20 avril 2008
PROCHOIX n°43 (Printemps 2008) Fin de vie - Certifiées vierges - Sans papières - Droit à l'IVG - Identité confessionnelle
Sur le vif
Fin de vie : affiner la loi (Gaëtan Gorce)
Enquêtes et décryptages
- Certifiées vierges (Caroline Fourest)
- Sans papiers et institutions: paroles de sans papières (Clara Domingues, Claudie Lesselier)
- Droit à l’avortement : nouveau bras de fer (Caroline Brancher)
- Entretien (Bernard Guetta)
- L’identité confessionnelle : une exacerbation artificielle ? (Fiammetta Venner)
On a vu, on a lu, on en parle
Un repris de justice au ministère de l’Immigration - Dîner-débat entre Tariq Ramadan et Marine Le Pen - Sarkozy absout le député homophobe Vanneste - Afrique du Sud : quand l’Église lutte contre le sida - 10 000 manifestants à la Marche pour la vie ? - La France condamnée pour refus d’adoption à une homosexuelle - Un étudiant afghan condamné mort pour blasphème - Le gouvernement turc veut libéraliser le port du voile - Après la discrimination positive, la “laïcité positive” - Rue 89, porte-voix à l’extrême droite provie - Arabie Saoudite : quelques miettes pour les femmes - Les Insoumis-es victimes d’une tentative d’intimidation - Turquie : manifestations contre la légalisation du hidjab - Grande Bretagne : des étudiantes refusent le “nu au-dessous du coude” - Les fœtus français pourront être déclarés à l’État civil - Amiens : trois policiers néo-nazis suspendus Quand les anti-avortement se font une toile ! Cour de cassation : se trompe-t-on de sujet (MFPF) Au FN, on ne mange pas de viande le vendredi - Non à une nouvelle menace contre le droit des femmes à disposer de leur corps - Pour la dépénalisation de l’avortement, la contraception et l’éducation sexuelle en Amérique Latine
Pour trouver la revue et/ou s'abonner :
http://www.prochoix.org/frameset/abonnement.html
21 novembre 2007
A propos de la revue ProChoix N°41 (Automne 2007)
Au sommaire :
Laïcité - Affaire des Vosges - Hugo Chavez
Féminisme victimaire - Pologne - CRAN
Laïcité : ne pas se tromper de combat
- Ne pas se tromper de combat (Caroline Fourest)
- Le vrais inspirateurs du racisme anti-musulmans : à propos de Anne-Marie Delcambre (Caroline Brancher)
- Pour une globalisation des combats (Bernard Teper)
- L'affaire du gîte des Vosges (Mohamed Sifaoui)
Enquêtes et décryptages
- Hugo Chávez ou la tentation totalitaire (Rudy Reichstadt)
- Mouvements de femmes de l’immigration en France (Claudie Lesselier)
- Sainte Ségolène, mère et martyre (Louise Vingtras)
- Contre le féminisme victimaire (Caroline Fourest)
- Le Cran, mouvement antiraciste ou "black bourgeoisie" antisociale ? (Manuel Boucher)
- Pologne : violation des droits fondamentaux (Nathalie Szuchendler)
- Les " différences culturelles " peuvent-elles excuser le sexisme ? (Janine Booth)
- Les mots de Brice Hortefeux (Julie Gouazé)
- Les intégristes catholiques belges jouent et perdent (Nadia Geerts)
ON A LU : Les Enfants de la colonie. - Le CPE est mort… Pas la précarité - Du consentement
ON EN PARLE :
- L’enseignement catholique veut gagner du terrain dans les zones dites sensibles
- Le Grand Orient de France s’inquiète d’un possible recensement sur critères ethniques et religieux
- La Journée européenne contre la peine de mort supprimée sous pression polonaise
- Non au contrôle génétique de l’immigration (Pétition)
- Algérie : Les volte-face d’Al Qaradaoui
- Pour Brice Hortefeux, en matière d’expulsion les préfets n’en font pas assez!
