egalibre, blog de Nathalie Szuchendler

une activiste éducative et prochoix

26 décembre 2007

Ayaan Hirsi Ali : "L’Europe est en train de se suicider"

Rencontre avec Ayaan Hirsi Ali, alors que le gouvernement néerlandais refuse de continuer à payer pour sa protection.

Caroline Fourest : Quelle est votre situation aujourd'hui, comment financez-vous votre protection ?

Ayaan Hirsi Ali : Je vais de lieu en lieu pour quémander de l'argent. Ma situation n'est pas bonne. Ils ont voulu me faire taire, me faire passer pour folle. Ils n'y sont pas arrivés. Mais sans protection, le danger se rapproche, de façon très sérieuse. Pour moi, cela n'a rien de théorique. Théo Van Gogh a été tué lorsqu'il n'avait pas de protection. En fait, il a été tué parce qu'il n'avait pas de protection...

Pourquoi avez-vous voulu vivre aux Etas-Unis, et pourquoi voulez-vous y rester ?

J'y ai pensé une première fois quand, en Hollande, des voi­sins ont porté plainte et ont réussi me chasser de la maison où le gouvernement m'avait fait loger. Puis, la ministre de l'Immigrarion a voulu me retirer ma nationa­lisé. J'ai alors demandé un emploi à plusieurs universités aux Etats-Unis et à plusieurs think tanks, notamment des think tanks de gauche. Mais le seul à avoir répondu, et dans la journée, ce fut l'American Enterprise Institute. C'était pareil en Hollande. La gauche m'a lais­sée tomber. C'est son pro­blème. Mais c'est triste, parce que je suis de gauche...

Partagez-vous les vues des néoconservateurs sur la "guerre" contre le terro­risme ?

Je ne suis pas d'accord avec la façon dont on aborde la ques­tion terroriste depuis le 11 septembre, sur le mode "nous sommes en guerre contre la terreur". Le terro­risme est une tactique. Ce n'est ni un pays, ni une idéo­logie. Vous ne pouvez pas déclarer la guerre à une tac­tique ! La guerre est déclarée au nom de l'islam et d'une idéologie islamique de nature politique. Il fallait faire cette analyse au lieu d'aller en Irak. On aurait ainsi porté plus d'attention à l'Arabie Saoudite et à l'Iran.

Vous dites que la guerre est déclarée  "au nom de l'islam". Faites-vous la dis­tinction entre l'idéologie et les croyants, qui ne sont pas tous intégristes ?

Il ne faut jamais confondre les idées et ceux qui les écou­tent. Mais mon idée de l'is­lam, c'est qu'il s'agit d'un sys­tème politique, social et culturel qui transforme les individus en esclaves et aliène le corps des femmes. C'est mon opinion. Vous voulez me tuer pour penser cela ? Cela ne changera pas ma façon de penser. Il est très important de pouvoir critiquer l'islam en tant que religion, surtout quand on vient d'une culture musul­mane. Mais comment conti­nuer à parler à ceux qui sou­haitent rester musulmans tout en respectant les valeurs européennes ? J'ai une amie d'origine maghrébine à qui j'ai demandé si elle se considé­rait comme musulmane. Elle m'a répondu : Je pratique l' "islam à la carte". Si l'is­lam à la carte est possible, s'il met l'accent sur la liberté de choisir, alors, bien sûr, je n'ai aucun problème. Les gens peuvent croire en ce qu'ils veulent, je m'en fiche. Je connais des chrétiens qui croient que Jésus a marché sur les eaux. J'ai des amis juifs qui ne mangent pas de crustacés. Pourquoi ce type de poisson et pas un autre ? Allez savoir... La religion n'est pas rationnelle. Le souci, avec l'islam, c'est qu'il n'y a pas de sortie possible. Soit vous êtes croyant, soit vous êtes un mécréant. Du coup, parce que je ne crois pas, n'im­porte qui peut venir m'accu­ser d'être une infidèle et réclamer qu'on me tue. Le vrai problème, c'est que de nombreux musulmans, même en Occident, pensent que la charia passe avant la Constitution. C'est la princi­pale différence avec les inté­gristes chrétiens. Nous n'au­rons la paix que lorsque tous les musulmans accep­teront d'être français ou européens en premier, puis musulmans.

La religion n'est pas en soi importante. Ce qui compte, c'est que les croyants accep­tent de faire passer leurs croyances après le respect des lois.

Oui, mais demander le res­pect des lois n'est pas suffi­sant. Il faut se battre pour gagner les cœurs et les esprits de nos propres conci­toyens, au lieu de rester assis et de laisser les Saoudiens implanter leurs écoles, finan­cer leurs mosquées et tout un système de socialisation dif­férenciée, pour convertir ou radicaliser des citoyens qui vivent en Europe.

Justement, l'université de Leyde, aux Pays-Bas, a auto­risé le sultanat d'Oman à financer une chaire d'islamologie qui a été attribuée à Tariq Ramadan 1 . Comment le vivez-vous ?

