreté », le site conseille la Fédération de l’entraide protestante, la Fédération des œuvres évangéliques et la Fédération de l’entraide protestante. Enfin, à la rubrique « sida », l’annuaire propose le Centre Tibériade, centre d’accueil de la communauté charismatique de l’Emmanuel.
Qui est responsable ? L’annuaire est préfacé par le ministre de la Santé, Douste Blazy qui, sur la question de l’IVG, il faut le reconnaître, n’a pas été le pire. L’association qui a commandé l’annuaire à Bernard Tricot, son auteur, ne compte aucun militant provie parmi ses membres. Elle est composée de personnalités respectables, parmi lesquelles Christian Saout, président de Aides, Bernard Kouchner, ancien ministre de la Santé, ou encore l’association Équilibres et Populations. Ils ne sont sans doute pas à l’origine de ce dérapage. En revanche, ils auraient au moins pu relire l’annuaire qu’ils avaient commandé...
Fiammetta Venner
Article paru dans Charlie Hebdo du 19 janvier 2005.
* Suite a la campagne de presse (due à Charlie-Hebdo, à Libé mais aussi surtout au Planning familial), le ministère a fait retirer le lien vers la base de données. La base existe toujours, avec le conseil d’administration et la même préface de Douste Blazy. Elle n’est plus accesible via le site du ministère mais via internet.
http://www.annuaire-assoc-sante.com/
in http://prochoix.org/cgi/blog/index.php/2005/01/19/44-douste-fait-la-promo-des-anti-ivg