- Dieudonné reconnu coupable d’antisémitisme à propos de la "pornographie mémorielle"
- Israël : démantelement d’un groupe néo-nazi russe
- Benoît XVI fustige l’avortement lors de son pélerinage en Autriche
- Grande Bretagne/Iran : Pegah Emambakhsh risque la peine de mort si elle est expulsée
- Taslima Nasreen poursuivie pour "vues anti-islamiques"
- Arabie Saoudite : Test prénuptial de dépistage du sida exigé
- Appel à soutenir Ahmed Meguini
- La gauche doit changer de logiciel
- Dieu vous demande de sauver le Mozambique
- Protestations contre la pendaison d'homosexuels en Iran
- ‘Nous ne sommes pas à vos ordres’
Pour s'abonner à la revue = voir http://www.prochoix.org/frameset/abonnement.html
23 août 2007
Disparition de Raul Hilberg
Raul Hilberg fut le grand historien qui inaugura l’étude du génocide des Juifs.
La dernière édition de son ouvrage monumental, La Destruction des Juifs d’Europe, largement augmentée, est parue en français l’année dernière.
La première parution de La Destruction parue en 1961. Ce travail fondateur, il l’écrivit seul, à l’écart et obsessionnellement, pendant de nombreuses années, ne cessant de le compléter jusqu’à sa mort. Son style, froid et mécanique, est d’une puissance démonstrative implacable. Il ne s’agit pas de ratiociner autour du pourquoi d’un tel événement, amis de décrire et de chercher sans fin à comprendre comment le processus génocidaire s’est déroulé. “L’idée que la destruction des Juifs était compliquée devint une hypothèse fondamentale qui guida ma recherche. Cette complexité, il fallait la dévoiler, la démontrer, l’expliquer. Le massacre, j’en fus convaincue, ne constituait pas une atrocité classique. Il était infiniment plus, et ce “plus” résidait dans la zèle d’une bureaucratie très élaborée et étendue […] [La thèse] que la haine était à la racine du processus ma paraissait dépassée. Les bureaucrates, je le savais déjà, n’avaient pas de “haine” au cœur.”
L’édition définitive est parue en poche chez Gallimard, en trois tomes (Folio histoire).
A lire également : La Politique de la Mémoire (collections Arcades, chez Gallimard), texte passionnant dans lequel Hilberg raconte la maturation, l’écriture et la réception de son grand ouvrage. Il y médite sur la place ambiguë qu’occupe le génocide et sa mémoire occidentale, oubli dans les années de l’après-guerre, excès de mémoire depuis les années 1980 : “On ne peut escamoter les sujets ou au contraire les catapulter à l’attention du public, mais toujours pour des motifs qui reflètent les problèmes et disent les besoins d’une société. Aux Etats-Unis, le phénomène connu sous le nom d’holocauste ne trouve de terreau fertile qu’après les affres de la guerre du Viêt-nam, lorsqu’une nouvelle génération d’américains fut en quête de certitudes morales, et que l’holocauste devint l’aune du mal absolu à laquelle mesurer et juger toutes les autres transgressions dans le comportement des nations.”
Stéphane Bou
In Charlie-Hebdo du mercredi 15 Août 2007
Les ouvrages de Raul Hilberg disponibles à la FNAC.
03 août 2007
Quelques lectures ...
14 juillet 2007
Les Aventures de Napoléon ( hors-série Charlie-Hebdo )
Hors-série Charlie-Hebdo N° 17, août 2002
Auteur : François Cavanna / Maquette : Cavanna et Riss
Un destin hors-série. Une chevauchée halluscinante. Un suspense infernal qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout. Si vous parvenez à deviner comment ça va finir avant la toute dernière page, vous êtes drôlement fort! Moi je ne le sais pas encore. CAVANNA

Je saurai m'en souvenir !
09 juin 2007
Et pour quelques Sfar de plus...
Il voudrait qu'on lui foute la paix. Il se voit bien en homme-arbre, un personnage récurrent de ses histoires, «un être rugueux qui va se réfugier dans la forêt». Il cite encore le conte de la petite fille qui ne voulait pas se marier, Lenz dans sa montagne, le romantisme allemand relu depuis les bésicles pessimistes de Schopenhauer. Maintenant qu'il est riche et célèbre, les zélateurs de la BD alternative lui envoient des lettres d'insulte. Trop commercial, trop reconnu. Les habitués des rondeurs et de la clarté belge le trouvent trop pointu. Faut pas pousser Tintin dans les cactus. Même ses amis ont commencé à l'entendre d'une oreille cassée à partir du moment où il a été reconnu. Mais Joann n'est pas que Sfar.