Le plus douloureux, c'est que c'est sur le banc de cette université que j'ai appris à être un esprit éclairé, libre et progressiste. Et maintenant, une obscure nation islamiste donne de l'argent à mon uni­versité pour faire venir un homme qui pratique le double discours, qui n'est même pas universitaire, qui n'a rien à voir avec ce que l'université est censée être, pour diffuser le message de l'islam et de Hassan al-Banna [ fondateur des Frères musul­mans, ndlr]. J'ai dû lire l'un de ses livres pour une chronique, Le Messager, dans lequel il demande de "suivre les pas de Mahomet". Il raconte qu'à quatre ans deux anges sont venus ouvrir le torse du Pro­phète, ont enlevé son cœur et l'ont remplacé par un cœur nettoyé de tous péchés. Je m'attendais à ce que Tariq Ramadan ajoute qu'il s'agit d'une parabole. Pas du tout. Il en parle comme de faits vraiment survenus ! Qu'est-ce que ça a à voir avec l'univer­sité ? Et sur la jaquette de ce livre, il est écrit: "Tariq Ramadan, professeur à l'uni­versité d'Oxford" ! L'Europe est en train de se suicider...

Plusieurs députés socialistes européens ont pris l'initiative de demander à l'Union euro­péenne de financer votre pro­tection, qu'en pensez-vous ?

J'apprécie énormément et j'en serais très reconnais­sante si cela arrivait. Cela montrerait alors qu'il existe des forces pour défendre les libertés face au totalitarisme. Cela me rend plus optimiste. Si vous étudiez la façon dont le nazisme a réussi à prendre le pouvoir au sein de la démocratie européenne la plus avancée de l'époque, l'Al­lemagne, vous vous aperce­vez qu'il y est parvenu grâce à l'aveuglement et à la complai­sance de ceux qui disaient : Hitler est juste fou, il n'y arri­vera jamais. Cette leçon est toujours valable. Ce finance­ment européen de ma protec­tion, s'il se concrétise, signi­fiera qu'en Europe les esprits qui veulent résister au totali­tarisme seront protégés, que leurs vies seront sauvées. Ce sera un message clair : "Nous sommes sérieux à propos de nos valeurs."

1- Suite à la polémique, Tariq Rama­dan vient d'annoncer qu'il renonçait à ce poste, pour des raisons familiales et en vue d'autres projets.

Propos recueillis par C. F.

In Charlie-Hebdo du 05 décembre 2007

Posté par Nath Szuchendler à 08:29 - International - Permalien [#]


24 décembre 2007

Accompagnement scolaire en voile : la HALDE se trompe (Nadia Amiri)

Depuis le mois de juillet je contribue, avec Ziad Goudjil (HDM) au Collectif qui souhaite exprimer son inquiétude quand à une décision de la HALDE. Une femme qui souhaitait faire de l'accompagnement scolaire tout en portant un voile s’est vue opposé un refus. Après avoir porté plainte cette dernière s'est trouvée confortée par l'avis de la Halde considérant qu'il y avait discrimination. Or nous estimons que l'accompagnement scolaire implique de fait un rôle pédagogique.

Vous le savez j'ai été conseillère ministérielle lors de la création de la HALDE, j'ai pu juger de la nécessité d'un organisme indépendant par l'importance quantitative et qualitative des témoignages de nos concitoyens. La directive européenne qui imposait la création d'un lieu de recueil de données des pratiques discriminatoires avec pouvoir de conciliation, d'investigation, et de publication des ses décisions ; était une étape importante contre des pratiques inégalitaires particulièrement dans les domaines des emplois et des accès au logement.

Aujourd'hui il serait judicieux d’évaluer l’impact d’une telle décision quand il s'agit de valider un signe de suggestion alors que nombre de femmes à travers le monde se battent pour se libérer de cette obligation. La France doit s’honorer de ses acquis dans le domaine des droits des femmes même s’il y a encore de nombreuses améliorations a imposer dans le champ de l’égalité des salaires et de la lutte contre les violences par exemple. L’avis qui a été émis entre en contradiction avec les principes d'une république laïque et émancipatrice parce qu’il prend le risque de définir une norme culturelle ou cultuelle.

Nous sommes nombreux (ses), citoyens français d'origine étrangère à refuser que nos enfants soient confrontés a cette tenue vestimentaire par des femmes qui, de fait, ont autorité avec fonction d'encadrement et de pédagogie. Il faut réaffirmer le droit qui ne peut, en aucun cas, être un droit inspirée par la charia. Les avis religieux même indirects ne peuvent être édictés par un organisme public. Prenons garde à ne pas contribuer aux confusions multiples qui agitent notre société. Sous prétexte de diversité, d'égalité et de lutte contre les discriminations les choix opérés dans de nombreux domaines risques de porter atteintes à ces mêmes principes quand la forme s’éloigne du fond. La diversité consiste à faire des choix citoyen au-delà des appartenances religieuses, la lutte contre les discriminations et l’égalité ne consiste pas valider l’assujettissement. Les principes d'une république laïque et émancipatrice doivent respecter une spiritualité privée sans mise en scène de pratiques rétrogrades, particulièrement dans le contexte de délégation à visée éducative.

Par exemple Il faudrait selon l’avis de la HALDE demander aux enfants d'étudier dans un musé la représentation de Marianne dont les seins nus symbolisent l’émancipation quand ils sont accompagnés par une femme en burka ou en voile : laquelle des deux femmes symbolise la république démocratique laïque et sociale ?

Etre républicain ne consiste pas à seulement l'affirmer mais à passer à l'acte, chacun de nos choix et de nos décisions doivent éclairer l'avenir non l'obscurcir. Merci de diffuser ce texte ...

Nadia AMIRI

Association Histoires de Mémoire

in http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/12/22/1879-accompagnement-scolaire-en-voile-la-halde-se-trompe-nadia-amiri


Laïcité - Nadia Amiri : " Mon corps m’appartient "

La féministe se souvient des silences et des paupières baissées des femmes.

NAmiriNadia Amiri, chercheuse en sociologie à l’EHESS, est l’aînée d’une famille de six enfants. Elle est arrivée en France en bas âge et a atterri, avec ses parents, dans une HLM de la région parisienne. L’adolescente écorchée vive s’est métamorphosée en une militante. Elle sillonne les banlieues, invitée par des associations désireuses d’entendre des voix contraires à celles qui, voilées, manifestent ostensiblement dans les rues de France. Parole.

" À l’adolescence, il a fallu me battre pour accéder au bac général. Inconsciemment ou consciemment, les enfants d’ouvriers, de surcroît d’origine étrangère, sont "sélectionnés" pour être orientés dans des filières professionnelles. Mes parents ne pouvant payer l’université, j’ai accepté de signer un contrat avec l’hôpital qui m’assurait le SMIC durant toutes mes études, à condition toutefois de m’engager à travailler dans le service public. Par la suite, j’ai voulu prendre ma revanche, et j’ai pu décrocher un DEA en sociologie avec mention bien. J’ai vécu cette injustice au plus profond de mon être. Parce que j’étais une enfant d’ouvrier - mon père faisait les trois-huit à Flins -, je n’avais pas les mêmes chances de réussite que les autres. Mon origine sociale et ethnique était automatiquement disqualifiante. Moi, je savais que j’avais des compétences, mais le regard de l’Autre t’enferme, te ramène à des idées préconçues.

L’autre blessure, toujours à l’adolescence, a été mon conflit intra-familial. J’ai dû fuguer de la maison afin de ne pas subir les préjugés de mes parents sur le devenir d’une femme. Ils étaient perdus entre leur propre culture et celle dans laquelle j’évoluais. Je ne leur en veux absolument pas, ils sont le fruit de leur histoire. En revanche, je suis en colère contre tous ceux qui détournent leur regard des filles issues de l’immigration pour ne pas voir leur souffrance. Qu’ont-ils vu de mes larmes ? Je rappelle que les filles d’origine étrangère sont en tête du taux de suicide. Celles qui s’habillent comme moi sont qualifiées par les intégristes, tel Hani Ramadan (1), de personnes " occidentalisées ". Pour lui, il n’y a pas d’alternative entre les femmes voilées et les femmes " occidentalisées ". Pour moi, l’émancipation consiste à avoir les outils en main pour ne pas accepter les dépendances, qu’elles soient financières ou intellectuelles. Mettre en jeu son esprit critique à chaque instant, dans le couple, avec ses amis, avec ses camarades politiques, syndicalistes ou associatifs.

Mon féminisme, c’est sans doute ce besoin de transmettre, de génération en génération, ce qu’ont été nos silences, nos paupières baissées devant les hommes, nos cheveux attachés pour ne pas " exciter " le désir. Le débat actuel devrait davantage mettre l’accent sur les douleurs tues des filles issues de l’immigration qui refusent la soumission et veulent leur liberté et leur autonomie. Je n’accepte pas l’insulte "raciste", "colonialiste" ou "islamophobe" quand on soulève ce débat. Est-ce être raciste que de considérer que toute femme, quelle que soit sa couleur de peau, son origine ou sa religion, a les mêmes droits sur notre planète ? Moi aussi, j’ai le droit de revendiquer le slogan "mon corps m’appartient". Pour de nombreuses filles, il signifie qu’elles refusent le mariage forcé ou le contrôle de la virginité.

La France est un horizon d’attente pour les femmes, en tout cas pour mes cousines d’Algérie. C’est un rêve. Pas simplement pour son beaujolais et son camembert, mais d’abord et surtout pour la liberté. Être libre, ne serait-ce que de siroter une boisson dans un café, avec ses amis ou son copain, au regard de tous. À l’heure de la mondialisation, il faut faire référence à des pratiques planétaires quand cela concerne l’oppression des femmes. Avec la parabole, toute l’Algérie est à l’écoute du débat sur le voile islamique, cette prison que l’on porte sur soi-même.