Assis derrière son bureau, le croquignolet ténébreux prévient : «C'est la contradiction qui me constitue.» Et de même : «Je suis d'une duplicité totale à l'égard de la presse.» Si bien que lorsque passe en chair et en os Imhotep, le chat du rabbin, plus ressemblant que nature, on se prend à soupçonner le maître de céans d'avoir tout aménagé pour tromper l'ennemi, d'avoir suborné un félin de race orientale, disposé une guitare et des partitions bidons, passé un tee-shirt à tête de mort et un peu de gras au bide, pour faire tout bien identique, comme dans ses carnets autobiographiques. Car, signe que l'autofiction ne dévore pas la réalité, tandis que ces mêmes carnets surexposent sa femme et ses deux enfants, on ne surprend de ceux-ci que quelques sons perdus dans l'épaisseur de l'appartement parisien.
Son alter ego de papier ironise : «Maintenant que j'ai un appart de vieux, j'ai une gueule de vieux.» L'homme culpabilise : «Ça me fait drôle d'avoir un bureau grand comme celui de Balladur.» Il se reproche aussi d'avoir voté Chirac, comme tout le monde. Par terre, ses propres oeuvres servent de cales à la table : « J'avais d'abord mis les bouquins d'un pote, mais il a changé de couleur quand il a vu ça, alors maintenant je ne prends plus que les miens.» Joignant le commentaire à la métaphore involontaire, il tire de son fouillis une planche du Grand Vampire. Là, s'étale un gros plan hommage à Paulette, la pulpeuse héroïne de Georges Pichard. Aucune dénégation n'empêche Sfar de se renier : «C'est raté, hein ? On ne la reconnaît pas. Je vais être obligé d'expliquer ce que je voulais faire.» Il raconte ensuite comment il loupe tous ses pastiches, comment il n'arrive à la hauteur ni de Tardi, ni de Reiser, ni de Crepax, surtout pas de Moebius/Giraud. Comment il se retrouve toujours à faire du Sfar quand il veut s'appuyer sur autrui, échec tout à fait enviable. Les livres, ce n'est pas pour caler la table, il y en a un sous chaque pied, «c'est pour la rehausser»
Il n'a pas fallu dix ans à ce jeune trentenaire pour apparaître au générique d'une centaine d'albums, réalisés seul ou en compagnie, pour un total de huit éditeurs. Alors que la terre entière se demande comment il fait pour produire autant et aussi bien, «Jojo» semble ne pas puiser son génie dans la coke ni le pastis, mais dans l'humilité. «Rester en posture d'élève» et se sentir «à l'égard du dessin comme le philosophe à l'égard de la vérité : non pas prétendre la détenir, mais cheminer avec justesse dans sa direction». Puis, modeste ou ignorant de la RTT : «Mais je ne vais pas si vite que ça, en fait. Une page de Grand Vampire me prend sept heures environ. Sauf que ce sont sept heures où la plume ne décolle pas du papier.» Des plumes Atome, modèle supermarché, et des stylos-feutres à deux balles, pas de surenchère techniciste ici. En dehors des longues déconnades de l'apéro, Sfar est donc plutôt le type appliqué, toujours entier à dix projets menés rubato. Aussi bien n'a-t-il pas émergé dans le paysage de la nouvelle bande dessinée comme Marjane Satrapi à la faveur d'une série phare ou d'une palme angoumoise comme Christophe Blain, mais petit à petit, album après album, par une sévère concurrence à l'état civil des monstres gentils. Etre le Balzac des fantômes et des chiens qui pètent lui conviendrait assez, la nomenclature en moins, la maladie de la mort en plus, puisque Sfar ne craint pas d'exposer ses lecteurs, jeunes ou pas, à des problèmes de deuils chelous. En ce moment, trois projets l'occupent avec Sandrina Jardel, Mme Jojo herself : Petit Vampire passe en série animée et Grand Vampire en film. Il s'angoisse aussi pour la nouvelle collection jeunesse qu'il vient de lancer. Seul bédéaste estampillé philosophe par l'Université (une maîtrise intitulée le Complexe du Golem , sur le problème de la figuration chez les peintres juifs), il trouve en effet que la France est très en retard dans le domaine du livre illustré, incapable de donner aux peurs contemporaines un «visage» autre que naturaliste : «Il y a bien des bouquins sur la drogue ou les trucs comme ça, mais rien de symbolique, rien de fort. Le modèle du genre, pour moi, c'est les Trois Petits Cochons de Disney, qui raconte à sa façon la grande dépression.» Son programme arrive