J’estime ce débat utile, d’autant que, depuis 1905, la population française s’est transformée. Et l’islam a pris un poids considérable. Dans ce cadre, il est tout à fait normal d’assister à des conflits et à des tensions. Je préfère le débat, à condition qu’il ne soit pas truqué, aux non-dits qui, souvent, entraînent une sanction dans le vote lepéniste. "

Propos recueillis par Mina Kaci

(1) Tribune de Hani Ramadan dans France-Soir du 3 février 2004.

L'humanité, Article paru le 6 février 2004

Posté par Nath Szuchendler à 10:09 - Laïcité - Permalien [#]

20 décembre 2007

Sarkozy contre la laïcité à la française

Sarkozy sera le bras droit du Vatican contre la laïcité à la française

Conformément à ce qu'il écrivait déjà dans son livre, La République, les religions et l'Espérance (Cerf), Nicolas Sarkozy a profité de sa rencontre avec Benoît XVI pour réitérer sa volonté de faire évoluer la laïcité à la française — jugée sectaire — vers une laïcité plus "positive".

Il a ainsi appelé à "l'avènement d'une laïcité positive, qui tout en veillant à la liberté de pensée, à celle de croire ou de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout". Par "positive", entendez plus anglo-saxonne, plus ouverte au religieux, plus favorable aux nouveaux mouvements spirituels, c'est à dire aux sectes...

Lorsqu'il était ministre de l'intérieur, son interprétation de la laïcité "positive" a été le cauchemard des associations anti-sectes et des laïques refusant de voir l'"espérance spirituelle" remplacer l'"espérance sociale", notamment dans les quartiers populaires. C'est confirmé. Ce cauchemard sera également la ligne du président de la République française, élu pour cinq ans, et qui souhaite "revaloriser" les racines chrétiennes de la France.

Caroline Fourest

Pour lire d'autres billets sur ce thème : http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/?q=sarkozy+religion

Notamment l'épitre adressé à Nicolas Sarkozy après la lecture de son livre : http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2004/11/07/38

Posté par Nath Szuchendler à 21:31 - Laïcité - Permalien [#]

17 décembre 2007

Les récidives négationnistes de l’extrême-droite allemande

Dans une interview du 10 décembre, le chef du parti néonazi allemand NPD, âgé de 55 ans, a remis en cause l'ampleur de la Shoah et réclamé la rétrocession des terres allemandes perdues après 1945.
" Six millions de morts, cela ne peut pas être exact. Au maximum, 340 000 personnes sont mortes à Auschwitz. Ce que disent toujours les juifs, c'est 'même si un seul juif était mort parce qu'il est juif, ce serait un crime'. Mais il y a une différence entre payer pour 6 millions de morts et pour 340 000 ", a déclaré Udo Voigt dans une interview accordée à des journalistes iraniens et rediffusée par l'émission Report Mainz d'ARD. "A ce moment-là, l'unicité de ce grand crime, ou grand crime présumé, n'est plus ". Selon le communiqué de la chaîne, son adjoint Sascha Rossmüller a annoncé aux mêmes journalistes avoir sollicité une aide financière auprès du président Ahmadinejad, qui avait harmonisé un concours iranien de caricatures sur la shoah en décembre 2006. Le financement étranger de partis politiques allemands étant illégal en pays germanique, il se fait un honneur de préciser qu’ "il y a toujours des solutions quand on le veut ".
Le chef du plus radical des partis d'extrême droite allemands, créé en 1964 par d'anciens fonctionnaires nazis, a aussi revendiqué " la Poméranie, la Prusse occidentale, la Prusse orientale et la Silésie, peu importe que cela soit Königsberg (Kaliningrad), Danzig (Gdansk) ou Breslau (Wroclaw) " car " toutes ces villes sont selon nous allemandes, et nous réclamons d'exercer sur elles notre droit ". Udo Voigt comme son modèle hitlérien, n’hésite pas à utiliser les vieilles ficelles pour bâtir sa stratégie d’accession au pouvoir sur l’esprit de revanche allemand. Le social-démocrate Sebastian Edathy, président de la Commission intérieure du Bundestag, a l’intention de porter plainte contre le chef du NPD qu'il souhaite faire interdire. " C'est une invitation à violer le droit des peuples en vigueur " explique-t-il, le NPD est " un parti qui viole les principes de la Constitution ". Condamné à quatre mois de prison avec sursis pour incitation à la violence, Voigt le néo-nazi avait prôné le “combat armé” en 1998 pendant les législatives. En 2004, il avait proposé qu’on se serve du béton des stèles composant le Mémorial de l’Holocauste à Berlin pour construire une “nouvelle chancellerie du Reich”.
Le NPD est entré au parlement régional de Saxe avec 9,2 % des suffrage en septembre 2004. En 2006, il a raflé 7,3 % des voix aux élections régionales du Mecklembourg-Poméranie, dont Angela Merkel est députée. Aux municipales de Berlin la même année, il a dépassé avec les Républicains (autre parti d'extrême droite) la barre des 3 % de vote et accédé au conseil municipal de cinq arrondissements dans la capitale. Ses finances sont d’autant plus assurées que la constitution allemande octroie aux partis politiques des recettes proportionnelles au nombre de voix recueillies. Ainsi le NPD a pu débourser 400 000 euros pour sa campagne dans le Mecklembourg. Autant que la CDU (union chrétienne-démocrate) ou le SPD (parti social-démocrate ).