directement des lumières, il s'agit de sortir de la minorité, de s'autodéterminer. La nouvelle collection n'aura ni coeur de cible, ni tranche d'âge, car «les lecteurs doivent être capables de choisir tout seul» . Et ses carnets autobiographiques (pour adultes) ajoutent cette injonction très laïque : «Faisons une littérature enfantine anticléricale. Laisser des gamins entre les mains des prêtres, sans leur donner accès à la moindre possibilité de bâtir un discours critique, c'est non assistance à personne en danger.» Dans ces mêmes carnets, il est beaucoup question d'antisémitisme. Du jour où, dans une ZEP où il conférençait, il entendit crier «Le Pen sale juif !» Son rapport à la judéité, pourtant, il n'a pas trop envie de l'évoquer en ce moment, parce que c'est «impossible d'en parler sereinement et intelligemment. Je vois surtout deux culpabilités, Auschwitz et la guerre d'Algérie, qu'on essaie de solder à bon compte au Proche-Orient» . Et surtout, pas question de se retrouver dans la peau du dessinateur juif de service : «Avant de publier le Chat du rabbin , des juifs, j'en connaissais pas. Enfin, je veux dire, en dehors de ma famille. Sinon mon père va pas être content !» On rembobine : Joann Sfar est né d'un père séfarade et d'une mère ashkénaze morte quand il avait trois ans, on lui raconta qu'elle était en voyage, il l'attend toujours. Le grand-père maternel faillit être rabbin. Sans être consacrés au sujet, les albums de Joann sont habités par des références kabbalistiques et un certain rapport à la lettre, au signe. Aucun dogmatisme, juste un questionnement, des coups de coude dans l'identitaire, pour faire réfléchir : «Aujourd'hui, je me sens un peu cocu. Quand j'étais jeune, à Nice, on allait manifester contre les skinheads qui s'en prenaient aux Arabes. Maintenant, je vois Sarkozy qui rachète la paix civile à coup de communautarisme. Moi, je voudrais plutôt qu'on soit autorisé à ne pas porter ses ancêtres sur le dos. Qu'il n'y ait pas de loi qui permette aux parents d'imposer le voile ou la kippa à leurs gamins.» Moralité : avant que la religion ne s'intéresse de trop près aux gosses, il faut intéresser ceux-ci à la religion. Alors si judaïsme il y a, peut-être n'est-il chez lui que dans cette phrase qu'il aime à répéter, et qui sonne comme du Lévinas : «Le dessin, c'est avant tout un rapport à l'autre.» Eric LORET , Libération In http://www.pastis.org/joann/articles_elogieux/index.htm
Joann Sfar romancier Il ne se passe pas un mois sans que le prolifique Joann Sfar ne défraye l’actualité. Le mois dernier, c’était l’adaptation du « Chat du Rabbin » au théâtre, en attendant une série de dessins animés tirée de « Petit Vampire » et un long métrage tiré de « Grand Vampire ». L’année dernière, c’était le lancement d’une collection jeunesse chez Bréal. Aujourd’hui, c’est un roman, très richement illustré, « L’Homme-Arbre », qui paraît chez Denoël Graphic. Sfar au risque de la littérature. Brillant touche-à-tout, Sfar prend ici un risque majeur. Car il y a loin entre l’album de quarante-six planches où fusent les dialogues post-socratiques mâtinés de sagesse juive et cette entreprise solitaire, titanesque, où la pensée résonne dans une forêt de mots. Pour ce faire, Sfar s’est appuyé sur quelques-uns de ses personnages fétiches qui seront chacun les héros de cette trilogie annoncée, trois personnages forestiers un peu en dehors du monde : un homme-arbre, un golem et un vieux Juif. Mais loin de se limiter aux pérégrinations propédeutiques de ses précédents récits, Sfar entreprend ici une œuvre colossale : inventer un genre romanesque inexistant, l’ Hassidic Fantasy., démarque fascinée de la Fantasy Tolkienienne à laquelle il ajoute la dimension de la Kabbale juive. « Au lecteur familier des choses magiques et du Grand Art, écrit Sfar, il faut préciser la spécificité de la magie juive : la magie ordinaire, tout le monde connaît, cela consiste à fabriquer de l’extraordinaire. Mais chez les Juifs, moins il y a de miracles, plus on est joyeux. La Kabbale est une discipline mystique où plus on parle de Dieu, moins il vous répond et moins il répond plus on parle. Au bout d’un moment, le kabbaliste aime bien parler tout seul, ça lui évite d’être contredit. » Cela vous vous donne le ton.