Nathalie Szuchendler

lundi 17 décembre 2007

Article Nath Szuchendler consultable in

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/12/17/1871-les-recidives-negationnistes-de-lextreme-droite-allemande

Posté par Nath Szuchendler à 22:07 - Articles - Permalien [#]

15 décembre 2007

Ode de Calixthe Beyala à Khadafi ... la honte !

Dans une tribune au Figaro le 11 décembre 2007, Calixthe Beyala a dressé une ode à Khadafi. On peut y lire :

"Le colonel Kadhafi est un homme hautement respecté dans son pays et en Afrique. Ce respect n’est pas lié, comme aiment à le clamer les langues chagrines, aux pétrodollars, dont, dit-on, la Libye regorge, mais à ses actions. Il a été de tous les combats de libération des peuples opprimés. Les combattants de l’ANC en Afrique du Sud ont été heureux de le compter parmi leurs plus grands soutiens, et les Noirs maltraités de l’ancienne Rhodésie lui doivent un morceau de leur accession à l’indépendance. Autour de sa personnalité se cristallisent les mille espoirs de l’Afrique de demain, celle qui aspire au bien-être, celle qui veut compter et compte déjà dans le concert des Nations, celle qui, pleine d’espoir et dont les yeux sont braqués sur l’horizon 2015, attend impatiemment que se confirme la création des États-Unis d’Afrique, cette organisation qui la verra plus forte, plus unie, plus que jamais pacifiée. Oui, Kadhafi en est un des symboles forts, il en est ainsi, et pour moi qui ai visité à maintes reprises la Libye, je n’y ai point vu de peuple opprimé tel que décrit dans la presse, je n’ai point rencontré d’homme affamé, mourant sur les trottoirs. Tout au contraire, j’ai été dans des hôpitaux gratuits, ultramodernes, où chaque ci toyen avait accès aux soins ; j’ai rencontré des hommes heureux de me dire qu’à vingt-cinq ans, chacun d’entre eux avait automatiquement droit à un appartement climatisé avec eau et électricité ; j’ai rencontré des jeunes femmes rieuses, voilées certes, mais souriantes, car, grâce à Kadhafi, elles fréquentent de plus en plus les universités, elles sont avocates, femmes d’affaires, médecins, mal­gré le courroux des chefs religieux, qui voient leur pouvoir s’effriter face à cet homme qui a donné une place importante aux femmes dans un pays musulman ; ce n’est pas moi qui le dis, mais les statis tiques des Nations unies soulignent qu’au pays du Guide, un fonctionnaire sur cinq est une femme. J’y ai vu de magnifiques avenues, des enfants scolarisés, je n’y ai pas vu de Libyens faisant la queue devant les ambassades étrangères pour y quémander un visa, afin de fuir leur terre. Bien sûr qu’il traîne comme tout un chacun des scories, mais cela mé rite-t-il un tel déchaînement de haine, d’anathèmes ? Pour ma part, je n’ai malheureusement pas vu, à la courte échelle de ma vie, un pays parfaitement démocrate, égalitaire ou du moins pratiquant une équité sans faille."

Au sujet des protestations de Rama Yade, elle écrit préférer : "entendre Rama Yade, notre jolie sous-ministresse aux Droits de l’homme, tenir des propos aussi insultants contre la Chine et plus particulièrement la Russie. C’est curieux, mais on a la désagréable impression qu’elle ne retrouve sa langue que lorsqu’il s’agit de l’Afrique. Curieux !"

Elle est en revanche beaucoup plus séduite par le discours de Nicolas Sarkozy : "Je me suis toujours opposée aux discours de Sarkozy relatifs à l’Afrique. Voilà qu’il me plaît qu’il reçoive le colonel Kadhafi avec les honneurs dignes de son rang. Voilà qui me fait sourire. Voilà qui me met quelque baume au cœur. Voilà qui apaise quelque peu les relations France-Afrique. Voilà qui réconcilie quelque peu, juste un petit peu, les Afro-Français avec leur nouveau président."

in http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/12/14/1868-france-ode-de-calixthe-beyala-a-khadafi