L’Homme-Arbre , T1. L’étoile polaire Roman adolescent dès 12 ans (broché). Paru en 05/2004 Mot de l'éditeur
Disponible à la FNAC Le chat du rabbin, T1. La Bar-Mitsva bande dessinée (cartonné). Paru en 12/2002 En résuméC'est bien connu : les chats qui parlent, ça n'existe pas. Sauf un : le chat du rabbin. Raisonneur, contestataire et dialecticien hors pair, cet animal doué de raison accompagné de son rabbin de maître n'a pas la langue dans sa poche... Quand philosophie rime avec fantaisie, c'est qu'il y a du Joann Sfar dans l'air ! L'avis de la FnacUn chat qui pense, c'est déjà étonnant. Alors, un chat qui parle... C'est pourtant ce qui se passe le jour Toute la saga du Chat disponible à la FNAC | ||||||
07 juin 2007
Les Marchands d'âmes. Enquête au coeur des Béatitudes
L’objectif de l’ouvrage « Les marchands d’âmes » vise à comprendre puis à montrer les éléments qui ont fait basculer progressivement les responsables des communautés charismatiques - en particulier les Béatitudes - vers une manipulation mentale et spirituelle des personnes qu’elles accueillent pour un «discernement» dans le cadre notamment de «thérapies chrétiennes» très contestables. Le grand intérêt du livre de Pascal Michelena est de faire rentrer petit à petit le lecteur dans un univers spirituel liberticide dont les schémas sont proches de certaines sectes. Et cela, sur fond de silence des institutions ecclésiales officielles.
Pascal Michelena, accompagné de son épouse Myriam et de leur premier enfant, sont entrés à la communauté des Béatitudes en 1999 à la maison de Château Saint Luc dans le Tarn. Particulièrement interpellés par le psycho-spirituel enseigné, poussé par un idéalisme largement inspiré par le Renouveau charismatique catholique, ils laissèrent famille, amis, travail, maison pour se lancer dans l’expérience communautaire. Ils en sortirent trois années plus tard...
Les Marchands d'âmes. Enquête au coeur des Béatitudes : les thérapies chrétiennes en question
Editions Golias
Obtenir ce livre sur Internet
L'Opus Dei porte plainte contre les Lunes Blafardes
Le 18 mars 2007, Camino 999, un roman de Catherine Fradier, Grand Prix de Littérature policière en 2006, parait dans la collection de polars «Lunes Blafardes». Le 31 mai 2007, l'Opus Dei, représentée par son avocat Alexandre Varaut, intente un procès à l’éditeur du livre, Jean-Jacques Reboux, en qualité d’auteur principal, et son auteur, Catherine Fradier, en qualité de complice, pour diffamation à l’encontre de l’Opus Dei, et réclame 30.000 € de dommages et intérêts, 5.000 € au titre de l’article 700 du Nouveau Code Pénal, ainsi que la publication à ses frais d’un communiqué, dans un journal choisi par le plaignant, dans la limite de 15.000 €. Les plaignants reprochent, outre le fait de porter atteinte à l’honneur et à la considération de la Prélature de l’Opus Dei de faire référence dans le titre, Camino 999, à l’œuvre de José-Maria Escriva, composée de 999 maximes spirituelles. Autre reproche, mêler étroitement la fiction et la réalité, le vrai et le faux, sans avertir le lecteur sur la distance qu’il conviendrait de prendre quant aux faits énoncés et sans jamais l’inviter à faire la différence entre fiction et réalité.