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14 décembre 2007

Royaume-Uni : menace de mort pour la fille d'un iman convertie au christianisme

Depuis quelques mois, la fille d'un imam britannique d’origine pakistanaise vit sous protection policière parce qu’elle a reçu récemment des menaces de mort de la part de son propre frère. “Hannah” est née au Lancashire il y a 31 ans et vit “cachée” depuis dix ans. Non seulement son identité n’est pas étalée au grand jour, d’où le pseudonyme utilisé, mais son numéro de téléphone est régulièrement changé pour éviter que son père ne puisse la rejoindre. Elève d'une madrassa, son éducation était sunnite : prières, lecture du coran, port de vêtements traditionnels et mariage arrangé en perspective... jusqu'à ce qu'elle s'enfuie du domicile familial à l'âge de 16 ans. Etudiant ensuite à l'université de Manchester et diplômée, elle décide de se faire baptiser et s'attire alors les foudres de la famille. C'est le début des menaces de mort. Son père débarque dans la rue où elle habite avec quarante hommes armés de haches, de marteaux, de couteaux et de gourdins. “Mon père criait à travers la boite aux lettres "Je vais te tuer". Les autres brisaient les fenêtres et martelaient la porte”. Le cortège armé quitte le quartier après une dizaine de minutes, comme il était venu. Aucun d'eux n'a été inculpé depuis, ni même son frère dont le dernier message de mort date du mois de juin. La police britannique l'a simplement inscrite sur un registre de "personnes à risques" avec un numéro d'urgence où appeler en cas de problèmes de sécurité... Mais la fille de l'iman ne baisse pas les bras : “Ma situation est terrifiante mais je ne vais pas me laisser envahir par la peur au point de ne plus vivre ma vie”.

L'hostilité de l'islam envers les conversions est totalement anxiogène pour les musulmans souhaitant se convertir à d'autres religions en Grande-Bretagne, d'autant plus qu'une étude réalisée cette année révèle que 36% des musulmans britanniques âgés de 16 à 24 ans sont favorables à la peine capitale pour les convertis. Les persécutions de ce type sont de plus en plus fréquentes dans ce pays européen. La difficulté d'évaluer précisément le problème est d'autant plus difficile que très peu de musulmans convertis viennent demander une protection au service de police, voire porter plainte. Maryam Namazie,porte-parole du Conseil des ex-musulmans britanniques, explique que “l’intimidation et la menace sont très répandues et très efficaces”, et que beaucoup de “meurtres pour l’honneur” s'avèrent être des assassinats de personnes ayant quitté l’islam. “En ce qui me concerne” ajoute-t-elle, “je reçois des menaces en permanence. E-mails, lettres, coups de téléphone. Je suis allée voir la police. Ils ont pris ma déposition, mais ils ne m’ont jamais contactée.”

En 2004, le Prince Charles a réuni les principaux leaders musulmans pour évoquer ce fléau intégriste. Ils ont déclaré à l'unanimité que dans la charia, le châtiment pour apostasie est la mort. Ainsi la plupart des docteurs de la foi soutiennent-ils cette position en s'appuyant sur le coran et les autres textes islamiques sacrés. Les convertis rejoignent le monde des "koufars" qui ne croient ni en Allah, ni en ses missionnaires et détournent l'être humain du message islamique. La transgression sociale que constitue la conversion s'avère un choix de sanctions sociales fort périlleux pour les musulmans, a fortiori pour les musulmanes.

Nathalie Szuchendler

Vendredi 14 décembre 2007

Article Nath Szuchendler consultable in

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/12/14/1867-royaume-uni-menace-de-mort-pour-la-fille-d-un-iman-convertie-au-christianisme

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13 décembre 2007

Ike Turner est décédé à San Marcos en Californie

turner_duoNé Izear Luster Turner en novembre 1931 et élevé dans le Mississipi, Ike Turner apprend le piano auprès de la légende du blues Pinetop Perkins. A la fin des années 40, il monte un groupe, The Kings of Rythm, et en 1951, il enregistre dans le studio Sun de Memphis ce qui est considéré comme le premier acte du rock'n'roll, "Rocket 88". C'est Ike Turner qui joue de la guitare et du piano sur le morceau. Et c'est Ike qui fut le premier à utiliser une guitare Fuzz. Considéré comme l'un des plus remarquables guitaristes de sa génération, son style a notamment ouvert la voie avec dix ans d'avance aux riffs des musiciens de James Brown. Il connu son heure de gloire dans les années 70 avec Tina Turner et l'apogée avec The Ike & Tina Revue, avant la descente aux enfers de la drogue. Et de l'oubli. On laissera au vestiaire sa réputation de "salopard" et aussi la remise en forme scientologiste de Tina à partir des années 8O. Le grand guitariste Ike Turner avait remporté cette année un Grammy Award pour son album "Risin'With the Blues". Un Grammy remis au meilleur album Blues Traditionnel. Juste avant un kaddish.

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Canada : quand la contestation du hijab mène à la mort

Une adolescente musulmane de 16 ans a été assassinée par son père dans la nuit de dimanche à lundi à Mississauga, une petite ville au alentours de Toronto. Les services de police ont arrêté Mohammed Parvez, un homme de 57 ans, qui les avait contactés après avoir tué sa propre fille et ont découvert une fille inanimée, gisant à terre. Dans un état critique, la jeune Aqsa Parvez a été transportée d’urgence à l’hôpital Credit Valley, puis transférée à l’Hôpital pour enfants malades. Les rapports de police indiquent que l’adolescente est décédée lundi en fin de journée, après avoir été étranglée.