Pour l'éditeur Jean-Jacques Reboux: "Avec ce type d’assignation, c’est la liberté d’expression et de création littéraire qui est mise en danger. Cette menace pourrait concerner demain, si elle faisait jurisprudence, tous les écrivains. Dans un second lieu, c’est l’existence même d’une maison d’édition qui est menacée, car si nous pensons avoir de bonnes chances de gagner notre procès, il nous faut engager des frais d’avocat pour assurer convenablement notre défense. Face à une organisation puissante et argentée, une petite maison d’édition victime d’une censure économique lutte pour sa survie." Une souscription circule pour payer les frais judiciaires.
Editions Après la Lune, 26 rue Pétrelle, 75009 Paris, 06 24 06 52 24
Pour voir l'assignation
http://apreslalune.free.fr/ftp/opusvscamino12p.pdf
Présentation de l'éditeur
Carla Montalban, chef de groupe de la Brigade criminelle de Lyon, enquête sur des meurtres qui semblent impliquer sa propre famille, liée à l'Opus Dei. Ses investigations vont la conduire au c ur de l'affaire Matesa, le scandale politico-financier espagnol qui éclaboussa les Giscard d'Estaing dans les années 70, au temps des Républicains Indépendants et de l'assassinat du député Jean de Broglie. De Lyon à l'Irlande en passant par l'Argentine, Camino 999 décrypte les relations troubles entre le pouvoir et l'argent au sein de la Santa Mafia, bras armé du Vatican. Après La colère des enfants déchus, couronné par le Grand prix de littérature policière et le prix Sang d'Encre 2006, Catherine Fradier impose sa marque avec ce thriller mené tambour battant et accède au titre de reine française du crime, à l'égal de ses cons urs anglo-saxonnes. Ce roman fait partie de la sélection pour le prix Polar SNCF 2007.
Biographie de l'auteur
Catherine Fradier, née en 1958, vit à Chabeuil (Drôme). Elle a été gardien de la Paix à Paris, veilleuse de nuit dans une IMP, représentante en livres pour enfants, puis caissière dans une station-service. En 2005, elle décide d arrêter tout travail salarié pour se consacrer à l animation d ateliers d écriture et l écriture de scénarios pour la télévision en attendant, peut-être le cinéma, avec une possible adaptation de La colère des enfants déchus. Camino 999 est son septième roman.
Bibliographie sommaire
La Colère des enfants déchus, Après la lune, 2006.
Les Carnassières, Baleine, 1999.
Un Poison nommé Rwanda, Le Poulpe, 1999.
03 juin 2007
La bio "none" autorisée de Mère Térésa ( Moruni Turlot, janvier 1998 )
Il arrive parfois de lire des livres qui vous touchent. C’est le cas de celui ci. Anne Sebba nous relate la biographie « interdite » de Mère Térésa dans un style percutant, mêlant de nombreux témoignages—souvent bouleversants— à des faits historiques. Décédée en Août 1997, Mère Térésa laisse-t-elle vraiment un grand vide ? Elevée au rang de Sainte, elle restera en tout cas la personne ecclésiastique la plus médiatique et la plus contrastée de cette fin de siècle.
Sa carrière débute en 1928 lorsqu’elle s’engage auprès des soeurs de la charité et part en Inde avec le soutien inconditionnel du Vatican. Le temps de se familiariser, de découvrir les us et coutumes de ces sauvages même pas chrétiens, elle ouvre son premier dispensaire à Calcutta. Pourquoi avoir choisi cette ville alors qu’il existe une petite communauté de chrétiens dans le sud du pays ? La raison est simple : cette métropole se trouve à la frontière du Bangladesh et du Pakistan. Les deux pays sont en conflits depuis des années et des flots de réfugiés quittent le Bangladesh pour l’Inde. Une manne pour Mère Térésa qui recueille femmes, enfants et invalides. Tous profondément traumatisés et maléables à souhait. Car l’aide qu’elle leur apporte n’est pas matérielle, elle est spirituelle. Mère Térésa leur offre un Dieu sur un plateau. Intermédiaire entre les pauvres et la mort, elle empêche les femmes victimes de viol systématique d’avorter, envoie les enfants à l’étranger dans des familles catholiques pour être adoptés. Quant aux autres, ils attendent la mort dans la prière et des conditions d’hygiène plus que lamentables. Les infirmières, soeurs de la charité, ne sont pas qualifiées et pourtant Mère Térésa se charge d’élimer tous ses concurrents. Comme ces médecins anglais qui avaient le très net inconvénient de proposer des traitements contre la douleur !