Les amies d’Aqsa sont encore sous le choc. Une étudiante de l’école “Applewood Heights” a indiqué que la jeune musulmane était victime des menaces de la part de sa famille très religieuse. Une autre de ses camarade âgée de 16 ans, Dominiquia H. Thompson, a déclaré  “qu’elle a été menacé par son père et son frère”.  Le père lui aurait dit : “si tu quittes, je vais te tuer” en lui imposant le port du voile islamique depuis plus d’un an. Une autre amie de la victime, Ebonie Mitchell, 16ans, a affimé que le conflit avec son père se serait intensifié en début d’année scolaire, période à laquelle il arborait le code vestimentaire islamique. “Elle voulait seulement s’habiller comme nous” précise-t-elle. “L’an dernier, tout son habillement était islamique y compris le hidjab et cette année, elle s’est tout occidentalisée. Elle voulait simplement ressembler à tout le monde. Et je pense que son père avait un problème avec cela”.

Parvez Aqsa dont le père a été accusé de meurtre mardi, était donc réfractaire au port du foulard. Les membres de la communauté islamique ont demandé à ce que la presse ne s’empare pas de ce drame pour dénigrer le hijab… “Les adolescents se querellent avec leurs parents depuis que le monde est monde à propos de plusieurs sujets”  a rappelé Atiya Ahsan, du Conseil canadien des femmes musulmanes, qui prétend que placer le hidjab au coeur de ce conflit serait une erreur.  Il "a pris des proportions plus grandes que nature et c'est déplacé » a estimé Mme Ahsan. “ Lorsque vous avez des parents qui pensent que le fait de porter un morceau de tissu sur la tête rend plus spirituel ou fait de meilleurs musulmans, je crois que c'est une erreur et que cela cause des conflits inutiles dans la famille.”

Mohammed Parvez, le père assassin a été mis en détention jusqu'à sa comparution devant le tribunal hier, au palais de justice de Brampton. Son fils âgé de 26 ans, Waqas Parvez, est accusé d'entrave à l’enquête, sa comparution étant prévue pour le 14 décembre. En tout cas, aucun des deux hommes n'a encore déposé de plaidoyer. Ce père de famille avait accepté l’idée de tuer sa fille, avant de passer à l’acte. Socialement, la violence avait donc été admise comme norme comportementale, et la contestation de la norme a amené à la mort sacrificielle. Pour la cause...

Nathalie Szuchendler

jeudi 13 décembre 2007

Article Nath Szuchendler consultable in

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/12/13/1866-canada-quand-la-contestation-du-hijab-mene-a-la-mort

Paru dans Respublica N° 572

in http://www.gaucherepublicaine.org/,article,1844,,,,,_Canada-quand-la-contestation-du-hijab-mene-a-la-mort.htm

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12 décembre 2007

Plus de 100 000 signatures contre la statistique ethnique

fiche_pas_mon_pote_message__lectroniqueEn adoptant la loi relative à l’immigration, l’intégration, l’asile, le parlement a modifié la loi Informatique et Liberté en autorisant la collecte de «statistiques ethniques » dans le cadre d’« études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l’intégration ».

=> http://www.fichepasmonpote.com/

Pour consulter sur ce blog l’interview de Samuel THOMAS-Vice Président de SOS Racisme par Caroline FOUREST :

http://egalibre.canalblog.com/archives/2007/11/01/6736198.html

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10 décembre 2007

Le gouvernement Sarkozy accueille le dictateur Kadhafi

Après ses dernières déclarations lors du sommet de l'Union Européenne, à Lisbonne, où il a justifié le recours au terrorisme par les "faibles" et fustigé la "dictature" du conseil de sécurité, Mouammar Kadhafi est accueilli en "grandes pompes" à Paris pendant cinq jours. Durant cette visite, il résidera à l'hôtel Marigny, près de l'Elysée, où il a planté sa tente de bédouin dans le jardin de cette résidence pour y recevoir ses hôtes.