Catholique avant tout, Mère Térésa sait que le billet pour le paradis ne se gagne pas aussi facilement. Qu’il faut souffrir pour avoir la Rédemption !
Qu’importe, elle continue de fasciner, enroulée dans son sari blanc et bleu. Elle côtoie la misère. Et ça, en occident, on ne l’avait pas vu depuis longtemps. En 1980 elle est à l’apogée de sa gloire. Fière de son prix Nobel, elle voyage aux 4 coins du monde et ouvre pas moins de 468 dispensaires. Mais bientôt la mère se prend les pieds dans le tapis. Des volontaires venues d’Angleterre témoignent sur les conditions inhumaines dans lesquelles sont traités les malades. Mais ces voix ont bien du mal à se faire entendre. À l'exception du film « l’Ange de l’enfer » diffusé sur Chanel four. où le réalisateur nous montre enfin la véritable histoire de cette femme convaincue comme « Marie » de porter toute la détresse de la terre. Bientôt on lui reproche ses prises de position contre le droit à l’avortement. D’autant qu’elle s’élève contre toutes tentatives du gouvernement Indien de planifier les naissances. Ce qui lui vaut d’être l’idole de nos chers provie !
L’enquête réalisée par Anne Sebba nous permet de révéler la vraie mère Térésa une femme pleine de contradiction. Un livre de référence à lire absolument.
LIVRE : Mère Térésa : la face cachée, Anne Sebba, Edition Golias (1997)
Moruni Turlot
lundi 12 janvier 1998 - ProChoix n°2
01 juin 2007
« Le huitième mort de Tibhirine » ou qui tue la presse ?
« Le huitième mort de Tibhirine »
de Rina Sherman
Ce livre est à la fois bouleversant et terrifiant. Il pointe du doigt l’effet mortel des campagnes de désinformation ayant eu cours durant la période des attentats en Algérie.
Quand les intégristes assassinaient et les journaliste français préféraient se demander : « qui tue qui ? » Ceux-là accusaient le moindre journaliste indépendant enquêtant sur les réseaux intégristes – comme Didier Constant sur l »’affaire des moines de Tibhirine- d’être vendu aux services secrets algériens. Il en est mort. Et Rina, sa compagne, ne leur a jamais pardonné. Assassinat ou suicide ? C’est la question posée par ce livre. Il n’y répond pas. Chacun en tirera son intime conviction. Magnifiquement écrit et très émouvant, c’est un objet hybride : entre le journal d’une a mante qui vient de perdre l’homme qu’elle aime et le journal d’enquête d’une anthropologue qui ne peut se résoudre au mystère de cette mort. Son principal intérêt réside moins dans la réponse à ce mystère que dans le récit presque romanesque de ce drame : la mort d’un homme, victime de la calomnie et d’un système où la rumeur tue la vérité, et donc la presse.
Caroline Fourest
[Editions Tatamis, 19,90 euros.]
in Charlie-Hebdo du mercredi 30 mai 2007




















































« L'Homme-Arbre est une série de trois livres ayant pour héros trois êtres forestiers assez frustes : un arbre, un Golem, un vieux Juif. Le premier tome, L'Étoile Polaire, raconte comment l'Homme-Arbre a refusé de fabriquer un piano pour un mauvais roi. C'est un récit en douze chapitres, abondamment illustré, où il est question de guerre, de cataclysmes, de barbus fanatisés et de l'extinction de certains empires. »
où le félin du rabbin avale tout cru le perroquet de la maison. Mais le plus étonnant, c'est qu'il veut à tout prix faire sa bar-mitsva... Avec Joann Sfar, la philo pointe le bout de son museau dans la bande dessinée. Cet album d'une verve et d'une drôlerie contagieuses plonge le lecteur dans un sentiment d'allégresse jubilatoire. Sfar rend hommage au plaisir de la conversation et aux joies de la dialectique. Son trait spontané est à l'image de ses personnages et de leurs joutes verbales : épris de liberté. Un régal ! 