Pendant la journée internationale des droits humains

Le début de cette visite coïncide avec la journée internationale des droits de l’homme. "Nous ne voulons pas que l’assassin et ses victimes se croisent à Paris'" a déclaré Christiana Valtcheva, l'un des personnels médicaux bulgares libérés en juillet, après une détention de huit années en Libye. Les infirmières et le médecin, anciens prisonniers des geôles libyennes, ont en effet différé un voyage prévu à Paris. Aux dires de Nicolas Sarkozy, le colonel Kadhafi aurait renoncé au terrorisme et au nucléaire... Son porte-parole Saïf al-Islam, qui n'est autre que son propre fils, avait d'ors et déjà annoncé des signatures de contrats concernant l'achat d'équipements militaires, d'avions airbus et d'un réacteur nucléaire, soit une dépense libyenne de plus de trois milliards d'euros. Même sans bénéficier du privilège d’une visite d’Etat, Kadhafi doit aussi être reçu à l’Assemblée nationale, visiblement en qualité de personnalité estimable... fit des actes terroristes et des droits humains bafoués en toute légalité au pays du "guide" ! Sarkozy n'a aucun état d'âme à ménager un dictateur dont l'influence est d'autant plus grande au Darfour, au Tchad, en République Centreafricaine qu'il avait tenté de s'immiscer dans l'affaire de l'Arche de Zoé en novembre. "J’ai dit au colonel Kadhafi que j’encouragerai son retour à la respectabilité internationale. Si nous n’accueillons pas des pays qui prennent le chemin de la respectabilité, que devons-nous dire à ceux qui prennent le chemin inverse ?" explique le président de la République française. "La seule façon de sortir par le haut, puisque maintenant Kadhafi accepte de rentrer dans le jeu international normal, c'est d'aller jusqu'au bout de cette démarche, en faisant en sorte que les droits de l'homme soient respectés dans son pays", déclare Rama Yade qui invite le leader libyen à éluder "toute provocation" dans cette affaire, "sans oublier les gestes forts indispensables pour les 170 victimes de l'attentat du DC-10" en 1989. Pour Bernard Kouchner, '"en libérant les infirmières bulgares de leurs longues tortures qui, pour nous, étaient un obstacle à la reprise des relations commerciales normales, nous avons servi les droits de l'homme plus que nos concurrents", mais "il n'est pas question d'oublier le nom des victimes qui lui furent imputées".

Des polémiques suscitées par la visite du tyran à l’Assemblée

L'opposition dénonce l'accueil français réservé à Kadhafi. François Hollande accuse Sarkozy de recevoir un "dictateur qui s'est compromis dans des actes terroristes" et "qui vient ici avec ses pétrodollars acheter des armes", tandis que Jean-Marc Ayrault, député P.S, demande l'annulation de la visite "inacceptable" du colonel à l'Assemblée nationale, et annonce un retrait du groupe socialiste à cette occasion. "La France reçoit le colonel Kadhafi parce que le colonel Kadhafi a libéré les infirmières bulgares et parce que le colonel Kadhafi s'est engagé dans un processus de réintégration dans la communauté internationale" déclare François Fillon en prétendant que ce serait le moyen pour que la Libye "redevienne progressivement un pays où les droits de l'Homme soient respectés." Le "Guide" de la révolution a certes rejoint le “concert des nations”, mais Le Livre vert, son ouvrage de référence écrit en 1976 et présentant le projet politique "kadhafiste" comme une troisième voie entre capitalisme et communisme, prône l'interdiction de la presse, l'absence d’élections, la futilité de la vie culturelle...On y apprend notamment que “la presse est un moyen d’expression de la société, et non le moyen d’expression d’une personne physique ou morale. Logiquement et démocratiquement, elle ne peut être la propriété ni de l’un, ni de l’autre.” Pour Kadhafi, la coexistence de plusieurs religions dans un même pays est génératrice de conflits : “La règle juste veut que chaque nation ait sa religion : c’est le contraire qui est anormal. De cette anomalie naît une situation malsaine, origine de graves différents au sein de la communauté nationale.” Ainsi fait-il appliquer la charia, d'autant plus aisément qu'une femme “est avant tout une femelle”, qu’elle “est la maîtresse de maison car tel est le statut convenable et nécessaire de celle qui subit l’affaiblissement menstruel”. L'existence en Libye est d'ailleurs tellement idyllique que “ceux qui façonnent eux-mêmes la vie n’ont pas besoin de l’imaginer à travers le jeu des acteurs de théâtre ou de cinéma”. Le Livre Vert pourfend la démocratie : “49% des électeurs sont gouvernés par un système qu’ils n’ont pas choisi et qui, au contraire, leur a été imposé. Et cela est la dictature. Il ne reste au peuple que cette apparence qu’illustrent les longues files d’électeurs venant déposer dans l’urne leurs bulletins de vote”. Quant à la vie politique, elle ne se réduit qu'à la présence d'un parti unique, parce Kadhafi considère “qu’un comité ou un Parlement légifère pour la société, cela est injuste et antidémocratique.” Les partis politiques sont donc interdits en Libye parce qu'ils sont jugés comme l’expression d’une minorité...

Par ce geste officiellement diplomatique et officieusement pédagogique, le gouvernement Sarkozy permet non seulement à Kadhafi de se refaire une jeunesse, mais légitime aussi son commerce avec un dictateur devenu un nouvel “ami”  respectable de la France. Et son nouveau client.

Nathalie Szuchendler

lundi 10 décembre 2007

Article Nath Szuchendler consultable in

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/12/10/1859-le-gouvernement-sarkozy-accueille-le-dictateur-kadhafi

Posté par Nath Szuchendler à 19:46 - Articles - Permalien [#]
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